Les flics ont peur !?

J’ai appris hier au hasard d’une conversation que les flics ne prenaient plus les plaintes en commissariat, mais qu’il fallait prendre rendez-vous pour qu’ils viennent chez vous. C’est tout simplement délirant.

Les flics sont maintenant en permanence vêtus de gilets pare-balles devant les commissariats et, littéralement, se barricadent. Tout citoyen est suspect de leur vouloir du mal. Outre le fait que je ne suis pas sûr que le fait d’être considéré comme un terroriste potentiel dans mon propre pays me plaise vraiment, cela m’inspire plusieurs réflexions.

Tout d’abord, je comprends un peu leur trouille : le climat est plutôt inquiétant depuis janvier dernier. Mais tout cela est un aveu sinistre d’impuissance, à mon avis. D’autre part, j’imaginais naïvement que les flics étaient là pour protéger la population, mais il semble qu’ils se protègent d’abord eux-mêmes. Si eux ont la trouille, que devons-nous penser ? Comment faire confiance pour maintenir l’ordre et la sécurité à des gens qui ont peur des simples citoyens et s’en défient ? Tout cela contribue fort à donner l’impression que l’État, ses élites et ses sbires, se renferment dans leur bulle et nous ignore. Les seuls pays que j’ai visité où les commissariats étaient des camps retranchés étaient des dictatures ou des pays en état de guerre civile larvée.

Enfin, tout cela est stupide et insultant. Stupide, car si je voulais du mal aux flics, je préférerais en piéger deux chez moi plutôt que d’attaquer un commissariat où ils sont nombreux et bien armés (bien que les attaques de commissariat par les voyous dans les banlieues allogènes ne soient pas une nouveauté, loin de là.). Insultant, car les flics nous désignent, qui que nous soyons, comme des ennemis. Et tout cela pour quelle raison ? Tout simplement parce que prospère une frange de la population qui n’est pas très Charlie et au sein de laquelle les terroristes sont comme des poissons dans l’eau. Une fois de plus, c’est la philia, le sentiment d’appartenance commune qui se fissure à cause du multiculturalisme. Qui dit société multiraciale, multi-confessionnelle et multiculturelle dit nécessairement multi-suspicion.

L’État et ses flics ne sont plus une partie de nous-même en tant que nation, mais une structure de racket et de gestion des conflits dans une société où tous les citoyens sont considérés comme des ennemis.

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