Un peuple malade ?

J’ai entendu maintes et maintes fois parler de l’Allemagne comme d’une nation malade, comme le pays d’un peuple névrosé et morbide qui précipitait comme malgré lui l’Europe dans la catastrophe chaque fois que cela lui était possible depuis son unité. Je pensais que cette hypothèse était issue de la très laide 3ème république et de son antigermanisme primaire. Je commence à douter un peu. Il y a bien quelque chose de morbide dans l’âme allemande.

Est-ce un vieux fond de paganisme germanique dont la mythologie est fondamentalement pessimiste, pour qui le monde finit dans le crépuscule des dieux ? Quoi qu’il en soit, l’Allemagne unifiée  n’a jamais vraiment réussi à ses voisins. La guerre de 70 a préparé celle de 14 qui fut la catastrophe qu’on sait. Non contente de ce ragnarok raté, l’Allemagne a retenté le coup en 40. Cette fois, c’était vraiment wagnérien et on a bien failli assister au gotterdamerung final. Les Allemands s’en sont finalement sorti, et ils ont beau avoir été vaincu dans les grandes largeurs, ça ne les a pas empêché de construire une économie tellement florissante qu’on a du mal à croire qu’ils ont perdu la guerre. Et voilà à peine plus de 15 ans qu’ils sont réunis, et déjà ils nous entraînent de nouveau dans le chaos. Ils n’ont manifestement pas eu le temps de le faire plus tôt, il fallait absorber l’ex-RDA avant, histoire d’être bien solide pour le prochain tour de manège.

Impossible d’expliquer autrement cette folie que d’inviter un million de migrants hostiles à entrer en Europe. La déstabilisation de pans entiers de la société était prévisible et inévitable, et pourtant les dirigeants allemands ont osé. Qu’est-ce qui a donc bien pu leur passer par la tête ? Quelle folie, quelle pulsion morbide les a poussé à une décision aussi calamiteuse ? La culpabilité post-nazie n’est certainement pas étrangère à cette dinguerie, mais elle semble être l’avatar contemporain d’un mal plus profond. Ce peuple est poussé à la destruction par quelque force élémentaire, quelque déchaînement romantique qui va puiser aux tréfonds d’un âme collective inquiète, d’un gouffre métaphysique sombre et désespéré. Les Allemands aiment l’excès, ils ne se domptent eux-même que grâce à une discipline rigoureuse qui finit toujours par craquer sous la force primitive qui veut jaillir à tout prix.

L’Allemagne, c’est une Mercedes qui roule à tombeau ouvert. Fâcheusement, nous sommes sur sa trajectoire. Avec une twingo. Boum.

Les remplaçants, éternels second couteaux

Rappelez-vous quand vous étiez encore à l’école, et qu’il fallait faire des équipes pour jouer au foot ou à quelque autre sport de balle. Comme s’il n’était pas suffisamment humiliant d’être choisi en dernier, on se retrouvait parfois dans la triste position du « remplaçant », cet individu jugé trop mauvais pour participer, mais qui pourrait éventuellement servir de bouche-trou en cas de défaillance d’un joueur plus doué. Un remplaçant, c’est un mec qui n’a pas le niveau. Qui ne fera jamais aussi bien que les types sélectionnés en priorité pour être sur le terrain. Les remplaçants, ce sont des second couteaux.

Il y a de quoi s’inquiéter quand on fait rentrer massivement des remplaçants dans le cadre du tristement bien nommé Grand Remplacement. Si encore nous nous faisions remplacer par des gens dont la culture, le niveau de civilisation et l’intelligence étaient incomparablement supérieurs. Nous l’aurions mauvaise, certes, mais au moins, on pourrait se dire qu’on bénéficie de quelques avantages matériels. Mais la vérité, c’est que nous sommes remplacés progressivement par des nuls. Des gens dont on ne cesse de nous vanter la richesse culturelle et humaine, mais qui n’ont montré jusqu’ici qu’une mentalité agressive et revancharde, portée par une religion rigide et cruelle, et dont rien ne permet de se dire qu’ils construiront jamais quelque chose de valable.

Où sont leurs réalisations passées ? Où sont leurs aqueducs, leurs Colisées, leurs cathédrales et leurs chateaux-forts ? Où sont leurs Homère, leurs Michel-Ange, leurs Shakespeare et leurs Dürer ? Où peut on voir à la fois la grave religiosité du Tintoret et le monde halluciné de Van Gogh ? Où sont leurs Mozart et leurs Bach ? Qui sont leurs savants ? On ne cesse de nous rabâcher toujours les deux mêmes noms d’Avicenne et d’Averroes, pénibles commentateurs d’Aristote ayant vécu il y a des siècles, alors que de la Grèce à aujourd’hui, les noms seuls de nos savant remplissent des encyclopédies. Quels sont leurs avancées techniques ? On chercherait en vain leurs barrages et leurs digues, leurs polders et leurs ports artificiels. Point de chemin de fer, d’autoroute, d’asphalte, de réseau électrique qui ne soit le fait des occidentaux. Ces remplaçants, héritiers d’une culture figée et rétrograde, ne peuvent s’enorgueillir de rien qui puisse se comparer à ce qui se trouve en occident. Même leurs ruines sont romaines !

Si encore seulement ils avaient apporté avec eux les réalisations d’une culture raffinée et complexe dont l’esthétique et le mystère avait pu séduire massivement. Mais non. Point de yoga ni d’arts martiaux qui ont pourtant conquis l’intérêt des masses occidentales. Point de philosophie élaborée et lointaine, ni Zen ni Tao. Point d’acupuncture non plus, dit le sage en riant. Ils n’ont amené avec eux aucune idole sympathique et amusante, aucun Ganesh, aucun Garuda. Ils n’ont construit aucune Grande Muraille, aucun Angkor, aucun Taj Mahal. Tout leur apport culturel se réduit à des kebabs et à des bars à chicha.

Si seulement ils renouvelaient la culture populaire ! Mais non. Là encore, ni Rolling Stones, ni Aznavour parmi eux. Tout juste quelques saltimbanques aux pitreries laborieuses et du mauvais rap haineux hypnotiquement modelé sur la sous-culture vulgaire et stupide des noirs américain. En moins bien.

Quel est donc notre mal pour que des médiocres prospèrent si facilement sur les terres de notre génie ? Comment une civilisation qui a construit Saint-Pierre de Rome peut-elle s’incliner devant une horde de païens crasseux dont le pèlerinage ultime consiste à tourner en rond autour d’un cube vide dans un mouvement frénétique avant d’aller jeter des cailloux sur trois stèles plantées dans le désert, idolâtrie brutale et simpliste s’il en est ?

Comment enfin pouvons-nous tolérer que certains de ces remplaçants paradent grossièrement jusqu’au coeur de nos institutions et nous fassent la leçon, eux dont tout l’héritage montre qu’à la minute où nous aurons disparu, ils replongeront dans l’obscurantisme et l’oppression ?

Nous sommes remplacés par des incapables, à qui il faut que nos élites traîtresses et hypocrites tiennent la main en permanence pour qu’ils s’installent à notre place. C’est infiniment, infiniment triste.

L’état d’urgence vise-t-il à empêcher une révolution ?

Une révolution, c’est le nom que donne les outsiders à une guerre civile qu’ils ont provoqué et fini par gagner.

Pour lancer et éventuellement réussir une révolution, il faut un peu plus que du mécontentement populaire, même massif et généralisé. Une révolution suppose qu’il y ait un groupe peu nombreux mais organisé, avec une vision claire et structurée de la société qui doit s’établir une fois l’ordre ancien renversé. Ce petit groupe de gens ne doit pas se contenter de posséder une doctrine et des principes, mais doit aussi être déterminé à agir – ce qui signifier prêt à verser autant de sang qu’il faudra pour arriver à ses fins. Il n’y a que les naïfs ou les menteurs comme Raphaël Glucksmann qui font semblant de croire qu’une révolution peut avoir lieu parce que des jeunes progressistes s’échangent des messages sur facebook et twitter. Il faut que ce groupe de personnes soit armé et financé, sans quoi leur révolution est vouée à être étouffée dans l’oeuf. Enfin, il faut que ce groupe puisse s’appuyer sur un nombre important, mais pas forcément majoritaire, de gens mécontents et réceptif à leur discours de changement simple et brutal. C’est dans cette masse de mécontents que les révolutionnaires vont recruter les troupes grâce auxquelles ils vont déchaîner le chaos.

C’est un peu ce qui s’est passé pour la révolution bolchévique, dont les instigateurs étaient au départ ultra-minoritaires. Mais ils avaient un plan, des soutiens financiers, ils étaient cruels et impitoyables, et pouvaient s’appuyer sur des masses mécontentes. La question est évidemment : qui aujourd’hui en France possède un authentique profil révolutionnaire ? La réponse est évidente : les musulmans. Réfléchissez bien à cela : la doctrine est prête, et ce depuis plus de 1000 ans. Le noyau dur est fanatique et sans pitié. Les armes sont là, les réseaux de financement sont riches. La masse des musulmans de France, qui représente au moins 8 millions d’individus, pour la plupart jeunes, fournit un terreau de mécontentement idéal, et dont les membres sont naturellement réceptifs aux discours frustes et aux appels à l’action de la frange la plus radicale, car celle-ci leur parle de ce qu’ils connaissent. S’il y a bien des mécontents prêts à déchaîner un processus révolutionnaire, ce sont les musulmans. Et il faut ajouter à cela les fameux migrants, dont le flux ne va pas se tarir de sitôt, et parmi lesquels peuvent se recruter non seulement des soldats mais aussi et surtout des cadres entraînés. C’est très, très inquiétant. D’autant plus que la population française n’est pas suffisamment armée, bien au contraire.

Certes, il n’est pas dit que ce processus s’enclenche, et c’est peut-être une évolution de type houellebecquien qui va se produire. Mais je risque une hypothèse. Si un clampin comme moi peut imaginer ce genre de scénario, des gens en haut lieu y ont certainement déjà pensé. Les socialistes ont toujours essayé de manipuler les musulmans, mais ils doivent forcément se rendre compte que c’est un jeu dangereux qui commence à tourner en leur défaveur – voyez par exemple le comportement des racailles récupérées en politique, comme à Mantes-la-Jolie. Les politiciens n’aiment pas perdre le pouvoir, et ils sont prêts à tout pour le conserver. Mon hypothèse est donc la suivante : Valls a compris que le danger de guerre civile, qu’il s’amuse à agiter pour discréditer le FN, vient en fait des musulmans qui sont plus difficiles à contrôler que ce qu’il pensait. Il lui faut donc maintenir l’état d’urgence, qui est bien pratique pour lutter rapidement et efficacement contre des révolutionnaires. Que ces révolutionnaires ne ressemblent pas au Che mais portent des barbes et des dejellabas ne change rien à l’affaire.

Nos forces armées, notre police, sont déjà débordées, et la situation est plutôt calme dans l’ensemble : les émeutes et autres troubles restent sporadiques, même si Calais donne un avant-goût plutôt inquiétant de ce que pourrait être une situation d’insurrection permanente.

Tout ceci n’est qu’une simple hypothèse, et je ne suis pas certain que la prolongation de l’état d’urgence soit la bonne réponse. Valls et le PS croient jouer aux plus fins, mais ça ne fonctionnera pas. Les révolutionnaires sont trop nombreux, le noyau dur se renouvellera toujours plus vite que les arrestations. Au mieux, on gagnera un peu de temps.

Enfin, je pense qu’on devrait faire confiance aux Français avant que de vouloir séduire ou manipuler les allogènes musulmans. Ce serait un meilleur pari. Mais la république se défie des Français, car elle a cessé de les défendre il y a bien longtemps et ne travaille qu’à sa propre survie sous forme d’une caste médiatico-politique soumise à l’UE.  Et soit dit en passant, quelle marque de confiance plus forte y a-t-il que d’autoriser les gens à s’armer ?

État d’urgence à vie

Dernièrement, le Blancos s’est un peu lâché. Selon lui, il faudrait maintenir l’état d’urgence jusqu’à ce qu’on soit débarrassé de daech… autant dire que ça peut durer indéfiniment. Juste pour rire, imaginez que Bush ait déclaré un état d’urgence jusqu’à la disparition d’al-qaeda. 15 ans plus tard, on y est encore. De son côté, Flamby s’est senti obligé de temporiser, mais on sent bien que tout cela va continuer, exactement sur le modèle de la politique telle qu’elle se pratique en France : des décisions dans l’urgence, au coup par coup, sans aucune vision d’avenir sinon les prochaines élections.

Les élections justement… je ne sais pas si l’état d’urgence est efficace contre le terrorisme, mais il pourrait être utilisé fort à propos pour, disons, influer gentiment sur un processus de campagne électorale. Surtout au cas où un vilain parti bleu marine commencerait à voir son électorat grossir plus vite que prévu suite au grand n’importe quoi du gouvernement en place. Les migrants et le terrorisme, ça ne joue pas vraiment en faveur du PS, et pas beaucoup plus pour son aile centriste connu sous le nom « Les Républicains » (c’est l’UMP, pour ceux qui n’ont pas suivi). Parce que Marine en tête du premier tour avec 35%, ça commence à devenir réaliste. Alors, tout doucement, une petite touche dictatoriale n’est pas de refus dans un régime où les partis dominants se réclament déjà du Bien, ce Bien prenant la forme creuse aux contours flous des « valeurs républicaines ».

Le problème de cet état d’urgence, c’est qu’il est parfaitement indolore pour la majorité des Français. On ne se fait pas contrôler dans la rue par des soldats en armes, les flics ne sont pas plus chiants que d’habitude (ce serait difficile, mais enfin…). Pas de check-points, de barrages, de chevaux de frise. Pas de couvre-feu. Même les rassemblements de foule, censés être interdits, sont complètements tolérés (enfin, pourvu qu’ils soient de gauche ou initiés par des voyous et des migrants en furie, bien sûr). Les voitures brûlent autant que d’habitude, et pour que les flics vous tuent, il faut quand même aller faire le guignol en hurlant des trucs hostiles devant un commissariat. Pas de quoi se sentir sous une dictature. Évidemment, si vous êtes dans le collimateur de la justice ou du pouvoir, ça peut vite devenir plus expéditif, mais tellement peu de gens sont concernés que les Français dans leur ensemble se fichent un peu de cet état d’urgence. Cela devrait pourtant nous inquiéter, car le pouvoir a les mains un peu trop libre, mais tant que nous n’avons pas le flingue sur la tempe, nous ne réagirons pas. C’est humain. Donc l’état d’urgence va continuer tranquillement, sans grande réaction, sinon celle de quelques avocats et autres habitués du droit.

Il y a de quoi s’inquiéter, parce que l’année à venir promet d’être assez sportive. Entre les arrivées massives de migrants qui vont s’intensifier, les difficultés économiques qui ne semblent pas sur la voie d’une inversion de la hausse de la baisse du contraire de je ne sais trop quoi, et l’écroulement progressif de l’UE, il va y avoir du boulot pour faire tenir tout le monde tranquille. Et surtout, les socialistes, gens qui se croient investis d’une mission – même s’ils ne savent pas trop laquelle – n’ont pas du tout l’intention de quitter le pouvoir aussi facilement, j’en suis persuadé. Ceux qui réclament « une bonne dictature » pour remettre de l’ordre dans le pays risquent d’être surpris : la dictature arrive, et ce n’est pas du tout celle qu’on croit.

Calais

J’ai vu Calais. Il faisait nuit, il pleuvait, et je ne suis pas sorti de l’autoroute, qui m’a mené directement au port. On peut embarquer à Calais sans rien voir de la ville, sans presque savoir qu’elle est là. Mais on ne peut manquer les barrières.

Les derniers kilomètres de l’autoroute qui se transforme en voie rapide pour se déverser dans le port sont encadrés de grillage. Un beau grillage blanc, tout neuf, qui s’étend des deux côtés, qui enferme la route. Ce n’est pas une simple barrière de métal, c’est une double clôture de plus de cinq mètres de hauteur, couronnées de barbelés, qui forme comme un no-man’s land de quelques mètres de large, une sorte de couloir entre les deux grillages. Dans cet espace, il n’y a rien. Au delà de la clôture, des réverbères éclairent vers l’extérieur, pour que personne ne puisse approcher à la faveur de la pénombre.  Ce long grillage possèdes des portes à intervalles régulier, devant lesquelles des camions de CRS veillent en permanence, gyrophares allumés. Si on n’était pas prévenu, on se dirait qu’on longe une zone militaire ultra-sensible. C’est le genre d’endroit qu’on imagine parfaitement dans un film de science-fiction apocalyptique. Un couloir de la peur qui empêche des hordes de zombies ou de mutants d’attaquer les vivants. Mais non, c’est à Calais. La jungle, je l’ai aperçue de loin, sous la pluie. Une vague étendue de bâches en plastique qui se perdaient dans la nuit, rien d’autre. Il n’y avait presque personne sur la route ce soir-là. L’ennemi est demeuré invisible. Nous avons pu aller au bout de cet étrange couloir sans menace ni peur.

On peut imaginer une sorte de futur hostile, divisé entre zones sécurisées et grillagées et un extérieur violent, agressif, dangereux. Un monde dans lequel les portions de territoires contrôlés seront de plus en plus ténues, un monde dans lequel tout ce qui ne sera pas sous étroit contrôle policier finira dans l’abandon et l’anarchie. Ce grillage, c’est notre mur d’Hadrien contre les barbares, c’est notre limes. Absurdité de la chose : l’édifice est dressé non plus aux confins de l’empire, mais au coeur même de notre territoire. Ce n’est pas une frontière : la division est déjà là.

De toutes façons, les murs contre les barbares n’ont jamais été vraiment efficaces. Ils finissent tôt ou tard par céder. La seule chose qui ait jamais fait reculer un envahisseur, c’est la détermination d’un peuple à ne pas se laisser faire. Alors les grillages de Calais et les quelques flics trempés qui patrouillent toutes la nuit, ça laisse comme un drôle de doute. Un jour aussi ce grillage finira rouillé et plein de trous.

 

34 kilomètres

34 kilomètres. C’est la distance minimale qui sépare la France de l’Angleterre.  C’est peu, même si ce sont 34 kilomètres de mer. Si peu que certains arrivent à le faire à la nage. Avec les courants, la distance réelle est un peu plus importante, mais il n’empêche : si un homme bien entraîné peut réussir, alors n’importe quelle petite embarcation à moteur suffit pour traverser la Manche. Alors forcément, on commence à se poser une drôle de question : comment se fait-il que des migrants qui ont réussit à parcourir des milliers de kilomètres à travers l’Europe, qui pour certains ont franchit la Méditerranée, sont incapables de traverser un petit bras de mer ?

À titre de comparaison, la distance la plus courte entre Lampedusa et le continent africain est d’environ 120 kilomètres au niveau de la Tunisie. Quatre fois plus. Je veux bien croire que les conditions climatiques et le trafic maritime soient autrement plus dangereux, mais il n’empêche : comment se fait-il que personne n’aient eu l’idée de fournir des embarcations aux migrants et d’organiser leur passage clandestinement ? Par temps clair, on voit l’objectif ! Et quand bien même ils se feraient prendre, ils ne risquent pas grand-chose. Les gardes-côtes anglais seraient probablement très vite saturés. De toute façon, ils ne couleraient pas les embarcations. Au pire, les migrants se retrouveraient à Calais une nouvelle fois. Alors je me pose la question. Et la réponse qui me vient à l’esprit, à titre d’hypothèse, c’est que les Anglais sont déterminés à ne laisser entrer aucun migrant sur leur territoire. Je ne serais même pas étonné de savoir qu’ils payent la France pour garder les migrants, exactement comme l’Europe payait Khadafi pour retenir l’immigration. Ce qui ferait de la France une sorte de nouvelle Libye, comparaison peu glorieuse s’il en est.

Les déclarations d’universitaires ou de politiciens ne manquent pas, en France, pour dire que l’Angleterre se comporte mal car elle refuse sa part de migrants, et que les contrôles anglais aux frontières se font sur le sol français. Je reconnais bien là un mélange de lâcheté, de connerie et de pleurnicherie typiquement français : on se plaint de ce que d’autres aient une détermination qui nous manque. L’Angleterre ne fait pas une politique favorable à la France ou aux migrants, elle fait ce qui lui semble bon pour elle, et tant pis si cela nous est nuisible. La conclusion, c’est une fois de plus que si on veut vraiment s’opposer à l’arrivée des migrants, on peut le faire. La France préfère garder les migrants plutôt que de créer une crise diplomatique avec l’Angleterre. Et de toute façon, quand bien même nous laisserions partir les migrants, les Anglais ne se gêneraient pas pour nous les renvoyer.

Alors la situation pourrit, lentement mais sûrement. Les politiciens français s’en foutent, ils ne vivent pas à Calais. Ni dans aucun endroit où on accueille les migrants. Ce ne sont pas eux qui subissent les dommages collatéraux de cette immigration illégale massive et trop souvent hostile. Un peu plus, et il va falloir former un gouvernement de la France libre à Londres. Si tant est que les Anglais ne le foute pas dehors ce coup-ci. Ils doivent en avoir un peu marre de toutes les conneries franco-allemandes, à force.

Rory Miller

Rory Miller est américain. Il a été correction officer, c’est à dire gardien de prison, pendant 17 ans. Il a également servi comme private contractor en Irak. Vous en apprendrez plus sur lui en allant voir son site, chirontraining. Je vous encourage vivement à lire ses livres, malheureusement uniquement disponibles en anglais. J’ai eu le privilège d’assister à un de ses séminaires il y a quelques semaines. Ce type vaut le détour. Quand il s’agit de violence, il sait de quoi il parle.

Je me suis longtemps intéressé à la violence, et aussi ce qu’on appelle la self-défense, et j’ai pratiqué un bon nombre de sports de combat. J’ai cherché ici et là, partout, des enseignements valables. Et à chaque fois, j’ai eu l’impression que quelque chose clochait, que quelque chose n’allait pas. Jusqu’à ce que je lise les livres de Rory Miller. Lui disait la vérité, et sa description de la violence réelle correspondait exactement à ce que j’avais pu expérimenter. Il a l’honnêteté de dire que dans certaines situations, sinon dans la plupart, l’entraînement ne sert à rien. C’est à la fois effrayant et rassurant. Effrayant, car il n’y a pas de solution miracle : une fois que la violence physique se déchaîne, on fait ce qu’on peut, et c’est tout. Et rassurant : il n’est pas besoin de s’entraîner des années durant pour faire face à la violence.

Ses livres parlent peu, voir pas du tout de « technique ». Rory Miller n’y croit tout simplement pas. Il parle de la réalité vécue, de la façon dont les situations de violence arrivent, se développent et finissent. Il parle de psychologie. Il parle de réalité.

Je ne peux tout résumer, mais vous trouverez dans ses livres un concept tout-à-fait essentiel, et qui est pourtant ignoré pas tous ceux qui prétendent parler de violence et de self-défense. Ce concept, c’est la distinction entre violence sociale et violence asociale. Entre combat et prédation. Faire la différence entre les deux, c’est déjà un grand pas. La violence sociale, c’est la bagarre qui se déclenche entre individus rivaux, pour des motifs clairement répertoriés, et qui d’ailleurs peut très mal finir. La violence asociale, c’est celle du criminel qui cherche une proie. Le criminel est un chasseur : il veut mettre tous les avantages de son côté, sa victime n’est rien d’autre qu’une ressource pour laquelle il n’éprouve aucune empathie. C’est l’un des aspects les plus difficiles à accepter : les criminels ne sont pas des gens comme vous et moi. Il y a des gens pour qui autrui n’est rien d’autre qu’une proie.

J’aime prendre l’exemple des loups pour illustrer cela. Quand deux loups se battent pour la supériorité sur la meute, l’un d’eux finit par abandonner. Il montre sa gorge en signe de soumission. Le vainqueur ne l’achève pas. La rivalité est vidée, les deux loups survivent. Quand les loups chassent un lièvre, ils se fichent bien que le lièvre se soumette ou non : tout ce qu’ils veulent, c’est le tuer pour le manger.

Peut-être en dirais-je plus sur Rory Miller et ses livres à l’avenir. En attendant, je vous conseille de lire Facing violence et Meditations on violence.

Et au fait : non, se tenir à une « distance de bras »  d’un violeur potentiel ne suffit pas.