Transgénérationnel

Discussion la semaine dernière avec deux générations de Français. Un couple de Bretons d’environ 70 ans, fonctionnaires à la retraite, lui ministère de l’économie, elle ancienne prof de lycée catholiques et plutôt de gauche. Un de leurs petits enfants, 18 ans, en prépa pour une école d’ingénieur, et son pote, même profil. Les vieux vivent en Bretagne après une carrière en région parisienne, les jeunes du côté d’Amiens. Dès que j’évoque l’islam et les divers, sur le mode sérieux pour les vieux, sur le mode troll anticonformiste pour les jeunes, les réactions sont les mêmes : approbation à demi-mot et inquiétude. Les vieux sont exempt de racisme mais effarés de la progression de l’islam, en bon républicains sincères qu’ils sont. Les jeunes sourient de cet air un peu gêné mais approbateur quand je leur expose rigolard mes opinions sur les divers. On sent qu’ils savent et qu’ils sont à la fois étonnés et soulagés que quelqu’un ose dire sans honte ce qui tourne quelque part dans leur tête mais qu’on leur a appris à réprimer.

Les Français savent. Ils sont conscients du problème. Mais ils ne font rien et ne sont pas prêts à faire quoi que ce soit. Il faut que quelqu’un leur montre la voie. Et ce quelqu’un, homme ou groupe, parti, mouvement, n’existe pas encore. Celui qui saurait trouver la juste tonalité pourrait faire de grandes choses. À ceci près que les Français souhaite surtout ne pas se salir les mains.

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Identité dynamique

Je suis passé dans une librairie que j’ai coutume de fréquenter et j’ai pu y contempler avec déplaisir la couverture du dernier ouvrage du sinistre Hervé Le Bras sur laquelle s’étalait un bandeau proclamant que « notre identité ne peut être que dynamique ». Cette phrase ne veut absolument rien dire, mais cela fait bien et impressionne le chaland. Le ton péremptoire de cette affirmation toute marketing relève d’ailleurs de l’intimidation intellectuelle dont Le Bras semble être un fervent utilisateur. On l’a entendu en effet face à Renaud Camus sur France Culture commencer son intervention en disant  « je suis polytechnicien, je suis un scientifique », manière de dire dès le départ que lui est important et que quiconque le contredira devra d’abord présenter un titre au moins aussi ronflant. Passons rapidement sur le fait qu’un homme de 74 ans qui commence par se réclamer d’un diplôme obtenu dans sa vingtaine serait tenu ailleurs qu’en France pour un pauvre type manquant sérieusement de confiance en lui – mais il y a là cette maladie bien française de croire qu’un homme ne peut se définir autrement que par un bout de papier obtenu à force de bachotage dans sa prime jeunesse. Notons aussi que cette identité est singulièrement peu dynamique. Le Bras se présente lui-même comme figé et déterminé définitivement par son statut de polytechnicien.

Identité dynamique est en réalité une façon de dire que la population de la France change et que Le Bras s’en réjouit. Si je voulais pinailler sur les concepts, je pourrais lui faire remarquer que ce qui est identique, c’est le même, et qu’en devenant autre la population n’est plus la même et perd donc son identité, mais les Grecs ont suffisamment exploré ce sujet délicat pour que je ne m’étende pas. La réalité désignée par cette étrange locution d’un même changeant, c’est que la France se bougnoulise et que Le Bras s’en réjouit mais, hommage du vice à la vertu, se sent obligé de camoufler sa joie derrière des statistiques qui disent exactement le contraire de ce dont il se délecte car il en connaît la nocivité.

Au-delà de la manipulation idéologique des statistiques dont Le Bras nous vante la valeur scientifique mais qui sont basées sur des catégories purement administratives et donc arbitraires, et qui de ce fait ne démontrent rien d’autre que ce que souhaitent démontrer ceux qui définissent ces catégories (vous suivez ?), notre brave statisticien ne fait qu’incarner dans toute son horreur la satisfaction repue de sa génération. Fils d’universitaire, universitaire lui-même, il n’a probablement jamais produit autre chose que du papier et encore moins fourni une journée de travail honnête. Toute sa carrière a consisté à occuper un poste superflu aux frais de l’État, et avec d’autant plus de facilité que l’argent abondait durant les trentes glorieuses. Baby-boomer ayant profité toute sa vie de la croissance, le voila bien installé dans la vie. Il n’a jamais connu l’angoisse de l’avenir ni la perspective de côtoyer des divers agressifs durant sa jeunesse. Pour ceux sa génération, la vie a été tout benèf’ et on l’imagine sans peine propriétaire avec suffisamment d’économies pour aider ses enfants et petits enfants, s’il en a. C’est justement de sa position d’identité assurée et non-contestée qu’il nous exhorte à accepter l’instabilité et le chaos qui semble de plus en plus être notre lot. Il est toujours facile de prôner le changement et l’instabilité quand on est soi-même suffisamment ancré dans la vie pour ne pas avoir à s’en faire, tant matériellement que sur le plan de l’identité.

Il semble oublier un petit détail : le « dynamisme », ce n’est pas toujours pour le mieux. Après tout, le déclassement pour se retrouver dans un quartier plein de divers, c’est une identité en plein dynamisme, non ?

 

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Atonie

On ne va pas se mentir, l’actualité est molle. Le macronisme entre à l’assemblée qui n’a plus grand chose de nationale en fanfare, un petit attentat par-ci par-là, un coup à Londres, un coup à Paris, un coup à Bruxelles. À croire que les terroristes ne savent pas que le brexit a eu lieu. Mais comme avait dit feu Manu la tremblotte, il allait falloir s’habituer. Et sur ce coup, il n’avait pas tort : on est tellement habitué qu’on trouve à peine de quoi brailler sur un blog à chaque nouvel attentat. Les Français semblent s’accommoder de la violence coranique tout aussi bien que les Anglais. J’imagine qu’on appelle cela la civilisation : ne pas se ruer sur des gens pour les massacrer même quand ils le méritent mille fois.

Il y a bien cette députée diverse fraîchement élu qui s’engage pour qu’on puisse dire « nique la France », parce que, voyez-vous, cela relève de la liberté d’expression. J’aimerais connaître son avis sur les condamnations  qui s’abattent sur Boris Le Lay ou sur Faurisson, si on a le droit de dire tout le mal qu’on pense de l’islam ou encore si on peut légitimement désapprouver la présence massive de divers, en utilisant s’il vous plaît les termes injurieux de n*gre et de b**gn**le – parce qu’après tout, « nique » est injurieux. Mais j’ai comme une petite idée de sa réponse. Cette députée se présente d’ailleurs comme « élue de la république ». La boucle est bouclée, la république nique la France, et vous, bande de contribuables, êtes sommés de payer pour ce cirque.

À part ça, les divers, qui sont des chances pour la France et qui vont, n’en doutons pas, payer les retraites de tout le monde, se désennuient en ouvrant les bouches à incendie. La flotte est gaspillée par milliers de mètres cubes, les cochons de payant se verront présenter la facture (pas loin du million d’euro quand même, à ce tarif, la racaille a clairement des goûts de luxe), mais les protégés de la république peuvent s’amuser, alors tout va bien. On comprend mal ce que nous apporte des demi-débiles qui s’allongent dans les caniveaux pour patauger dans 10 cm d’eau (je n’invente rien, il y a une vidéo), mais apparemment c’est une très bonne affaire pour le pays.

Vous l’aurez compris, la diversification de la France avance à grands pas. Ils nous emmerdent par le bas avec leur incivisme et leurs crimes et délits permanents, mais ils nous crachent aussi à la gueule depuis l’assemblée. C’est beau le vivre-ensemble.

Vivement que tout cela s’écroule. C’est fatigant à la fin.

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Pierre Manent et les intellectuels libéraux

Une question qui m’a toujours taraudée est celle de l’antériorité ou de la postériorité des théories politiques sur les faits. Les idées influencent-elles le réel ou ne font-elles que le décrire après coup ? Je suis plutôt partisan de la seconde solution, ayant dérivé d’une jeunesse hautement idéaliste à un pragmatisme parfois un peu brut. Ne négligeant cependant pas l’histoire des idées, j’ai lu récemment le bon livre de Pierre Manent Histoire intellectuelle du libéralisme.

Pierre Manent me semble prêcher pour sa paroisse. Pour lui, la philosophie classique décrivait après-coup le monde politique dans lequel vivait les hommes qui la produisait, alors que les libéraux, dont le premier fut Hobbes, auraient eu sinon une influence du moins un temps d’avance intellectuel sur la mise en place de régimes politiques qui, bon an mal an, ont fini par mettre l’individu au centre de la chose politique et distingué nettement société et État. Certaines analyses sont particulièrement frappantes quant au processus qui amène l’individu à se penser à la fois égal et indifférent à ses semblables, et qui ultimement abouti à une société relativement policée mais dans laquelle il ne se passe plus grand-chose et qui devient, en un sens, a-politique.

Il me semble cependant que Pierre Manent cède à une naïveté commune aux intellectuelles (naïveté qui frisait la bêtise dans son approche de l’islam, mais ceci est une autre histoire) qui est de croire que, finalement, nous pourrons sortir de l’histoire, dont la matière est la violence, grâce à l’aboutissement d’un régime qui ne connaîtra plus que des individus liés par la loi. Le point aveugle de ce type de raisonnement est qu’il refuse de voir les hommes comme ce qu’ils sont en réalité : des animaux sociaux. Nous sommes renvoyés à Aristote, qui pointait l’importante de ce qu’il appelait la philia dans la cité : il faut une sorte de fraternité, d’affect commun aux membres d’une entité politique. Sans cela, la cité n’existe plus. C’est exactement ce à quoi nous assistons dans nos modernes sociétés démocratiques libérales. Le sentiment de communauté d’affect se délite et dès lors la société elle-même tend à ne devenir que le champ dans lequel  se meuvent des individus esseulés – situation éminemment dangereuse quand au sein mêmes de ces sociétés se développent des groupes proposant une fidélité très forte entre leurs membres, et qui de plus ont le désir de former une contre-société destinée à détruire la société d’accueil.

J’en profite par ailleurs pour pointer le fait que la plupart des philosophes ayant produit des théories basées sur l’hypothèse d’un « état de nature » totalement fictif (Hobbes, Locke, Rousseau notamment) se sont gravement trompés sur un point au moins : l’homme n’est JAMAIS seul. C’est un animal social, et les ermites absolus sont des exceptions. Même les premiers hommes, qui vivaient effectivement une sorte d’état de nature, vivaient en groupe. Ce besoin est tel dans l’espèce humaine qu’il est souvent préférable de mourir que d’être exclu. Hobbes basait toute sa théorie sur le fait que la plus grande peur de l’homme est de mourir. Ce n’est pas faux pour un homme pris dans une société déjà policée, mais il est des circonstances dans lesquelles un homme craint beaucoup plus de passer pour lâche et d’être exclu du groupe que de mourir : c’est le cas de toutes les guerres. Il serait facile à n’importe quel soldat de refuser de se battre, mais il est insupportable à la plupart de se voir désigné comme paria suite à cette défection.

L’homme est un animal grégaire et la plupart de ses actions sont en réalité programmées par l’espèce pour la survie du groupe. Cette nécessité d’appartenir à un groupe et d’être identifié comme tel n’avait pas été détecté par les libéraux pour la bonne et simple raison que cela allait de soi. Ils vivaient dans des sociétés qui, bien qu’elles soient le lieu d’affrontements violents de groupes opposés (et c’est justement en réaction à cet état de guerre civile que Hobbes proposait sa thérorie du souverain), n’en incluaient pas moins l’homme dans tel ou tel groupe, selon telle ou telle fidélité.

Si grand que soient Hobbes et ses successeurs, Aristote reste le maître, car il avait compris l’humain.

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Au point où on en est…

Défilé de salope dans les médias. Toujours la même rengaine à vomir. Les mêmes saloperies, les mêmes soumission. N’importe quel attentat est une bonne occasion pour nos politiciens et journalopes zélées de venir se montrer. Attentat à Manchester, vite, une interview de Âne Hidalgo entre le commentaire d’un « spécialiste » et les condoléances d’un ministres. Toujours le discours de fermeté bidon, les explications fumeuses, et surtout le padamalgam, la paix, l’amour, la tolérance et tout le reste. Cinq minutes à peine d’écoute de la radio réussit à vous foutre en rogne pour la journée. Toujours aussi la guerre à ce mystérieux « terrorisme » dont on n’ose jamais dire qui est derrière, qui l’emploie, qui le fait. Parce que nous ne le savons que trop bien, et que le premier qui oserait déchirer le voile serait éjecté du jardin d’éden médiatique;

Et pendant ce temps à Manchester les musulmans assassinent. De très jeunes filles cette fois, qui avaient eu le tort de se rendre à un concert de musique pour pré-ado. Le symbole est évident : c’est l’avenir même des peuples européens que les sectateurs de la pierre noire veulent anéantir. On vous avait pourtant prévenu. Une seule solution : dehors, tous, jusqu’au dernier. Pas de discrimination.

Mais apparemment, tout ce cirque plaît aux population. Il leur en faudra encore combien pour comprendre ? Ça n’arrive pas qu’aux autres. La preuve, c’est en train de nous arriver à tous depuis plus de deux ans maintenant. Mais personne ne veut le voir.

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La ménopause au bras de la bêtise (allégorie)

Il est des signes qui ne trompent pas. Imaginez les portes coulissantes d’un terminal d’aéroport, juste là où sortent les voyageurs qui viennent de mettre pied à terre. De part et d’autre, voila deux type chauves habillés comme seul d’anciens flics savent le faire : jeans trop grand, chaussures pointues et vestes mal coupées sur des chemises blanches. L’air alerte, ils scrutent les alentours en se balançant d’un pied sur l’autre, les mains croisées devant la ceinture. L’oeil exercé aura repéré sans doute possible des gardes du corps attendant un client. À quelques mètre d’eux, entre les chauffeurs de VTC engoncés dans leurs costumes bon marchés tenant des pancartes à bout de bras, il y a un petit groupe de quarantenaires bedonnants en short qui font 10 ans de plus que leur âge. Ceux-là arborent des appareils photo dont la valeur équivaut probablement au déficit du Libéria. Ce sont des paparazzis, qui ressemblent plus à un groupe de braves bovins qu’à des fauves à l’affût. Dans un coins, des mines tristes, des têtes de pauvres : les chasseurs d’autographes, pauvres hères pris dans les feux de la célébrité comme des lapins dans les phares d’une Audi sur une route de campagne par une nuit sans lune.

La star tant attendue passe enfin la porte. Tout de noir vêtue, ses cheveux noirs probablement teints encadrent un visage blafard masqué par de grandes lunettes noires. Cette apparition est celle du deuil ou de la mort et on imagine sans peine une immense faux à la main de cette étrange créature qui n’est autre que Monica Bellucci. Les flashs crépitent, les gardes du corps tentent de garder une contenance vaguement professionnelle pendant que les quelques fans viennent se faire accorder un selfie avec l’idole. Qu’on n’imagine pas de horde : il n’y a là que trois ou quatre représentants du bas-peuple et à peine plus de photographes. Tout autour, les badauds médusés se demandent qui est cette Gorgone au sourire figé qui n’attire plus autant les foules qu’à l’époque où elle servait de fantasmes pour adolescents et qui commence vraiment à ressembler au maire de Paris.

Cette scène à la fois pathétique et étrange dit tristement que l’occident en est réduit à essayer de célébrer la ménopause comme un sex-symbol. Qu’y a-t-il de plus triste et de plus angoissant de mettre sur un piédestal une femme vieillissante dont toute l’oeuvre se réduit à avoir eu un corps désirable du temps de ses jeunes années ? Il y a là comme une allégorie de l’Europe. Il ne manquait au tableau que les migrants. Ils devaient être quelque part, pas trop loin, tenus à l’écart du festival de Cannes par la police. On ne sait jamais…

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Baston et diversité

J’ai été témoin d’une petite baston entre automobilistes à la porte d’Aubervilliers. Deux divers bien gras avaient décidé d’en venir aux mains pour une raison inconnue de moi. Le plus gros qui, pour autant que j’ai pu en voir, a eu très vite le dessus, s’est permis quelques coups de pieds sur son ennemi du moment qui était à terre.

Une bagarre est un rituel social de règlement des conflits. Ce rituel peut laisser des marques et basculer de façon dramatique, mais il est cependant codifié même si ni nous ni les protagonistes ne nous en rendons compte. Il s’agit de violence sociale, c’est à dire de violence intervenant entre les membres d’un même groupe qui se reconnaissent comme tels et tranchent une situation de rivalité. C’est pour cela que la plupart des bagarres se finissent après quelques coups de poings bien sentis et que chacune repart de son côté, l’un parfois moins glorieusement que l’autre car il a été soumis.

J’ai été témoin d’un nombre conséquent de bagarres et j’ai la drôle d’impression que de plus en plus, la bagarre de rivalité tourne à l’affrontement de prédation. On entre alors dans le champ de la violence asociale : il ne s’agit plus de soumettre un rival mais de détruire un ennemi. D’où la violence accrue et les lynchages et autres coups de pieds sur un antagonistes déjà recroquevillé au sol. Ce type de violence ne considère pas que la soumission suffit, il faut à tout prix faire du mal à l’autre – et les conséquences sont potentiellement beaucoup plus dramatiques. Ce glissement tient à mon sens à ce que des opposants dans une rixe ne se considèrent plus comme faisant partie d’un même groupe.  C’est une conséquence fatale de la diversité : une société multiraciale et multiculturelle n’a plus le liant social nécessaire pour que les membres se considèrent comme faisant partie d’un même groupe. Dès lors, tout est permis lors de la moindre altercation avec un individu d’un groupe différent, puisqu’il n’est, en définitive, rien d’autre qu’un ennemi à détruire.

La société multiracaille est la guerre de tous contre tous.

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