Rory Miller

Rory Miller est américain. Il a été correction officer, c’est à dire gardien de prison, pendant 17 ans. Il a également servi comme private contractor en Irak. Vous en apprendrez plus sur lui en allant voir son site, chirontraining. Je vous encourage vivement à lire ses livres, malheureusement uniquement disponibles en anglais. J’ai eu le privilège d’assister à un de ses séminaires il y a quelques semaines. Ce type vaut le détour. Quand il s’agit de violence, il sait de quoi il parle.

Je me suis longtemps intéressé à la violence, et aussi ce qu’on appelle la self-défense, et j’ai pratiqué un bon nombre de sports de combat. J’ai cherché ici et là, partout, des enseignements valables. Et à chaque fois, j’ai eu l’impression que quelque chose clochait, que quelque chose n’allait pas. Jusqu’à ce que je lise les livres de Rory Miller. Lui disait la vérité, et sa description de la violence réelle correspondait exactement à ce que j’avais pu expérimenter. Il a l’honnêteté de dire que dans certaines situations, sinon dans la plupart, l’entraînement ne sert à rien. C’est à la fois effrayant et rassurant. Effrayant, car il n’y a pas de solution miracle : une fois que la violence physique se déchaîne, on fait ce qu’on peut, et c’est tout. Et rassurant : il n’est pas besoin de s’entraîner des années durant pour faire face à la violence.

Ses livres parlent peu, voir pas du tout de « technique ». Rory Miller n’y croit tout simplement pas. Il parle de la réalité vécue, de la façon dont les situations de violence arrivent, se développent et finissent. Il parle de psychologie. Il parle de réalité.

Je ne peux tout résumer, mais vous trouverez dans ses livres un concept tout-à-fait essentiel, et qui est pourtant ignoré pas tous ceux qui prétendent parler de violence et de self-défense. Ce concept, c’est la distinction entre violence sociale et violence asociale. Entre combat et prédation. Faire la différence entre les deux, c’est déjà un grand pas. La violence sociale, c’est la bagarre qui se déclenche entre individus rivaux, pour des motifs clairement répertoriés, et qui d’ailleurs peut très mal finir. La violence asociale, c’est celle du criminel qui cherche une proie. Le criminel est un chasseur : il veut mettre tous les avantages de son côté, sa victime n’est rien d’autre qu’une ressource pour laquelle il n’éprouve aucune empathie. C’est l’un des aspects les plus difficiles à accepter : les criminels ne sont pas des gens comme vous et moi. Il y a des gens pour qui autrui n’est rien d’autre qu’une proie.

J’aime prendre l’exemple des loups pour illustrer cela. Quand deux loups se battent pour la supériorité sur la meute, l’un d’eux finit par abandonner. Il montre sa gorge en signe de soumission. Le vainqueur ne l’achève pas. La rivalité est vidée, les deux loups survivent. Quand les loups chassent un lièvre, ils se fichent bien que le lièvre se soumette ou non : tout ce qu’ils veulent, c’est le tuer pour le manger.

Peut-être en dirais-je plus sur Rory Miller et ses livres à l’avenir. En attendant, je vous conseille de lire Facing violence et Meditations on violence.

Et au fait : non, se tenir à une « distance de bras »  d’un violeur potentiel ne suffit pas.

 

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3 commentaires pour Rory Miller

  1. kobus van cleef dit :

    Ça me rassure
    J’ai jamais été très assidu à la salle de sport

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  2. Popeye dit :

    une distance de bras, plus 2 à 6 pouces (pour le canon du revolver…)

    Il y a un aphorisme avec Dieu, Samuel Colt et une histoire d’hommes égaux, je ne sais plus trop…

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    • « Dieu a fait des hommes grands et des hommes petits, Samuel Colt les a rendu égaux. »
      En réalité, une distance de bras est très insuffisante en cas d’agression. La police US, toujours très pragmatique, considère que même un flic armé est vulnérable face à un individu tenant un couteau à moins de 7 mètres : c’est la 21-feet rule.

      Évidemment, nous ne pouvons tous nous tenir à 7 mètres les uns des autres, mais il y a aussi le problème de la « bulle d’intimité » : de face, la distance minimale socialement acceptable est d’environ un mètre, alors que sur les côté, nous acceptons sans problème la présence d’un inconnu à quelques centimètres.
      Le problème, ce n’est évidemment pas la distance que doivent garder les femmes, c’est l’incompatibilité entre notre culture et celle de ces demi-sauvages incapables de contrôler leurs pulsions sans un cadre culturel hyper-répressif.

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