L’effroi et le remplacement

Un certain malaise me prend à la lecture de cette nouvelle : à Anvers, 72% des enfants entre 0 et 6 ans sont d’origine extra-européenne. Plus précisément, d’origine immigrée. Mais l’immigration étant ce qu’elle est, on imagine bien ce que cela signifie. Un certain malaise qui ressemble beaucoup, je dois l’avouer, à de l’effroi. Car tout cela veut dire tout simplement que la population belge disparaît. Se trouve remplacée par une population non-européenne. Et je ne suis pas certain que cela sois tout-à-fait positif. Laissons pour un instant de côté les préjugés. Et voyons.

Laissons de côté l’idée qu’il pourrait y avoir des inégalités intrinsèques entre les différents groupes humains. Admettons que la fameuse courbe en cloche de Richard Lynn n’ai pas la moindre pertinence. Admettons que n’importe quel enfant du monde possède toutes les capacité pour devenir un bon et brave citoyen européen productif, et capable de maintenir une société industrielle développée. Admettons même que la totalité de ces enfants soient des individus gentils, sympathiques, et plein d’amour pour leurs prochain, ne demandant qu’à vivre en paix avec leur entourage. Admettons tout cela. Le problème ne serait pas résolu pour autant.

Il y aura peut-être toujours un pays appelé Belgique, et toujours une ville appelé Anvers. Mais il n’y aura plus de Belges, sinon au sens purement administratif du terme. Car nous ne sommes pas uniquement des individus isolés de toute attache historique, de tout environnement culturel. Nous sommes des individus libres, mais nous sommes aussi la partie, infime mais nécessaire, d’un tout. Nous ne sommes pas limité à notre propre petite personne : nous sommes aussi membre de quelque chose de plus grand, de quelque chose qui nous dépasse dans l’espace, le temps et l’esprit : nous sommes membre d’un peuple grâce auquel nous sommes, ma foi, ce que nous sommes individuellement. Nous ne sommes pas une idée. Il faut bien le dire : quelles que soient les qualités de ces 72% d’enfants d’Anvers, appelé à en devenir les adultes d’ici 20 ans, ils ne sont pas le peuple Belge. Ils seront autre chose.

Car ces enfants ne sont pas de simples « citoyens » modelables à merci par le système – l’actualité le prouve tout les jours, notamment quand on voit les réactions dans certains de nos établissements d’enseignement, ici en France, quand on essaie d’imposer une minute de silence pour des caricaturistes assassinés en raison de leur irrévérence pour le prophète d’une religion d’amour, de paix et de tolérance. Non, ces enfants sont aussi porteurs de valeurs et environnés d’une culture qui, si elle n’est plus tout-à-fait celle de leur parents, n’est assurément pas celle de l’Europe millénaire. Peu à peu, les peuples européens sont remplacés sur leurs territoires d’implantation historiques.

Est-ce finalement si grave que cela ? Le monde n’est que changement, et il serait vain de vouloir figer une situation, quelle qu’elle soit. Certes. Mais ce changement ne peut nous laisser indifférent si nous nous sentons autre chose que de simples individus. Et même : le simple fait que nous nous sentions d’abord des individus, c’est déjà un trait distinctif de notre culture et de nos peuples. N’oublions jamais que c’est le christianisme qui a inventé la notion de « personne ».  Alors, oui, changement il y aura, et après tout, si le changement de peuple est total, que nous importe, car nous ne serons plus là pour le voir ? Mais nous sommes encore là, et un certains amour de ce que nous sommes, et de tout ce dans quoi plongent les racines de ce que nous sommes doit, devrait, nous inciter à vouloir, tout simplement, survivre.

La civilisation européenne a été, avec ses défauts et ses qualités, longuement façonnée par les peuples européens. Et tant que nous serons en vie, il serait dommage d’abdiquer. Effectivement, il n’y a là aucun devoir, sinon moral – et encore. Mais cela va au-delà de la morale. Cela concerne le fait que nous devrions, tout simplement, nous aimer pour ce que nous sommes, et en être fiers. Fierté et amour propre qui semble devoir aujourd’hui se cacher comme une maladie honteuse.

Je n’ai rien contre les peuples de la terre, quels qu’ils soient, mais j’aime avant tout ma culture et ma civilisation. Et j’aime aussi les autres peuples parfois. Si j’apprenais que le Japon voyait sa population progressivement remplacée, je serais tout aussi inquiet. Pourtant, que m’importe le Japon ? Il se trouve que j’aime leur culture, pour un certains nombre de choses qui nourrissent mon imaginaire, et qui suscitent mon admiration. Sans Japonais, plus de Kurosawa, plus d’irezumi, plus de théières en fonte, plus de culture japonaise. Ce serait triste et inquiétant. Cela ne signifie pas que je voudrais que la France se peuple de Japonais, bien au contraire. Mais j’aime savoir qu’il y a quelque part un peuple qui produit de belles choses que je peux admirer tout en continuant à être moi-même.

Alors, oui, tout est voué à disparaître. Et certains n’hésitent pas à tenter de nous faire croire que le peuple n’est rien, pourvu qu’il soit constitué de citoyens. Je ne peux accorder de crédit à une telle opinion. Je suis Français, en bien comme en mal. Je ne suis pas une idée, je ne suis pas une appartenance administrative. Si la France doit être uniquement cela, alors je n’en suis pas. Je ne sais pas ce que je suis. Être Belge, Français, ou ce qu’on voudra, ce n’est pas seulement un simple mot accolé à une présence sur un territoire. La France n’est pas une idée, c’est le pays dans lequel je vis, et à travers moi mes ancêtres.

Peut-être que dans mille ans, tout cela paraîtra bien futile. Mais nous ne vivons pas dans mille ans. Nous vivons maintenant.

Publicités
Cet article, publié dans Non classé, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour L’effroi et le remplacement

  1. appt23 dit :

    Ou la question taboo de l’identité… merci pour cet article

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s