Troublant

Une interview troublante de Xavier Raufer, qui laisse croire qu’il en sait plus qu’il ne veut bien en dire. Mis à part ce petit trait un peu « show off » à mon avis, il est curieux de l’entendre décrire l’État islamique comme « une armée mercenaire » dont les cadres seraient tous sauf des islamistes convaincus. À partir de 14 minutes, mais l’ensemble de l’interview vaut le coup.

Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec Soral, pour qui, inévitablement, la CIA et le Mossad sont derrière les attentats du 13 novembre. Grand classique du personnage dont il ne faut pas prendre tout ce qu’il raconte pour argent comptant, ce genre de raccourci donne quand même à réfléchir.

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Complotisme

Le complotisme, c’est toujours amusant, parce qu’à défaut de vraiment expliquer une situation, ça donne au moins une vision poétique et exaltante de la réalité. Qui parfois se révèle quand même un peu troublante. Prenons le groupe de Bilderberg. C’est un groupe d’influence réunissant des personnalités politiques, groupe relativement discret, qui se réunit régulièrement – sans aucun mandat ni aucune légitimité d’aucune sorte, cela va de soi. Il existe depuis les années 50 et possède aujourd’hui un site tout ce qu’il y a d’officiel. Sauf qu’il y a 20 ans, personne ne savait ce que c’était, et que même en 2009 Yves Calvi, journaliste de son état, a curieusement joué les naïfs quand quelqu’un lui a posé la question. Tiens donc. Le groupe Bilderberg, il se trouve que j’en avais, moi, pauvre clampin, entendu parler. Un peu par hasard il est vrai : j’étais tombé en 1999 sur un exemplaire de New Dawn Magazine, sorte de tabloïd australien totalement conspirationniste, dans lequel on trouvait des articles sur le mind control, sur les extra-terrestre, la théorie de la terre creuse et, curieusement, le Bilderberg. Donc ce qui en 1999 était un délire conspirationniste new age est aujourd’hui un fait avéré, website à l’appui. Et d’ailleurs, un ministre en exercice, à savoir Manuel Valls, a admis y avoir participé en 2008.  Donc méfions-nous des théories conspirationnistes : certaines finissent par se révéler moins délirantes que ce qu’on croit. Ceci dit, pour la terre creuse, je pense que nous avons de la marge.

Deux analyses

Une entrevue inquiétante avec un officier de renseignement russe – j’ignore quelle est la fiabilité de cette interview, qui a un côté un peu bourrin par moment (mais après tout, c’est un Russe…), mais elle reste intéressante, et nous mène d’ailleurs tout droit à Houellebecq.

Entretien au sujet des attentats parisiens

À mettre en parallèle avec cette interview du général Tauzin sur TV Libertés. Discours intéressant d’un homme qui ne mâche pas ses mots. Petit bémol : il semble vouloir se lancer en politique, je pense qu’il n’a strictement aucune chance, à la fois pour les raisons évidentes qu’on sait (le système est verrouillé) et parce que cet homme me paraît un peu trop naïf dans son approche : la vérité ne triomphe pas du simple fait qu’elle est vraie. Et enfin, un type qui fait confiance à Camel Bechik n’est vraiment pas malin.

 

Interlude

Je ne regarde jamais la télévision. Je m’en suis débarrassé il y a longtemps déjà. Pourtant, j’ai pu apercevoir chez des amis le « Grand Journal ». J’ai été complètement effaré par le niveau de parisianisme bien-pensant, de boboïtude déconnectée de la réalité. Il y avait deux gonzesses à frange, un duo musical à ce que j’ai compris, qui venait chanter une chanson insupportable. C’était tout simplement mauvais. Et on a eu droit au sermon selon lequel il fallait bien sûr continuer à aller boire des verres en terrasse (même l’hiver ? il fait froid là !!), s’embrasser et bien sûr aller aux concerts. Rapport aux méchants terroristes, rappelez-vous.  Le tout sur le ton du snobisme branché parisiano-parisien le plus hérissant qui soit. Un peu plus tard, c’est le « Petit Journal » qui a suivi. Un type à tête de fouine, au sourire faux et désinvolte, recevait Manu-la-tremblotte, premier ministre de son état. Il lui a demandé s’il s’était déjà « bourré la gueule ». Le Blancos lui a répondu qu’il lui fallait rester lucide en toutes occasions, alors, non, il ne se bourrait pas la gueule. Effarement de voir un ministre venir se commettre dans une émission dont le projet même est de tout rendre dérisoire et inutile. Et là, forcément, je me suis demandé si j’avais vraiment envie qu’on sauve ce « mode de vie » des griffes de Daech. Je n’ai aucune affinité avec les terroristes islamiques. Mais on peut comprendre leur désir d’en finir par la violence avec un monde aussi délirant de connerie. Ils nous soumettent à un test. Ils nous posent une ultime question : qui sommes-nous vraiment ? Qu’est-ce que nous voulons préserver ? Sommes-nous encore vivants ? Le terrorisme islamiste, c’est le détecteur de mensonges que nous ne pouvons pas tromper.

Les 30 deniers de Judas

Pauvres de vous, morts du vendredi 13 ! Vos vies ont été jetées dans la balance, et elle a tout juste tremblé. Elle a tremblé comme tremblait un président dépassé lors de son annonce à l’issue du drame, qui se demandait probablement comment il allait réussir à se sortir de ce guêpier sans y laisser trop de plumes. Car vos vies voyez-vous, et les nôtres par la même occasion, valent bien peu. Bien peu au regard des minables carrières d’apparatchiks satisfaits que nos politiciens professionnels veulent sauvegarder à tout prix. À tout prix, vraiment. Il a fallu quatre jours pour que, mollement, timidement, du bout des lèvres, l’individu qui pose au chef de la nation prononce le nom de l’ennemi. Voila un homme qui a peur des mots, peur de froisser une partie de sa clientèle électorale qui lui assure les quelques points marginaux qui peut-être l’ont fait élire. Peur encore et surtout de mécontenter ses amis Qataris et Saoudiens, dont la bourse lui est ouverte. Les voila, les 30 deniers de Judas, mais ceux qui en profitent n’iront pas se pendre dans la lueur blême d’un petit matin de novembre.

Rien ne vaut leur carrière, et surtout pas vos vies, pauvres morts, vous qui pourtant, si j’en juge par vos occupations professionnelles, aviez de fortes chance d’être pour la plupart d’entre vous des soutiens électoraux de ce gouvernement qui n’a pas su vous protéger. Alors les voila qui une fois de plus se payent de mots, font de grands discours, et aussi font enfin faire aux flics le job pour lequel ils sont payés – preuve, comme je l’ai toujours soutenu, que la police française n’a rien d’inefficace, bien au contraire, et qu’il suffit de lui donner les ordres qu’il faut pour obtenir des résultats en un rien de temps. Et personne ne me fera croire que c’est en trois jours qu’ils ont réuni les informations pour frapper ainsi. Ils savaient, mais avaient les mains liées par les Taubira et les Cazeneuve, toujours trop occupés à brosser les voyous et les criminels dans le sens du poil. Et pour ajouter à l’infamie, voila qu’on apprend que le gesticulateur en chef, le pantin congestionné et furieux qui nous sert de premier ministre, aurait préféré refuser une liste de terroristes plutôt que de s’entendre avec Bachar El Assad. Si cela était avéré, croyez-vous que l’individu songerait un seul instant à démissionner ?

Mais non, ils continuent à nous servir la même soupe rance de l’unité nationale, du padamalgame et de la lutte contre l’islamophobie pour préserver leurs intérêts et leurs postes, histoire que nous défilions tous comme des moutons derrière eux, en attendant la prochaine salve, qui, j’en prend le triste pari, ne se fera pas trop attendre. Et en face, l’inénarrable Juppé qui admet qu’il y a peut-être un risque que certains migrants soient des terroristes. Quel courage ! Quel engagement ! 132 morts, ce n’est visiblement pas assez. On aimerait savoir à partir de combien le risque est certain.

Plus que jamais, ce régime et les hommes qui l’incarnent me dégoûte profondément. Aucun courage. Aucune responsabilité. Une bande de politiciens minables accrochés à leur idéologie suicidaire. Ils nous mènent à l’abîme depuis trop longtemps. Les terroristes doivent nous inspirer de la colère. Aux politiciens, nous ne pouvons vouer que défiance, haine et mépris.

Comme un poisson dans l’eau

Mao Tse Toung, qui en connaissait un rayon sur la façon de mettre des gens au pas et de faire des massacres à grande échelle, a eu cet éclair de génie : « Le révolutionnaire doit être dans la population comme un poisson dans l’eau. » Il en va exactement de même pour le musulman extrémiste, et c’est bien le problème.

À chaque attentat, on entend ici et là des voix s’élever pour demander que les musulmans fassent le ménage dans leurs rangs. Certains appelle à un meilleur encadrement de l’islam ou demandent un vrai effort d’intégration – comme par exemple engager des musulmans à la RATP j’imagine… Tout ceci n’est que fadaises, voeux pieux et aveuglement. Le problème de l’islam, c’est malheureusement l’islam.

Qu’on ne se méprenne pas : il y a de nombreux musulmans sympathiques, honnêtes et travailleurs qui sont probablement aussi horrifiés que nous pouvons l’être par la tuerie de vendredi. J’ai personnellement connu un musulman qui, au lendemain de l’égorgement du français Hervé Gourdel en Algérie, était spontanément venu me dire combien il était choqué par des gens qui faisait des choses pareilles « au nom de la religion ».  Je n’avais pas engagé la conversation sur ce terrain, c’est lui qui avait ressenti le besoin de venir parler de ce qui certainement lui pesait. Car voyez-vous, de nombreux musulmans en France sont sincèrement attachés à leur religion et n’ont aucunement l’intention de nous égorger. Ils souhaitent vivre tranquillement et en paix, je n’en doute pas un instant. Hélas, trois fois hélas, les choses ne se passent pas comme ça. Bien malgré eux, à leur corps défendant, tous ces musulmans permettent et cautionnent par leur simple présence l’existence des extrémistes qui, eux, veulent nous tuer et ne se privent pas de le faire quand l’occasion se présente. C’est bien triste, mais les masses musulmanes d’Europe sont l’eau dans laquelle évolue le poisson terroriste.

Notons d’ailleurs que si les musulmans devaient se désolidariser franchement des terroristes, ce serait déjà fait depuis longtemps, car malheureusement, les occasions n’ont pas manquées, surtout cette année. Et très honnêtement, je ne crois pas que cela arrivera un jour. Nous avons un problème colossal, et les solutions pour le résoudre semblent hors de notre portée pour l’instant. Ne croyez pas que le temps suffira à l’affaire. Voyez seulement les 30 dernières années qui ont vu les choses empirer dans des proportions catastrophiques. Certes, 30 années sont peu au regard de l’histoire, et après tout, il est possible que tout finisse par bien se passer dans une centaine d’années. Mais nous ne vivons pas dans cent ans, nous vivons maintenant.

Infantilisme

« Même pas peur » : la dernière fois que j’ai entendu ça, j’étais à l’école primaire. C’est un slogan de cour de récréation. Un truc de gamin. Il est effrayant de voir que même dans des circonstances aussi terribles, l’infantilisme festif de la non-politique contemporaine prenne le dessus. Ce slogan, c’est celui de gens qui ne sont pas prêts à faire face à quoi que ce soit. D’ailleurs, ils ont peur. Ils sont terrorisés, même : quelques pétards, et voila une foule qui fuit en désordre, provoquant au passage de nouveaux blessés. Je ne leur en veux pas : il y a de quoi avoir peur. Parce que voyez-vous, le but des criminels qui ont attaqué vendredi, ce n’est pas uniquement de nous « faire peur ». Si c’était le cas, ils se seraient contentés de tirer en l’air en mimant des égorgements. Leur but, c’est de nous tuer. S’ils le pouvaient, ils nous extermineraient jusqu’au dernier, et réduiraient nos femmes et nos enfants en esclaves sexuels. Parce que c’est EXACTEMENT CE QU’ILS FONT là où ils ont les mains libres.

J’aurais préféré qu’on leur dise « on ira vous buter jusque dans les chiottes ». Mais dans la France des bobos socialistes, tout doit toujours être sympa, festif, et surtout, mais alors surtout pas « -phobe ».

Ironie du sort, même le groupe Eagles of Death Metal représentait cet esprit du festif et du dérisoire, pour lequel rien n’est important et tout peut être pris au second degré. Ils n’ont rien à voir avec le death metal, et se sont au départ appelé Eagles of Death. Et puis ils ont trouvé marrant et ironique de rajouter « metal » à la fin. De l’humour quoi. D’ailleurs, ils n’avaient rien d’aigles, et ne souhaiter tuer personne. Eagles of Death, c’est plutôt un surnom pour escadrille américaine durant la guerre du Pacifique.

En face, il y avait des types pour qui l’égorgement et l’exécution sommaire n’avait rien d’un trait d’humour ironique et décalé. On a bien vu qui a gagné. Pas ceux qui avaient des têtes de mort tatouées sur les bras. La mort, finalement, c’est un truc sérieux.