« On ne peut pas construire de murs… »

« On ne peut pas construire de murs car les gens passeront toujours par-desssus. » C’est l’argument, cent fois entendu, que me resservait encore dimanche une de mes connaissances à qui j’exposais ma position assez peu favorable aux migrants. Quand je lui demandais ce qu’il fallait faire, la réponse était elle aussi convenue : l’Europe devait s’en occuper. L’Europe, toujours bien pratique, suffisamment réelle pour être invoquée, mais suffisamment abstraite pour qu’on ne s’encombre pas de détails pratiques. Je fis remarquer au brave gars qui me tenait ces propos que la réalité des migrants, c’était des masses de ploucs crasseux installés à même la rue, et je lui demandais s’il voulait de ça juste en bas de chez lui. Évidemment, mon interlocuteur repartit en boucle sur l’Europe et sur l’impossibilité de construire des murs. Il faut dire qu’en tant qu’Espagnol, ce brave homme n’avait peut-être pas eu l’occasion de saisir toute la mesure de ce qu’un débarquement massif de pouilleux pouvait occasionner.

L’argument selon lequel les murs sont inutiles car ils ne sont pas efficaces à 100% est évidemment un sommet de lâcheté et d’hypocrisie. Il n’y a dans le monde strictement rien qui donne 100% de satisfaction, et à ma connaissance, seule la mort possède un tel taux de fiabilité. Avec ce genre de raisonnement, pourquoi alors interdire le meurtre et le viol, puisqu’il y aura toujours des gens pour en commettre ? Au contraire, une solution plus efficace serait-elle pour autant plus légitime ? La mitrailleuse lourde ou le bombardement chimique sont-ils plus acceptables que les murs au regard de ce qu’ils sont plus dissuasifs ? D’ailleurs, bien que je ne doute pas que l’emploi de la force la plus brutale soit le meilleur moyen d’empêcher les migrants de s’introduire en Europe, je ne peux me résoudre à prôner cette solution car je ne crois pas avoir le cran nécessaire pour perpétrer personnellement et directement les massacres que cela impliquerait, et que mon éthique personnelle m’empêche de demander à d’autres de se salir les mains pour que je puisse regarder de côté et faire semblant de rien.

Non, les murs ne dissuadent pas tout le monde, mais ils ont l’avantage de réduire significativement le passage. Mais ils ne sont pas suffisants. Ce qu’il faudrait, c’est faire en sorte que les migrants n’aient droit à rien et le sache. Il faudrait qu’ils sachent qu’en arrivant, il n’y aura rien pour eux, ni travail, ni asile, ni bouteille d’eau gratuite, ni hébergement. Rien du tout. Et qu’ils seront expulsés. Et il faudrait aussi poursuivre en justice les individus et associations qui leur prêtent main-forte, car après tout, même si l’intention est généreuse, ils ne font jamais qu’aider des gens à enfreindre la loi. Mais évidemment, dans un pays où le ministre de l’intérieur en personne vient féliciter des individus entrés illégalement sur le territoire, tout cela n’est qu’un songe idiot.

Qu’on ne vienne pas me raconter que cela est impossible. Les richissimes pays du golfe ont fermé leurs portes aux migrants, avec un succès proche de 100%. Évidemment, les conceptions morales des ces pays en font des destinations assez peu attractives pour les réfugiés, vrais ou faux. S’ils ne se trouvaient pas repoussés manu militari à la frontière et réussissaient à entrer dans lesdits pays, il y a fort à parier qu’ils seraient rançonnés, volés, humiliés, violés ou jetés en prison. Certains seraient probablement même réduits en esclavage, et les plus chanceux finiraient expulsés ou enfermés au sein de camp dans lesquelles pénétrerait une fois pas moi une ONG occidentale pour s’assurer que les conditions n’empirent pas à une vitesse trop proche de l’exponentielle.

Ah, j’oubliais. Quelle importance de savoir comment on dissuade des gens de venir, après tout ? Les migrants ne sont pas des réfugiés, ce sont des gens qui sont envoyés volontairement en Europe par des pays et des entités hostiles. Tout est organisé. La preuve ? Erdogan vient de nous rançonner copieusement pour retenir un peu les migrants. Comme quoi, s’il voulait faire le boulot, la situation serait vite réglée. Et bien sûr, nos dirigeants ont mis genou à terre. Alors, dans ces circonstances, effectivement, les murs ne sont pas très utiles.

 

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3 commentaires pour « On ne peut pas construire de murs… »

  1. Le Zebre dit :

    Erdogan sort incroyablement gagnant de la situation actuelle. Non seulement, il ne nous ranconne plus 3 mais 6 milliards€, l’Europe entiere lui leche le cul, son fils se fait des couilles en or en trafiquant le petrole de daesh, il peut dorenavant exiger l’acceleration du processus d’adhesion de la Turquie a l’UE et surtout il detient une veritable arme de destructions massive qui pourrait faire vaciller l’Europe entiere: une invasions civile.

    Pour couronner le tout, il peut continuer a massacrer ses kurdes et a restreindre les libertes publiques dans son pays. Plus personne desormais ne lui en portera grief.

    Gagnant sur toute la ligne le cochon.

    Et nous pauvres cons, on va sans doute devoir s’endetter pour faire de la Turquie une zone tampon.

    Merci qui ? Merci merkel

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  2. kobus van cleef dit :

    tiens à 11 heures aujourd’hui sur france cul , à l’esprit public, dimanche 10 avril 2016, le boss de l’OFPRA , l’office vronzais de protection des réfugiés et apatrides

    très instructif

    personne ( bourlanges, bujeon de l’étang , niesotto ) n’a posé les questions qui fâchent , à savoir
    1) a-t-on consulté les citoyens?
    2) qui va payer ?

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