Catastrophe révolutionnaire

À n’en pas douter nous vivons une révolution. Mais nous n’en sommes pas les acteurs. Nous en sommes les victimes plus ou moins silencieuses. Le problème de la révolution, c’est qu’elle bénéficie d’un capital de sympathie particulièrement élevé en France, dont le peuple est endoctriné dès la plus tendre enfance à la mystique de la Révolution Française – révolution qu’il est censé avoir faite pour son bien. Las !

Rappelons-nous la révolution russe, qui s’est entièrement fait sur le dos du peuple russe, et qui ne lui a certes pas profité pendant les 70 ans qui ont suivi. On pourrait citer Cuba, le Cambodge de trop sinistre mémoire… les révolutions ne manquent pas en ce monde qui ont surtout consisté à réduire les peuples en esclavage au profit d’une clique autoritaire et trop souvent sanguinaire.

Notre clique à nous n’est pas sanguinaire, mais elle est autoritaire et ne supporte pas la contradiction. Que ce soit avec la loi collectiviste sur la santé ou  avec celle qui, sous prétexte de sécurité et d’antiterrorisme, autorise l’État à violer nos vies privées,  notre détestable oligarchie dirigeante s’emploie tranquillement à verrouiller un peu plus sa position dans un mouvement qui ressemble fort à un coup d’État, coup d’État qui se ferait non contre un rival politique mais bien contre le peuple français lui-même. Qu’on se le dise, la clownesque démocratie qui avait cours jusqu’ici ne compte même plus s’embarrasser de nez rouge, qu’elle préfère troquer pour le fouet du dompteur – dompteur qui, vu l’état d’apathie du peuple, devrait plutôt être considéré comme un dresseur de caniches.

On me dira que ce n’est peut-être qu’un mauvais moment à passer, et que les vieux peuples finissent par avoir raison des dictatures, qui ne durent bien souvent guère plus d’une ou deux générations. L’URSS s’est écroulé au bout de 70 ans, après tout, et les régimes les plus durs finissent par mettre de l’eau dans leur vin, que ce soit en Chine ou à Cuba. Effectivement, mais je dois dire que je ne souhaite pas 70 ans de totalitarisme, ni même 10, ni même une seule année. Et quand bien même cela devrait arriver, je n’ai plus l’âge d’attendre 70 ans pour voir le renouveau de liberté. Mais au-delà de ces considérations, il faut voir que ce totalitarisme qu’on nous prépare salement en haut lieu risque bien d’être définitif : aucun des régimes révolutionnaires connus, fussent-ils atrocement répressifs et sanguinaires, n’a travaillé au remplacement de la population. C’est bien là que le bât blesse atrocement.

En effet, cette révolution que nous vivons n’est pas uniquement politique, elle est aussi démographique. Je pourrais me faire à l’idée de vivre 70 ans de dictature si je pensais qu’un jour le réveil serait possible. Mais dans 70 ans, il y a fort à parier que le peuple ne soit plus le même, tout simplement. La France aura vécue. Le projet révolutionnaire actuel est particulièrement nouveau et effrayant, car il va réellement faire du passé table rase : s’il aboutit, ce sera le peuple même auquel il est appliqué qui aura disparu. Certes, il est fort possible que l’oligarchie nihiliste qui nous l’impose soit engloutie dans le chaos qu’elle provoque, mais cela ne nous sera d’aucune consolation dès lors que nous ne serons plus.

La seule question, c’est de savoir si le peuple français souhaite secouer son joug avant qu’il ne soit trop tard. Et là, j’ai quelques doutes sérieux.

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