Dédicace

Votre serviteur sera présent à la prochaine soirée de Livr’arbitres le 9 octobre prochain, qui se tiendra à Paris au Village d’automne sur l’esplanade des Invalides, à partir de 19h00. Vous pourrez constater que je suis bien pire en vrai qu’en paroles. Ou presque.

Fatigue

Lettre ouverte aux migrants : Tirez-vous, vous nous faites chier.

Au départ, je voulais me fendre d’un joli texte, plein d’humanité et de rigueur, de souffrance et de colère pour expliquer aux migrants que je comprenais leurs problèmes, mais qu’ils devaient quand même prendre en considération le fait qu’on ne peut pas décider de venir s’installer n’importe où, même si on a de bonnes raisons de le faire, sans se demander au moins si les gens qui sont déjà là sont d’accord ou pas. Et que si on vient s’imposer en forçant physiquement les frontières, ça s’appelle une invasion.

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En chair et en os

Imaginez une aire de repos le long de l’A4, à peu près à la hauteur de Valmy – une aire tout ce qu’il y a de plus simple, avec pas mal de verdure, de grands conifères majestueux, et puis une sorte de construction moche en béton et carrelage abritant des sanitaires. Un endroit plutôt calme sous le ciel gris des premiers jours de septembre. Juste une ou deux voitures arrêtées, dont les occupants sont partis se reposer un peu plus loin. Un semi-remorque plein de voitures, dont le chauffeur polonais inspecte la cargaison. Et puis il y a ces trois drôles de types, qui n’ont pas l’air bien à leur place ici, qui se baladent avec chacun un petit sac de couchage sous le bras. Un peu courbés, il jettent des regards furtifs de droite et de gauche. Je les sens bizarre, mais ils ont dû décider que j’avais l’air sympathique, parce qu’ils s’approchent. Manifestement, ils veulent communiquer.

Je baisse un peu la vitre de mon véhicule, mais pas trop, parce que je me méfie de ces oiseaux-là. Des drôles de tronches qui viennent de je ne sais où. Vraiment, impossible à identifier. Pakistanais ? Iranien ? Kurdes ? Tout simplement « Syriens » ? Je ne saurais dire. Mais le fait est là : ces gars ressemblent furieusement à des migrants. Et comme pour dissiper toute ambiguïté, l’un des types déclare, dans un anglais hésitant, d’une voix curieusement soumise et timide, qu’ils veulent aller à Calais. Tiens donc. Je leur réponds, un peu brusquement peut-être, que je ne peux pas les emmener. Le gars a l’air gêné, il me dit que ce n’est pas avec moi qu’ils veulent y aller, qu’ils veulent juste savoir dans quelle direction ça se trouve, Calais.

Alors la seule chose que je trouve à faire, c’est de leur indiquer la direction dans laquelle va l’autoroute. Que faire d’autre, de toute façon ? Et où auraient-ils bien pu aller ? Quoique, si je leur avait montré le chemin inverse, je ne doute pas qu’ils auraient tenté de traverser. Calais, terre promise. Je ne peux pas être plus précis. Les types se concertent, et le gars me demande à quelle distance se trouve leur rêve. Là, j’avoue que je ne sais pas trop quoi répondre, parce que je n’ai aucune idée de la réponse. Au hasard, je répond mille, parce que j’imagine que c’est encore loin. Les types ouvrent des yeux ronds, et je sens comme un coup de massue qui s’abat sur eux. Visiblement, je viens de leur casser le moral. Ils se concertent un peu et décident de prendre congé. Je ne sais pas s’ils ont pensé que j’étais complètement abruti ou que je me foutais de leur gueule, mais ils m’ont laissé là et sont allés vers la bretelle d’insertion. Là, un type qui tondait le gazon sur un petit tracteur, avec un uniforme jaune fluo arborant fièrement le sigle de la compagnie d’autoroute, est allé les voir. Apparemment, pas possible d’aller sur l’autoroute à pied. Les trois types sont retournés s’asseoir tranquillement dans l’herbe, et se sont mis à attendre. Quoi ? Un miracle, peut-être. Ou un camion dans lequel ils pourraient monter à la faveur de la nuit. Qui sait.

Je suis reparti. Je me demandais bien comment ces trois-là avaient réussi à échouer sur cette aire d’autoroute, au milieu de nulle part. Probablement qu’ils s’étaient incrustés sur un camion, et qu’ils avaient été repérés. Je ne le saurais jamais. J’ai vérifié par acquis de conscience : Calais n’était à 342 km, en passant par Reims. Pas si loin que ça, en fait. Je me suis senti un peu con. Mais quoi, c’est la vie.

J’ai foncé sur l’autoroute en écoutant Townes van Zandt, et je me disais que ces gars, c’étaient un peu les hobos modernes, parce que leur destin ressemblait foutrement à ce que décrivait Kerouac, en pire, en bien plus tragique, avec cette implacable connotation politique et stratégique qui s’accrochaient à leurs basques, qu’ils le veuillent ou non. Je n’éprouvait ni pitié, ni sympathie, ni antipahtie pour ces « migrants », puisque ça en était. Je ne pouvais que me souvenir de leur ton un peu plaintif, de la façon douce et gentille, et pleine d’espoir, peut-être un peu hypocrite aussi, dont il avait prononcé « Calais », et de l’incertitude qui avait vacillé dans leur yeux lorsqu’ils avaient cru l’espace d’un instant qu’ils étaient encore si loin.

Drôle de rencontre, en vérité. La seule chose que je me disais, c’est que putain, ce monde est quand même un vaste putain de chaos, et qu’on est encore bien heureux si on arrive à s’en sortir à peu près indemne.

La république se prend un râteau

Les migrants ne veulent pas venir en France ! Pour une fois qu’il y a une bonne nouvelle dans tout ce chaos, on aurait tort de se priver. Finalement, nous allons prendre moins que notre part de ce tsunami migratoire, et ce malgré les efforts criminels de nos gouvernants, puisqu’un machin-truc officiel dont le nom m’échappe a envoyé des émissaires à Munich précisément pour inciter les migrants à venir. Soit dit en passant, on croit rêver : les pouvoirs publics incitent volontairement des gens à enfreindre la loi en entrant clandestinement dans le pays, et leur fournissent même un bus pour cela ! Si c’était un vilain facho qui avait rapporté cette histoire, on l’aurait traité de fou ou de complotiste malade. Mais là, c’est un fait avéré.

Cependant, cette bonne nouvelle n’en est pas vraiment une : si les pires crevards sortis du trou le plus chaotique qu’on puisse imaginer trouvent que la France n’est pas assez bien pour eux, c’est que notre pays doit aller sacrément mal. Alors évidemment, nos élites immigrophiles s’attristent, se lamentent et s’étonnent : comment ! des réfugiés, des malheureux qui ont vu la guerre et la mort en face, des pauvres hères déshérités refusent l’amour qu’on leur déclare ! comment, eux qu’on suppose automatiquement acquis aux droitdlhomme et à notre belle et magnifique démocratie, ils n’en veulent pas ? Notre modèle que le monde nous envie n’est même pas bon pour des réfugiés ? Nos élites sont comme une vieille catin desséchée, une cougar qui se croit encore belle et qui vient de se prendre un râteau monumental par toute une floppée de jeunes migrants virils, qui lui préfèrent la blonde Allemagne, aux formes nettement plus généreuses, ou la sévère mais salope Angleterre, plus riche de promesses. Le grand gang-bang migratoire, tant désiré par nos élites socialo-bobo-putassière n’aura pas lieu. Cette république femelle aux mamelles tombantes ne verra pas tout ses orifices remplis par les nouveaux arrivants. Qu’elle se rassure cependant, les clients continueront à venir, simplement, ce sera le pire du pire, tout ceux dont les autres salopes n’auront pas voulu.

N’empêche, tous ces migrants sont quand mêmes plus lucides que n’importe quel politicien français : ils se rendent bien compte qu’en hollandie socialiste, il n’y a rien de bon à attendre. Et ma foi, ils n’ont pas tort. J’ai toujours été persuadé qu’on pouvait apprendre même du plus arriéré des ploucs arriérés. Les migrants nous donnent une bonne leçon sur notre pays : nous sommes enfin devenu un pays du tiers-monde, qu’il vaut mieux éviter quand on cherche la prospérité économique. Ce qui me fait plaisir, c’est que ce soit des crevards qui nous le disent. Décidément, tout ça est un sacré bordel, et on n’a pas fini de rigoler.

Question idiote

Il y a dans toute cette histoire de migrants un truc qui me chiffonne. Le passage de la méditerranée coûte environ 5000 euros, à ce que disent les médias, dont on ne peut pas dire qu’ils aient une franche hostilité à l’invasion dont nous faisons actuellement l’objet. Alors forcément, je me demande un truc : où les migrants en question trouvent-ils une somme pareille ? Ils vivent, paraît-il, dans des pays en proie à la guerre et à la misère, dans des économies qui permettent difficilement d’épargner une telle somme. Donc je demande d’où vient l’argent. Parce que moi, si je devais réussir à économiser 5000 euros pour aller je ne sais où, ça me prendrait pas mal de temps. Et je suis citoyen d’un pays riche, avec un niveau de vie décent. Si vous avez un début de réponse, je suis preneur.

Cruelle honnêteté

Soyons honnêtes : qui est vraiment touché par la photo de ce môme noyé sur une plage de Turquie ? Mettons de côté un instant l’infecte récupération journalistico-politique, destinée comme d’habitude à nous clouer le bec. Oui, bien sûr, n’importe quel individu normalement constitué sera un tant soit peut choqué par l’image du cadavre d’un enfant. Et alors ? Oui, je demande : et alors ? tout cela relève de la pornographie, et de rien d’autre. Qui, au-delà des quelques minutes d’effarement et d’horreur provoquées par cette photo, qui vraiment va changer quoi que ce soit à sa façon de vivre ou de penser ? Personne, évidemment. Parce que la vérité, c’est que nous n’en avons, au fond, rien à foutre. Ce que je demande, c’est l’honnêteté au-delà de la simple et immédiate réaction émotionnelle et viscérale provoquée par une image obscène. Qu’il me soit accordé d’être honnête : moi aussi, j’ai vu cette photo, et je dois l’avouer, elle n’a provoqué en moi qu’un vague dégoût. Je n’ai pas envie de voir de cadavre d’enfant, je n’ai pas envie qu’on me mette ce genre de truc sous le nez. Et je vais le dire honnêtement : le destin de ces gens ne me fait ni chaud ni froid. Je m’en fous, je n’y peux rien, et je ne veux rien avoir à faire avec cela. Je demande  juste qu’on me foute la paix, qu’on me laisse déjà avec mes propres emmerdes qui sont bien assez pour moi, même si elles n’ont aucune commune mesure avec ce drame horrible. Je réclame le droit d’être un salopard égoïste et cruel, je réclame le droit de dire : tant pis ! Oui, tout cela est triste, terrible, horrible, et aucun enfant ne mérite de finir ainsi, et aucune mère ne devrait voir cela. Mais quoi ? Tous les jours, des milliers, des millions peut-être de gens, des enfants, des adultes, vivent des destins sordides et crèvent comme des chiens. C’est le monde, c’est le grand chaos de la vie, et nous n’y pouvons rien. Je ne dis pas que c’est bien, je dis que ce que nous avons vu, ce n’est que l’image écoeurante d’un destin merdique parmi des millions d’autres. Que savons-nous seulement des drames qui se jouent en ce moment même, à cette seconde précise, peut-être à deux pas de chez nous ? Cela nous empêche-t-il de vivre ? Bien sûr que non. Parce qu’on ne peut pas s’arrêter de vivre pour autant. Oui, à cette seconde, il y a des enfants malades dans tous les hôpitaux de France, il y a des gamins qui crèvent d’un cancer, d’une leucémie, il y a des parents qui souffrent ; à cette seconde il y a des gamins qui meurent de faim, qui bossent dans des mines jusqu’à en crever, qui se prostituent, qui sont violés, vendus, assassinés. Est-ce que ça nous empêche de dormir pour autant ? Bien sûr que non. Je ne me sens pas obligé de verser ma larme de circonstance. Cela fait-il de moi un homme au coeur dur, ou un cynique blasé ? Peut-être. Mais je crois être simplement un homme conscient des limite de son empathie. J’ai beau chercher au fond de moi, ce drame ne me touche pas. Il n’est qu’une information parmi tant d’autres, dont nous sommes saturés en permanence, et par-là même désensibilisés. Notre indignation n’est que de commande, au fond. Et qui peut porter autant de misère sur ses épaules, de toute façon ? Il a fallu un homme qui soit aussi un dieu pour aimer tous les hommes et pour les consoler tous. Aucun d’entre nous n’est le Christ. Seuls les fous se prennent pour Jésus. Non, la pornographie journalistique ne me touche pas. Je suis indifférent au destin de l’humanité souffrante. Moi aussi, j’aimerais que tout le monde soit heureux et bien portant. Simplement, je ne suis pas assez fou pour croire cela possible.

En guise d’avertissement

J’ai pu lire ici ou là, notamment en Une du Parisien il y a quelques jours, que des Français se disaient prêts à accueillir des réfugiés chez eux, et un article d’anthologie sur le sujet se trouve ici. Vous pouvez aller le lire chez Filmonskov, à qui j’ai piqué l’info. Tout cela m’inspire deux choses.

Il est amusant de voir comment une fois de plus, la caste bobo-médiatique doit tortiller du cul pour faire coller son idéologie avec la réalité. Dans l’article cité par Filmonskov, une gentille journaliste progressiste de rue89 veut accueillir un migrant chez elle – je salue son courage et m’effraie de sa folie – mais se demande ce qui va se passer si « ça ne colle pas », car pour elle, la priorité, c’est son fils. Et c’est bien normal. La seule chose qui me gêne dans tout cela, c’est que ces gens ne comprennent visiblement pas que dans toute la France, il y a des Français forcés de cohabiter avec des immigrés, et que bien souvent justement « ça ne colle pas », et que ces Français s’inquiètent à juste titre de l’avenir de leurs enfants. Et surtout, que eux ne peuvent pas arrêter l’expérience si ça tourne mal. D’ailleurs, ça tourne mal tous les jours. La générosité des gentils progressistes très Charlie, on voit bien que c’est toujours les autres qui doivent la supporter, et qu’elle n’est envisageable pour ceux qui la prêchent que s’ils peuvent dire « stop » à tout moment. Notez bien : je ne blâme pas la gentille journaliste progressiste de s’inquiéter, car il y a fort à parier que son migrant n’aura rien d’un intellectuel progressiste féru d’art contemporain et appréciant le thé de chez Kusmi Tea. Non, ce sera plutôt un pecnaud abruti qui bouchera les chiottes et se lavera les pieds dans le lavabo avant d’aller faire sa prière puis videra le frigo tout en téléphonant à l’autre bout du monde avec le forfait de son hôte – et je crois parler d’expérience, ayant eu affaire il y a quelques années à des réfugiés Tchétchènes.

Ce qui m’amène à mettre en garde ces gens généreux : en tant que partisan de la liberté et de la responsabilité, je me dois de reconnaître que si un Français  accepte de prendre personnellement à sa charge un migrant, je ne pourrais aller contre son choix – à ceci près qu’il aide un individu entré illégalement sur le territoire, et que je pense qu’il n’est jamais bon de récompenser les gens qui enfreignent la loi. Mais baste, nous ne sommes plus à ça près. Ce que je me permets de faire remarquer, c’est que bien souvent, ce qui est gratuit perd toute valeur aux yeux de celui qui le reçoit, car il n’a eu aucun effort à faire pou l’obtenir. Passé l’hypothétique et fugitif moment de gratitude et de reconnaissance, celui qui reçoit s’habitue vite à ce qu’on lui donne, pour peu que cela se reproduise régulièrement. L’habitude devient un acquis, et rapidement se retrouve considérée comme un dû. Si d’aventure le généreux donateur décide qu’il a suffisamment donné, le bénéficiaire se sent floué : il oublie bien vite tout ce qu’il a reçu pour ne plus voir que ce qu’on lui refuse. Tel est l’ingratitude de celui qui n’a rien fait pour obtenir, et cela s’observe tant parmi les particuliers que face à des institutions. Donner la becqué, c’est habituer à la paresse et à la dépendance, et c’est se créer une obligation.

La Fontaine en a mieux parlé que moi : (une lice est un chien de chasse femelle)

Une Lice étant sur son terme,
Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant,
Fait si bien qu’à la fin sa Compagne consent
De lui prêter sa hutte, où la Lice s’enferme.
Au bout de quelque temps sa Compagne revient.
La Lice lui demande encore une quinzaine.
Ses petits ne marchaient, disait-elle, qu’à peine.
Pour faire court, elle l’obtient.
Ce second terme échu, l’autre lui redemande
Sa maison, sa chambre, son lit.
La Lice cette fois montre les dents, et dit :
Je suis prête à sortir avec toute ma bande,
Si vous pouvez nous mettre hors.
Ses enfants étaient déjà forts.

Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette.
Pour tirer d’eux ce qu’on leur prête,
Il faut que l’on en vienne aux coups ;
Il faut plaider, il faut combattre :
Laissez-leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.