Zone de confort

Pour progresser, quelle que soit l’activité qu’on pratique, il faut régulièrement sortir de sa zone de confort. En permanence, nous aimons rester dans cette fameuse zone, faire ce que nous savons faire, sans prendre de risque. Cela permet au mieux de maintenir une compétence, une condition physique, cela peut aider à parfaire un geste, une pratique, mais aboutit fatalement à la stagnation. Celui qui veut progresser doit, de temps à autre, prendre un risque, aller plus loin, au-delà de ce qu’il sait faire. Il doit sortir de sa zone de confort.

Les athlètes le savent, car ils l’expérimentent physiquement, dans leur corps, et que les effets sont rapide à venir. Mais toute activité humaine est soumise à cet impératif. Le risque est facteur de progression, pourvu qu’il soit bien dosé. S’entraîner toujours à fond, aux limites de ses possibilités, est la voie la plus sûre vers l’épuisement, et c’est aussi nocif que de ne jamais chercher à faire mieux. Tout est dans le dosage. Une fois sur trois, une fois sur cinq, une fois sur dix peut-être, mais il faut régulièrement se remettre en question Redescendre dans l’arène. Et cela est d’autant plus difficile que bien souvent, nous avons à faire face, en plus de l’échec possible, au flot des critiques narquoises de tous ceux qui justement restent assis dans les gradins, dans la sécurité de leur zone de confort. Eux sont effrayés de voir celui qui ose, et par tous les moyens essayent de le rabaisser, car sa possible réussite serait pour eux un insupportable camouflet, la preuve même de leur médiocrité.

Par analogie, on pourrait risque l’hypothèse que les civilisations, les peuples, possèdent eux aussi une zone de confort, de laquelle il leur faut sortir pour se renouveler. Et c’est peut-être une des tares de l’occident actuel : il ne sort plus de sa zone de confort, il se contente de survivre bêtement sur des principes universaux éculés, qui fonctionnent de moins en moins. La dernière fois que la France a dû sortir de sa zone de confort, c’était probablement à l’époque de la guerre d’Algérie : l’affaire était sérieuse, et il fallait mettre les mains dans le cambouis – et pas vraiment pour le meilleur. Tout le problème, c’est que le monde est un ensemble de forces, de masses en expansion ou en contraction. Tout bouge et se transforme en permanence, et celui qui cherche l’équilibre dans le confort et l’immobilisme est assuré de se voir étouffer par le dynamismes d’autres forces. Tel est notre problème, incarné par le funeste et stupide « principe de précaution », mantra au nom duquel plus aucun risque n’est possible. C’était déjà lui, dont on ne connaissait pas encore le nom, ce fameux principe de précaution, qui était à l’oeuvre lorsque Pétain fut promu à la tête de la France, c’est le principe de précaution, qui toujours incite à rester dans la zone de confort, qui préside à toutes les défaites et à toutes les compromissions, dès lors que des forces historiques sont en jeu.

L’occident semble ne plus vouloir, ne plus pouvoir tenter quoi que ce soit. La situation est bien résumée ici, dans un style certes brutal et rageur, mais qui ne manque pas de pertinence.

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Un commentaire pour Zone de confort

  1. kobus van cleef dit :

    « la zone de confort » c’est le titre d’un roman de Jonathan Franzen
    un auteur américain dit « de gauche »
    mais qui ne l’est plus tellement
    au grand désespoir des journalisses de vronze cul qui l’interrogeaient en 2012 (je crois)

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