On se fait plaisir, c’est dimanche

Pour une fois, je vais un peu me faire plaisir sur le dos des acteurs. Ça ne coûte pas cher et ça détend. C’est Philippe Torreton et son chouinement contre le nouveau gouvernement (rires) qui m’a fait penser à tout ça.

Le problème des comédiens et autres célébrités, c’est qu’on les voit partout et que leur notoriété leur tient lieu de compétence. Ils s’autorisent à donner leur avis sur tout et n’importe quoi et le bon populo, rivé à son écran de télé, les prend au mot. Les comédiens sont des gens dangereux car ils sont très écoutés et bénéficient généralement d’un fort capital sympathie, dans la mesure où ils ne sont connus que pour des rôles justement créés pour recueillir l’adhésion du public. Ce que nous connaissons de tel ou tel comédien, ce n’est pas sa personnalité, mais celle des personnages qu’il a incarné.

Il se trouve que je connais bien le profil psychologique des comédiens car j’en ai fréquenté un grand nombre. Le comédien est en général une personnalité narcissique et instable qui recèle une fêlure existentielle. Hypersensible, toujours en représentation, le comédien a souvent une personnalité assez vide, condition nécessaire de sont métier qui est d’être le réceptacle d’émotions et de désir projetés sur lui par le public. Le comédien ne peut vivre que s’il est admiré par les autres, d’où une tendance quasi-pathologique à se faire remarquer, à occuper l’espace, ou au contraire à s’enfermer dans un mépris souverain pour le commun des mortels. Sujet à des caprices, le comédien ne peut exister s’il n’est pas au centre de l’attention. Il est naturellement manipulateur, corollaire de son égoïsme fondamental.

Notez bien que tous ces défauts sont nécessaire à sa profession. Le comédien manipule ses émotions, il est son propre instrument de travail. Il doit être émotionnellement plastique, d’une grande sensibilité. Ce qui fait son talent le rend insupportable au quotidien. Le comédien n’a pas besoin d’être intelligent, et la plupart d’entre eux ne le sont pas. Leur matériau de travail, c’est l’émotion, pas l’intelligence. Ils sont pour la plupart complètement incompétents sur tous les sujets qui touchent à la politique ou à la société pour la simple et bonne raison qu’ils vivent dans une bulle protégée, du moins pour les plus riches d’entre eux. De toute façon, au fond, ils s’en foutent : il leur faut être du bon côté, faire bien : leur capital sympathie est leur fond de commerce. Dès lors, un comédien se range quasiment toujours du côté du pouvoir, du politiquement correct. Il n’a aucun intérêt à jouer les trublions, il ne prospère que grâce à la masse des gens qui l’admirent. Il doit donc favoriser la quantité sur la qualité.

Le comédien est donc de gauche car cela fait bien, car les médias, support naturel de sa profession, sont de gauche. Si demain il était payant d’être réac, le comédien le serait au-delà de toute mesure. Un comédien, lorsqu’il embrasse une cause qui nous est sympathique, est une bonne recrue car il donne du poids médiatique à ladite cause. C’est un porte-parole efficace, et c’est tout.

Comme je suis affreusement partial, je ne peux que me féliciter qu’il y ait des comédiens hyper-réac, du genre Alain Delon ou Clint Eastwood, et je leur fait crédit, toute honte bue, d’une grand lucidité.

Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous rappeler que les comédiens sont des menteurs professionnels. Quant aux comédiennes… c’est largement pire.

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Un commentaire pour On se fait plaisir, c’est dimanche

  1. Eric dit :

    Ce coté intrusif du schowbiz dans la sphère politique m’insupporte également. Et Philippe Torreton résume à lui seul les symptômes de ce mal. Quoiqu’il arrive, ils seront de toute façon de gauche. Même si ils boivent en privé les paroles de Marine Le Pen ou d’Alain Jupé.
    Il en va de l’image, et rien d’autre. Une sorte de « communautarisme corporatiste »…
    Ce pauvre Torreton aura de quoi s’égosiller d’indignation dans son engagement auprès du collectif « Une autre primaire à gauche » auquel il vient d’adhérer, et fera le bonheur de Caroline De Haas et des 2 pitres collectivistes qui en sont les initiateurs.
    (http://zone-critique.blogspot.fr/2016/02/les-neo-bouffons.html)
    Il ne s’y sentira pas seul. D’autres saltimbanques éclairés l’y on déjà rejoint, et d’autres suivront…

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