Charles Gave pour éclairer Guilluy

À lire en contrepoint du livre de Christophe Guilluy Le crépuscule de la France d’en haut, un article très éclairant de Charles Gave .

Charles Gave décrit peu ou prou le même phénomène de divorce entre le peuple et les élites, mais il se place du point de vue des institutions. Il est bien évidemment moins critique sur la mondialisation, mais il pointe de façon très pertinente la façon dont l’État est confisqué par une classe obsolète, et comment les citoyens ordinaires reprennent progressivement leur liberté politique vis-à-vis de la caste dominante.

J’avoue que le sort qu’il réserve aux élites « mondialisées » est encore flou, car il y a une différence d’intérêt entre les politiciens parasites (et leurs affidés bobos-médiatiques) qui vont nécessairement pâtir de ce que le peuple leur tourne le dos et les grands financiers internationaux que tout cela ne doit guère inquiéter. Mais son analyse sur l’émergence de partis défendant les citoyens me paraît en accord parfait avec le constat de Guilluy, et j’ajoute même que ces partis, si je force le trait de Charles Gave, seront aussi des partis défendant les « nationaux ».

J’aime enfin son allusion à peine voilée à la monarchie comme voie du renouveau – un bel exemple d’archéo-futurisme. N’oublions jamais que ce qui a fait ses preuves des siècles durant ne peut être totalement mauvais.

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Comme ça en passant

Les Roms, entre autres activités plus ou moins légales, aiment à piller les containers destinés à déposer des vêtements dont on ne veut plus pour qu’ils soient collectés par des associations caritatives. Disons que dans l’échelle du vol, c’est un moindre mal, ils court-circuitent le système selon le bon vieil adage qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Je ne les avais jamais vu en action, c’est chose faite.

Imaginez donc une grosse femme et une jeune fille habillées de l’uniforme typique de leur nation : fichu dans les cheveux, jupe longue et savates. Elles sont occupés à fourrager dans un tas de frusques au pied d’un de ces fameux containers qu’elles viennent de vider on ne sait comment. À leur côté, un jeune homme participe mollement à ce tri hautement sélectif et surveille du coin de l’oeil les environs d’un air mi-blasé mi-inquiet qui prouve qu’au fond, il sait bien qu’ils sont en train de faire quelque chose de pas très sympathique – voler la charité. Il semble que la besogne touche à son terme. C’est alors que le plus naturellement du monde, le jeune homme aide un enfant d’environs 6 ou 7 ans à sortir du container ! Malgré le barillet qui est censé empêcher qu’on fouille le container, ils ont réussi à introduire le gamin – et, chose encore plus étonnante, à l’en ressortir. On songe avec effroi que le môme risque l’étouffement si jamais le container est trop plein, mais les Roms semblent penser, si tant est qu’ils arrivent à ce niveau d’abstraction, que le jeu en vaut la chandelle. Quiconque a déjà déposé des habits dans ce type de container ne peut qu’être stupéfait, car il semble impossible d’y introduire quoi que ce soit d’autre qui dépasse la taille d’un sac de 30 litres, mais le fait est là. Notre monde est décidément plen de surprises.

Le jeune homme, après avoir sorti le gamin, s’est employé à remettre dans le container les habits qui n’avaient été jugé digne d’être emportés. Au fond, ce n’était pas un mauvais bougre. Une belle leçon de civisme, si vous voulez mon avis.

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Explication limpide

Le dernier livre de Christophe Guilluy est excellent. Dans Le crépuscule de la France d’en haut, il explique de façon limpide l’évolution de la société française – et dans une certaine mesure de la plupart des sociétés occidentales – des 30 dernières années. Son travail met en lumière des choses que tous nous pouvions ressentir sans forcément en prendre la mesure, plongés que nous sommes tous dans le vaste mouvement de l’histoire.

Son idée majeure, qu’il a déjà commencé à développer dans ses livres précédents, est le divorce entre une France des métropoles peuplée par les élites bourgeoises et par un sous-prolétariat allogène (Guilluy utilise plutôt le mot d’immigré) et une France périphérique, celle des petites villes et des villages dans laquelle se replie les catégories authentiquement populaires et majoritairement blanches. Ses livres précédents avaient un peu de la lourdeur universitaire dans le style et l’approche, celui-ci est parfaitement accessible (à deux pages près qui décrivent une indigeste méthode statistique) et va droit au but.

Il y a un divorce économique, intellectuel et moral entre les couches populaires, qui représentent 60% de la population, et les couches supérieures qui, avec le sous-prolétariat allogène, représentent 40% de la population. Ce divorce se traduit par une séparation géographique très nette, dommage collatéral de la mondialisation. Cadres et professions intellectuelles bénéficient de la mondialisation et, unis dans une sorte de bourgeoisie à demi-riche, sont les fidèles lieutenant des riches qui, peu nombreux mais puissants, ont tout gagné au changement. Ces classe urbaines dominantes, installées dans les grandes villes, ont besoin pour leur confort de métiers de service pour lesquels le prolétariat allogène est le candidat idéal, et c’est pourquoi il est installé dans les proches banlieues, et parfois même dans des logements sociaux au coeur des grandes villes.

Sur le terrain, le phénomène a pris l’aspect de la gentryfication des villes, par laquelle les demi-riches s’approprient le parc de logements privés autrefois destinés aux classes moyennes et populaires, satisfaisant au départ à moindre coût leur envie de confort bourgeois, mais faisant à terme monter le prix du mètre carré dans des proportions délirantes. Il s’ensuit une nécessaire fuite des couches populaires et moyennes hors des villes, avec une propension très nette à éviter les quartiers allogènes autant que faire se peut. De toute façon, les classes dominantes n’ont plus besoin de ces couches populaires autochtones pour qui il n’y a plus d’utilité économique, leurs métiers ayant pour certains avantageusement été délocalisé dans les pays à bas coût.

Pour contrer le nécessaire mécontentement populaire, les classes dominantes ont cependant eu l’intelligence de conserver le monopole des représentations symboliques et du discours public. Cela leur a permis de ringardiser toute expression de doute ou de désarroi en la faisant passer pour raciste, populiste, étroite d’esprit. Tout ce qui ne fait pas l’apologie du mondialisme, du nomadisme bobo, de la mixité urbaine, est nécessairement réactionnaire. Ce discours n’a évidemment d’autre but que de faire taire les pauvres, car ceux qui le tiennent se gardent bien, comme on sait, de l’appliquer dans leur vie quotidienne. Il est inutile de revenir là-dessus. Le discours dominant est une arme de classe et rien d’autre.

Plus inquiétant est le constat par Guilluy de la disparition de ce qu’on appelait jadis « classe moyenne ». Au fur et à mesure, sauf quelques heureux élus qui ont pu intégrer la classe des demi-riches bobos, les effectifs de la classe moyenne vont rejoindre économiquement et socialement ceux des classes populaires, autrefois laborieuses et aujourd’hui ravagées par le chômage. Cette nouvelle France périphérique, totalement ignorée par les politiques et sommée de se taire par les médias et les intellectuels, commence à tourner définitivement le dos aux élites en un phénomène que Guilluy appelle « marronnage », en référence à ces esclaves « marrons » qui aux Antilles fuyaient les plantations et réussissaient à fonder des communautés libres et autonomes. Désormais, les classes populaires ne veulent plus rien avoir à faire avec les classes supérieures des grandes villes.

Guilluy y voit une sorte d’espoir, la possibilité du développement de contre-sociétés, mais on ne peut que s’inquiéter de la disparition des classes moyennes, censées être la base des sociétés démocratiques harmonieuses. La question qui se pose est celle de la viabilité d’une société dans laquelle les élites veulent se débarrasser du peuple pour pouvoir vivre hors-sol leur rêve mondialiste, et qui présage surtout une société cauchemardesque, ultra-sécuritaire et chaotique.

Les seuls reproches que je ferais à Guilluy sont tout d’abord un tropisme pour des penseurs de gauche peu convaincants, comme Michéa, auquel il fait abondamment référence, et dont la pensée me semble être un socialisme envieux et radin. D’autre part Guilluy passe sous silence le volontarisme immigrationiste – sauf au détour d’une phrase lorsqu’il évoque le fait que les patrons allemands auraient réclamé l’arrivée massive des migrants, ce qui me laisse un peu sceptique car ces gens sont inemployables, même à moyen terme, dans une industrie allemande qui requiert des ouvriers qualifiés – et il ignore totalement le fait que l’immigration de peuplement, initiée par le calamiteux Chirac dont le ciel semble enfin vouloir nous débarrasser, fourni beaucoup de chômage et s’alimente aux organismes d’assistance sociale dont on connaît la générosité.

Pour le reste, je vous engage à lire ce livre, à la fois éclairant et, il faut bien le dire, inquiétant.

 

 

 

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Retour de Londres

Vous êtes arrivés à Londres par l’Eurostar du matin, et voila qu’après une rapide journée de travail suivie de quelques heures de déambulation dans une ville que vous n’avez pas visité depuis 10 ans mais qui vous fait toujours le même effet, vous êtes contraint de repartir vers Paris. Vous n’avez croisé que peu de divers au cours de la journée, et la propreté impeccable de la gare de St Pancras ne vous incite pas vraiment à partir, mais il le faut bien.

Un rapide passage dans un Marks & Spencer vous permet d’acheter un sandwich hors de prix, car le défaut de Londres est d’être atrocement chère. Toute la journée, vous n’avez eu à faire qu’à des employés avenants et souriants, que ce soit dans les magasins ou au guichet où vous avez acheté votre billet. Voila que pour payer, vous tombez sur la seule caissière qui semble écoeurée d’avoir à vous parler. Son teint olivâtre et son hijab noir parfaitement ajusté ne vous enchante pas, mais vous passez outre : il vous faut vous hâter vers les contrôles de sécurité drastiques avant de pouvoir embarquer dans le train pour Paris.

Il semble que la femme qui officie devant le tapis roulant de l’inévitable machine à rayon X soit la soeur jumelle de la caissière que vous venez de quitter : même teint olivâtre, même hijab noir, même visage revêche et blasé. Vous vous dites qu’après tout, ce n’est pas pire qu’en France, où les agents de sécurité des aéroports ne portent pas de voile mais vous parlent comme si vous étiez un habitant de la cité rivale de la leur. Vous passez le portique qui se met à sonner pour une raison inconnue, car vous avez pourtant pris soin de vous dépouiller de tous vos effets métalliques, et voilà qu’un autre agent de sécurité se met en devoir de vous fouiller. C’est un petit homme courtois mais distant qui lui aussi a l’air de prendre comme une punition le fait de devoir communiquer avec vous. Sur un faciès qui rappelle vaguement celui du nouveau maire de la ville, il arbore une barbe courte mais hirsute dont la moustache maintenue soigneusement rasée trahit à l’observateur avisé le salafiste convaincu. Que fera-t-il si un « frère » tente de passer un objet tranchant ? Vous ne pouvez que vous perdre en conjectures, tout en remarquant avec un mélange d’agacement et d’amertume que les mahométans sont à la fois ceux qui assassinent et qui ont le droit de vous contrôler. Par une ironie détestable, vous êtes au choix suspect ou victime alors que l’envahisseur est terroriste ou agent de sécurité. Ce sont en quelque sorte les mêmes qui veulent vous tuer et qui vous désignent comme suspects de terrorisme. Le désir monte de vous en ouvrir à un voisin d’infortune, voyageur autochtone tout comme vous, mais vous gardez vos réflexions pour vous car, n’est-ce pas, on ne sait jamais ce qui peut se passer et qui pense quoi. Monde orwellien de terreur et d’autocensure.

Passé ce désagrément, vous vous retrouvez dans la foule des cadres et des touristes aisés qui eux aussi vont vers Paris. Deux heures et quinze minutes plus tard, vous descendez sur un quai de la garde du Nord. Il est tard, la gare est quasi-déserte. Au bout du quai, vous découvrez une trentaine de personnes qui attendent les voyageurs et dont la moitié sont des chauffeurs arborant une petite plaque au nom de leur client. Vous vous éloignez et aussitôt un groupe de maghrébins agressifs tentent de vous proposer des taxis clandestins avec un mélange de mépris et d’intimidation. Vous les ignorez superbement en pensant au désarroi du touriste non-averti qui doit subir ce genre de sollicitation. À peine êtes vous sorti de la gare que vous tombez sur des Noirs hébétés par l’alcool qui titubent lourdement en proférant des paroles sans queue ni tête. Rapidement vous vous éloignez de ces tristes sires, mais à peine avez-vous passé le coin de la rue que ce sont deux Roms avachis sur un matelas en mousse qui, enroulés dans une couverture crasseuse, tendent mollement la main en proférant d’un ton geignard trop bien rôdé pour être crédible les quelques mots de mauvais français mille fois répétés pour obtenir quelques pièces qu’évidemment vous ne leur donnerez pas, quand bien même vous les auriez.

Vous soupirez et essayez de trouver dans le paysage de quoi vous réjouir d’être rentré, mais où que porte votre regard, ce ne sont que papiers gras, mégots négligemment jetés et chewing-gum fossilisés sur un trottoir marqué durablement par des coulées d’urine. Paris est une ville sale, et ce n’est que l’habitude qui vous avait fait oublier à quel point l’endroit peut sembler répugnant. Le contraste avec la propreté exemplaire de Londres vous frappe d’un coup et vous ne pouvez vous empêcher de vous dire que là où Londres est une métropole dynamique, Paris n’est qu’une sorte de musée crasseux qui vit sur sa réputation. C’est l’accablement qui vous envahit, et le hideux visage du maire de Paris vous vient à l’esprit. Vous chassez cette image déprimante alors même que, quelques centaines de mètres plus loin, vous arrivez à Barbès. Vous constatez avec une satisfaction mesquine que l’endroit est en voie de réhabilitation : le magnifique café Barbès, manifestement destiné à une clientèle bobo-chic, illumine doucement l’endroit, et vous vous prenez d’envie d’aller dire aux inévitables maghrébins qui traînent encore à cette heure tardive en s’apostrophant dans une langue gutturale que leur temps ici touche à sa fin et que les bobos auront la peau de leur quartier. Puis vous songez que de toute façon, cette brasserie chic et tendance ne s’adresse pas vraiment à vous, et vous passez votre chemin.

Vos compagnons d’Eurostar, eux, sont déjà dans leurs taxis et leurs VTC, filant vers quelque appartement en ville. Il n’auront rien vu de toute la crasse et la vermine. La ville pour eux ne se vit qu’à travers les vitres d’un taxi, d’un café branché à un bureau de verre. Paris et Londres sont des métropoles paradoxales, l’une en perpétuelle chute à force de socialisme et d’immigration, l’autre en expansion permanente à force de libéralisme et, aussi peut-être, d’immigration. Et vous en venez à vous demander si vraiment vous y avez encore votre place, vous qui n’êtes ni immigré, ni socialiste, ni bobo, ni financier.

Mais vous voulez encore croire que Londres vous émerveillera toujours, et vous ne pouvez vous résoudre à abandonner Paris à la bobocratie et à la racaille. Et vous vous demandez si vraiment votre amour et votre foi seront assez fort pour tenir tête aux forces du mal et de la laideur qui partout s’immiscent et sporadiquement se déchaînent.

Notre lutte et notre outrage sont avant tout esthétiques et moraux.

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Genoux à terre

J’avais vu l’interview particulièrement répugnante d’une voilée qui dialogue avec une touriste après avoir déposé une gerbe – de fleur quand même – sur la promenade des Anglais, et j’ose d’ailleurs me demander si cette gerbe est destiné aux victimes ou à l’assassin, qui lui aussi est mort ce jour-là. Pangloss a attiré à nouveau mon attention sur cette séquence, et je ne peux résister à la tentation de reproduire le commentaire que j’ai laissé chez lui.

Ah, la voilée qui dépose des fleurs ! Séquence journalistique particulièrement obscène d’une propagande éhontée qui joue délibérément la provocation, sur le mode « on va bien voir qui va oser élever une objection – le premier qui se manifeste est un facho ».
Normal d’être énervé, c’est à vomir. Les assassins viennent nous faire la morale, avec la bénédiction des politiques et la complicité active (et probablement incitatrice) des médias. Comme disait Soral (à un tout autre propos), qui a parfois le sens de la formule, c’est la mafia qui vient faire l’éloge funèbre du type qu’elle vient de descendre, histoire que tout le monde comprenne bien qui commande.
Seul un système corrompu à l’extrême peut accoucher de ce genre de mise en scène aussi macabre qu’insultante, et seul un peuple bien avachi peut avaler une couleuvre de ce calibre. La collaboration s’étale dans toute sa veulerie. Aucun renoncement n’est trop cher pour faire durer les petites combines et les carrières minables.
Ne plions pas. N’acceptons pas. Notre colère est le signe que nous sommes encore vivants.

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L’injonction paradoxale de la république

Toujours sur ma lancée algérienne, je vais préciser ce que je considère comme l’injonction paradoxale qui est au coeur du projet républicain, et dont nous vient une grande partie de nos maux.

Cette injonction paradoxale prend sa source dans le racisme intrinsèque de la gauche républicaine française, incarné par Jules Ferry, pour qui le devoir des races supérieures était de civiliser les races inférieures. À partir du moment où vous considérez une race comme inférieure, il est fatal que jamais ses représentants ne seront réellement vos égaux. Cette situation heurte de front l’universalisme républicain qui ne veut connaître que des individus égaux devant la loi. On sait que ce ne fut jamais le cas durant toute l’épopée coloniale républicaine. Ces deux principes contradictoires (devoir de civilisation des inférieurs et universalisme) ne peuvent que produire des frustrations, du mensonge et de la violence, et c’est très exactement ce qui s’est passé durant la décolonisation de l’empire français en général, et pendant la guerre d’Algérie en particulier. Regardons les choses en face : la France n’envisageait pas sérieusement de faire des musulmans algériens des citoyens à part entière, et l’indépendance de l’Algérie était inévitable.

Ce racisme de gauche est devenu honteux et aboutit à un double standard qui s’applique encore aujourd’hui face à la racaille, pour qui l’indulgence de la gauche est quasi-maladive. Le laxisme de la gauche face aux délinquants allogènes ne fait jamais que trahir le fait que la gauche considère que ces individus sont incapables de vivre selon les standards exigeants de l’occident. Comme à des enfants capricieux mais dépourvus de raison, la gauche leur passe tout, car au fond, elle les considère toujours comme irrémédiablement inférieurs. Sous couvert d’universalisme, c’est un mépris colonial qui s’exprime. La république fait mine de croire que les peuples sont interchangeables, mais dans ses actes elle est bien fidèle à l’esprit de Jules Ferry, et toute la caste dominante a bien intégré le fait que les inférieurs sont là pour servir de boys et de soutiers.

À titre de comparaison, la décolonisation anglaise a été nettement moins mouvementée. Les Anglais ne croyaient pas un instant aux bêtises républicaines françaises, et aucun Anglais n’aurait pu imaginer une seule seconde qu’il puisse y avoir une équivalence entre lui et n’importe lequel des colonisés, fut-il maharadja ou émir. Cela avait l’avantage de l’honnêteté cachée sous l’hypocrisie : les Anglais n’avaient jamais promis à qui que ce soit qu’ils seraient un jour aussi anglais que les Anglais eux-mêmes.

Il est vrai qu’aujourd’hui les Anglais ne sont guère épargnés par les ravages du multiculturalisme, mais leur modèle communautariste permet au moins de savoir qui est qui. En France, c’est l’injonction paradoxale qui domine. Les allogènes sont « aussi français que vous et moi » et pourtant ont toute légitimité à rester ce qu’ils sont. Résultat : personne ne s’y retrouve, le malaise est généralisé, et nombre d’allogènes détestent cordialement la France et les Français en raison de cette promesse républicaine mensongère qui leur dit qu’ils valent mieux que les Français tout en les maintenant dans leur irréductible allogénat.

La république, encore une fois, est le problème : les mensonges et lubies issus des lumières, qui ont commencé par produire la Terreur, devraient définitivement être abandonnées. Il n’y a pas et il n’y aura jamais d’universalisme républicain. La république est un mensonge devenu poison mortel.

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Supprimer le droit d’asile ?

Parfois, je me demande s’il ne faudrait tout simplement pas supprimer le droit d’asile. Je ne suis pas sûr que cela empêcherait beaucoup les migrants de venir, mais ça serait toujours un alibi de moins. Il paraît d’ailleurs qu’à peine 1% des déboutés du droit d’asile retournent d’où ils viennent. Le droit d’asile est de toute façon totalement inapplicable et a été pensé à une époque ou le potentiel migratoire était incomparable avec ce qu’il est aujourd’hui et où les migrations pour raisons économiques étaient bien plus faibles. Nous devons faire face à des gens dont l’état-civil même n’est pas assuré, car les pays dont ils viennent n’ont pas un système de recensement et de suivi de la population aussi développé que le nôtre. Il est impossible de savoir précisément le nom et l’âge de certains migrants, et quand ils ne détruisent pas purement et simplement leurs papiers, ils ont des documents dont la valeur est, pour le moins, questionnable. De plus, le nombre de candidats au droit d’asile est potentiellement illimité, car les pays dans lesquels on peut être inquiété pour une simple opinion sont légions. Nombre de pays ont aussi une conception très variable du droit, à tel point que dans certains endroits, si la police décide de vous tabasser pour passer le temps, vous n’avez aucun recours. Le droit d’asile est encore une de ces idées chrétiennes devenues complètement folles sous l’impulsion des humanistes universalistes. Il faudrait que le droit d’asile soit réservé à des personnes poursuivies nommément par les autorités de leur pays pour des raisons purement politiques. Pour les autres, désolé, mais la violence et la haine sont le lot quasi-quotidien de l’humanité depuis 10 000 ans. On n’échappe pas à l’humanité, aussi loin qu’on aille.

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