Rien de nouveau. Malheureusement

Attentats dans l’Isère, et un peu partout en même temps, aussi. Eh bien vous savez quoi : il n’y a rien a en dire. Rien qu’on en ait déjà dit, tant et plus. J’avais prévu que ça recommencerait, dès les premiers actes commis à l’automne dernier par des « déséquilibrés », toujours au nom de l’Islam. Et vous savez quoi ? ça va continuer. Cet été ? dans 6 mois ? Dans une semaine ? qui sait. Mais il va bien falloir en prendre l’habitude. Nous avons voulu la société multiculturelle, à forte proportion islamique, il faut en assumer les conséquences. Il n’y a pas de solution, il n’y en a aucune. Mettez-vous bien ça dans le crâne : nous allons en chier, et c’est notre faute.

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« Un Français » : film nul pour un pays nul.

Nous n’étions que 6 dans la salle ce soir pour voir « Un Français », film navrant d’un dénommé Diastème, qui soit dit en passant aurait pu choisir un pseudonyme un peu plus attrayant que le mot qui désigne l’écartement particulier des dents qu’on peut observer par exemple chez Yannick Noah. D’ailleurs, j’ai toujours pensé que se présenter uniquement avec un prénom était d’abord et avant tout une marque de prétention, qui ne semble pas porter chance, du moins au cinéma : on se souvient à peine, sinon pas du tout, du calamiteux Pitof, et on songe avec commisération à Maïwenn. « Un Français », donc, est tout simplement un mauvais film, non pas car il ferait polémique, mais tout simplement car il est chiant à mourir. Le scénario est décousu, tout fait d’ellipses ratées, et les personnages sont désespérément plats – faute à l’absence totale de psychologie tout autant qu’à la médiocrité de l’acteur principal. Au bout d’une demi-heure de ce triste pensum, on avait l’impression d’être dans la salle depuis une éternité, et pourtant les scènes les plus intenses étaient déjà passées. J’ai courageusement attendu jusqu’au bout que le film meurt lentement, tout comme meurt le cinéma français dans son ensemble – et ça n’est que justice.

Nous étions 6 mâles blancs, probablement célibataires, âgés de 20 à 40, à être venus s’ennuyer devant ce navet, et nous avons été rejoint au bout de quelques minutes par un jeune maghrébin en jogging qui a passé la séance à manger bruyamment et à répondre au téléphone. Il ne s’est d’ailleurs intéressé au film que très brièvement, lorsqu’on y voit quelques images du match France-Brésil lors de la coupe du monde de foot en 98. J’avais envie de le choper par le col et de le cogner, mais je me suis dit, comme en tant d’autres circonstances : à quoi bon ? Il y avait là comme une ironie étrange : c’était bien le seul à mal se conduire devant un film sensé nous expliquer que ceux qui sont méchants, ce sont les vilains skinheads français racistes. À sa décharge, le film n’était pas suffisamment intéressant pour qu’on puisse vraiment lui en vouloir de s’absorber dans la contemplation de son téléphone.

Film mauvais, certes, mais pas pour autant dénué d’enseignements. On y voit les sempiternels clichés sur les skinheads façon années 80 et sur le FN de pré-Marine, mais l’honnêteté force à reconnaître que ces clichés ont quelque chose de très vrais, comme tous les clichés, comme tous les stéréotypes. Les skinheads finissent mal, cela semble être le seul message du film. Simpliste, pas franchement un scoop, mais au fond, vrai. Le réalisateur se fait un peu plaisir en se payant la soupe au cochon et la manif pour tous, mais au fond, peut-on vraiment lui en vouloir ? Il ose un contraste facile entre les drapeaux français agités par les nationalistes, et ceux arborés aux Antilles par les supporters de l’équipe de France. Procédé grossier, basique, tarte à la crème, mais finalement pas si inutile. Car, à son insu, le film nous montre une triste vérité : le nationalisme est destiné à crever par ce qu’il adore. Les nationalistes brandissent le drapeau tricolore de la République, la manif pour tous agite le code civil : stupide carnaval qui ne peut aboutir qu’à la ringardisation totale et définitive. Ne comprenez-vous donc pas que ce drapeau, cette république, ce code civil, c’est ce dont nous crevons à petit feu ? Ne comprenez-vous pas que la république n’a plus rien de ce qu’elle a pu avoir de glorieux, et qu’elle étouffe la France ? Ne comprenez-vous pas que c’est la France que nous vend ce film qui est devenue la réalité ? Ce que recouvre cette connerie de drapeau tricolore, ce n’est plus ce que vous croyez. Les skinheads, repentis ou non, ne sont qu’un prétexte, et je ne suis pas sûr qu’ils intéressent qui que ce soit, à part les nostalgiques des années 80. Tout ce film nous présente les nationalistes comme une bande de nazes, de réacs ringards et racistes, et il faut bien avoir le courage de reconnaître que c’est la vérité. Les nationalistes ont passé leur temps à labourer la mer. Le résultat est sous nos yeux, tous les jours.

Je suis sorti de la salle, et j’ai marché dans la nuit, seul blanc ou presque sur le pavé. Je ne suis pas sûr d’aimer ce que ce pays est devenu. Mais je sais une chose : tout le folklore nationaliste n’a mené nulle part. Et même ses dénonciateurs n’arrivent pas à en faire un film convaincant. Décidément, les nationalistes sont des pantins inoffensifs.

Pourquoi les politiques ne se remettent jamais en question

En ce moment, pour me changer de la désastreuse et déprimante situation politique française qui ne cesse d’empirer jour en jour,  je lis Ce que sait la main, livre consacré à la culture de l’artisanat par Richard Senett, universitaire anglo-américain apparemment de renom mais dont je confesse n’avoir jamais entendu parler auparavant. Un passage m’a particulièrement frappé :

« …l’insuffisance de la prestation personnelle blesse autrement que les inégaliées de la position sociale héréditaire ou les singes extérieurs de la richesse (…) vouloir faire activement du bon travail et s’apercevoir qu’on n’en est pas capable mine l’idée qu’on se fait de soi. »

Richard Senett parle ici du fait qu’au siècle des lumières, la mise en avant de l’artisan par les encyclopédistes consacrait la supériorité de celui qui agit sur celui qui hérite – perspective révolutionnaire évidente. Pour Senett, le problème de l’estime de soi face à l’échec est le point aveugle de cette idée. Par extension, je ne peux m’empêcher de penser que le népotisme chronique qui sévit dans le monde politico-médiatique au sens large vient démontrer cette idée en creux.

Nous sommes revenus à une sorte d’ancien régime dans lequel le mérite n’est plus rien, et le réseau tout. Du cinéma jusqu’à la politique en passant par le journalisme, dès qu’on enquête un peu, on se rend compte qu’un tel est fils de tel autre, que celle-ci est mariée avec celui-là et que le père de tel autre occupait déjà une position conséquente. Il suffit de lire la lettre bi-mensuelle d’Emmanuel Ratier Faits et documents pour s’en convaincre. J’en tire l’idée que tous ces gens, qui ne doivent leur position ni à leur travail ni à leur talent, mais bien souvent au simple fait d’être né et d’avoir eu des parents en capacité de passer les bons coups de fil, n’ont jamais connu l’épreuve de l’échec ou du succès, et ne peuvent donc douter un instant d’eux-mêmes. Pour ainsi dire, on peut imaginer qu’il ne savent rien ni du succès ni de l’échec, n’ayant qu’une fausse image de la réussite. Ils sont imbus d’eux-mêmes et persuadés de cette sorte de légitimité à front de taureau que donne la naissance. Aucune remise en question ne leur est accessible : ils s’imaginent être les meilleurs car ils n’ont jamais eu à descendre dans l’arène. Protégés de l’affront de l’échec, ils montrent tous les jours la morgue des grands sans en avoir la solidité acquise dans l’épreuve qui forge les caractères et les légitimités.

Paradoxalement, le népotisme donne à nos élites aux pieds d’argile une assurance accrue qui retombe sur nous sous forme d’un mépris sucré. Leur nullité devient une force, car ils ne doivent rien faire que de s’occuper de perpétuer un système qui les a fait. Jamais mis face aux conséquences de leurs actions, ils peuvent se croire des génies. C’est tout le drame du pouvoir sans responsabilité. Ces gens croient dur comme fer à eux-même. C’est leur force, face à nous qui savons que nous ne sommes pas si bons que nous le croyons parfois, et qui connaissons le sens du mot humilité.

 

Beauté bestiale

La Zone Grise, toujours aussi fulgurant. Allez-y voir. Ici.

Extrait :

« Pareil encore pour la swastika. Pourquoi restera-t-elle toujours plus bestialement belle que l’accouplement de la faucille et du marteau ? Parce que ce dernier n’est qu’un aide-mémoire pictural, le résumé-symbole d’une école politique à la fois complexe et naïve. Légal et encore prisé, il sent au maximum la désuétude, malgré le score inégalable en morts des masses de tarés qui l’ont arboré. Mais il parle à l’esprit, quand la croix gammée tape directement à l’instinct par ce qu’elle évoque. Vous voulez de la force brute, animale, dégueulasse, fascinante parce que dégueulasse, subjuguante malgré tous les efforts intellectuels et moraux que vous consentez à en repousser l’immonde séduction ? C’est à Berchtesgaden que ça se passe, point final. »

Des églises et des mosquées

Boubakeur, dans une provocation de plus, viens de proposer de transformer les églises en mosquées. Il est cohérent. Puisque nous reculons, il aurait tort de se priver d’avancer. Et si les églises sont vides, ce n’est pas de sa faute. L’Islam est dynamique, les musulmans sont fervents. En face, les catholiques sont mous et en déclin numérique. Je ne dis pas que tout cela est une bonne chose, bien au contraire. Une telle arrogance est inquiétante : c’est celle de gens qui pensent avoir déjà gagné. Et ma fois, nous avons tellement abandonné le terrain, sur tous les fronts, qu’il est bien possible que Boubakeur ait raison.

Le pire, c’est que nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-même.

Si même les remplaçants s’y mettent…

La semaine dernière, j’ai cru comprendre que lors d’une émission de télévision, un aréopage de femmes magrébines musulmanes se plaignaient de ce qu’il n’y avait plus de français « classiques » – si on veut bien me passer l’expression – dans leur quartier, quelque part dans une ville du sud. En un mot comme en cent, les remplaçants ne veulent pas plus du grand remplacement que les remplacés. Seuls les remplaceurs, bien planqués derrière leurs flics et leurs gardes du corps, semblent effectivement vouloir ce grand remplacement qu’il va maintenant être difficile de nier.

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Pourquoi nous ne en sortirons probablement pas

Nous ne nous en sortirons peut-être pas, et Thibault de Montbrial en est la démonstration vivante, à son corps défendant. Je ne connais pas le bonhomme, mais je le sens sincère. Il n’empêche : sous couvert de parler vrai et franc, il montre surtout qu’il n’a rien compris au problème. À sa décharge, je pense que c’est le genre de type qui n’a pas mis les pieds à Gennevilliers ou à La Courneuve depuis un bon bout de temps, et qui n’a jamais eu affaire physiquement à la racaille. Non, il ne s’agit pas d’attendre que les autorités musulmanes fassent le distingo entre spirituel et temporel : en Islam, cela n’existe pas. L’Islam, ce n’est pas le christianisme version Mahomet. Et non, les statistiques ethniques ne doivent pas servir à ventiler les populations allogènes sur tout le territoire. Le problème du « vivre-ensemble », c’est tout simplement que personne n’en veut. Ni eux, ni nous. Mais cela, Thibault de Montbrial ne peut apparemment pas le comprendre. Ce qui est effrayant, c’est qu’il semble être au maximum possible de réalisme pour un homme du système.

Il ne peut nous apporter aucune solution car il est profondément constructiviste : il pense qu’on peut fabriquer une société grâce à des mesures décidées en haut lieu. Ce qui est une erreur. Ce qu’il faut, c’est donner aux gens la liberté de vivre avec qui ils veulent. Malheureusement, cela ne peut se faire qu’au prix d’une disparition de l’actuelle république, un horizon que Thibault de Montbrial ne semble pas pouvoir affronter. Je ne sais pas si je lirai son livre : j’ai bien peur de n’y trouver que des choses dont je suis conscient depuis l’école primaire, parce que je les ai vus physiquement se développer sous mes yeux.

Et pendant ce temps sur l’île de Man…

Sur l’île de Man, quelque part entre l’Irlande et Liverpool, se déroule en ce moment la plus belle et la plus dangereuse course de moto au monde. Chaque année, des pilotes meurent en participant à cette course sur route. Chaque année, pourtant, les participants et spectateurs sont au rendez-vous. Par-delà la performance, c’est aussi la liberté qui est célébrée à Man. Oui, il est stupide de perdre la vie dans une course de moto. Mais il est triste de penser que c’est le dernier endroit en occident où l’on puisse prendre volontairement, en toute liberté, le risque de mourir pour la gloire.

« …that is poetry in motion… »

Rome morte du socialisme ?

Un livre intéressant : Rome, du libéralisme au socialisme par Philippe Fabry.

L’auteur, libéral assumé, y expose sa thèse selon laquelle la décadence et l’écroulement progressif de l’empire romain serait dû principalement à un abandon des principes originels de liberté au profit d’un socialisme autoritaire. J’avoue ne pas être suffisamment érudit en histoire ancienne pour juger du bien-fondé de cette thèse, mais il est intéressant de noter que l’auteur approche la notion de « socialisme par le haut » : un appareil d’État met Rome et son peuple au service d’une caste de puissant. Le socialisme en question est envisagé principalement selon sa tendance inexorable au totalitarisme, au contrôle intégral de la société. En un sens, socialisme et totalitarisme sont une seule et même chose, dont le développement abouti à l’effondrement de la société à laquelle ils s’appliquent.

L’auteur fait un parallèle entre Rome et les États-Unis d’aujourd’hui. Deux puissances incontournables de leur temps, qui ont été tentées d’imposer leur volonté partout autour d’elles. Évidemment, l’histoire des États-Unis n’est pas encore terminée, et l’auteur se demande si ils vont prendre ou non le même chemin que Rome. Il semble que l’actualité récente, avec l’intervention de la justice américaine hors du territoire des  États-Unis dans les affaires de la Fifa donne une idée de la direction dans laquelle va cet empire contemporain.