Principe de précaution

Werner Herzog et le principe de précaution (les passages en gras sont soulignés par moi)

« Regardons les choses en face, le monde est incroyablement allergique au risque aujourd’hui, et les angoisses sont totalement hors de proportion par rapport à la réalité. Il y a quelques années, durant la crise de la vache folle, il était évident pour moi que bien plus de gens allaient mourir en traversant la rue pour aller chez le boucher qu’en mangeant de la viande contaminée. Aujourd’hui, des enfants de six ans ont cinq sortes de casques différents : casque pour le roller, casque pour le baseball, casque pour le vélo, casque pour se promener dans le jardin, casque pour Dieu sait quoi. Les parents envoient même leurs enfants au bac à sable avec un casque. Tout ça est répugnant. Je ne ferais jamais confiance à un homme qui a eu plusieurs casques avant l’âge de cinq ans. Se protéger dans tous les sens est dévastateur, car les enfants sont conditionnés à ne pas être intrépides ; ils ne deviendront jamais des savants qui sautent par-delà les frontières au coeur de l’inconnu. Et chaque fois que je vois des tubes de désinfectant pour les mains, comme on en trouve accroché aux murs partout en Amérique, j’ai envie de les arracher. C’est une abomination. Je n’ai jamais pris d’antibiotiques de toute ma vie et j’ai avalé au mieux dix aspirines dans toute mon existence. Des choses pareilles nous conduiront tous à la mort. Une civilisation qui cherche à soulager la douleur au moindre événement est condamnée ; nous ne pouvons savoir ce que c’est qu’être vraiment humain sans l’expérience d’un certain niveau d’inconfort et d’opposition physique. Si vous lisez dans un récit de voyage que l’auteur est parti dans la jungle avec un kit contre les morsures de serpent, c’est que le bouquin est tout juste bon à allumer un feu de camp. La vie ne connaît pas la sécurité. La seule certitude, c’est que nous allons mourir, même avec tous les casques et toutes les assurances-vie du monde. De nos jours, les gens se coupent le doigt ou s’écorchent les genoux et s’imagine que c’est une expérience de vie. »

Werner Herzog, dans A guide for the perplexed – conversations with Paul Cronin. Traduit pour l’occasion par mes soins.

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Un commentaire pour Principe de précaution

  1. kobus van cleef dit :

    ha , les casques , ça peut se justifier
    j’avais un casque pour faire de la spéléo lorsque j’étais gosse
    la loupiotte de la calbombe ( génératrice à acéthylène ) y trônait fièrement
    ça donnait tout de suite un air martial
    un peu comme le casque adrian qui ressemble à un testicule sorti de son albuginée avec sa crête médiane qui ressemble à l’épididyme

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