Leçon d’antiterrorisme

Vu que je suis bien planqué derrière mon clavier et que je ne risque pas de devoir mettre la main à la pâte, je vais me payer le luxe de donner une petite leçon d’antiterrorisme.

Pour lutter efficacement contre le terrorisme en général, et musulman en particulier, on connaît la solution. C’est assez simple. Il faut un peu d’organisation, une paire de couilles et un livre sur la guerre d’Algérie. Le livre sert de manuel, il suffit de l’ouvrir au chapitre consacré à la bataille d’Alger.

Les terroristes se cachaient dans la Casbah, quartier d’Alger où ils pouvaient se fondre physiquement dans la population qui leur ressemblait en tous points. Cette population était au mieux apeurée et attentiste, au pire consentante et sournoise. Quoi qu’il en soit, on n’en voyait jamais aucun membre désapprouver publiquement les agissements des terroristes. Ça vous rappelle quelque chose ?  Bon. On a confié aux paras la tâche de traiter le problème, vite et bien. Ils ont numéroté les quartiers et les maisons, et désigné des responsables pour chaque quartier qui devaient les informer. Cette méthode a été utilisée dans plusieurs autres endroits, villes ou villages. Bien souvent, il a suffit d’arrêter un ou deux gars qui se faisaient remarquer. Ce n’est jamais ce qui manque. Ensuite, on interroge le gars en question, qui finit TOUJOURS par parler (1). Ceux qui ne parlent pas, ce sont ceux qui n’ont rien à dire. Le gars donne des noms, des adresses. On monte une opération, on prend d’autres gars, et on recommence. En 6 mois, le problème des attentats est réglé.

Évidemment, tout ça implique de sérieuses entorses à la « légalité » et aux « droits de l’homme ». Tout ça implique de la gégène, du waterboarding (qui ne s’appelait pas comme ça à l’époque, mais qui marchait très bien quand même) et ultimement des corvées de bois. Ça n’est pas joli. C’est même une belle saloperie, mais il faut savoir ce qu’on veut. On peut choisir de se faire des câlins (merci au Zèbre pour le lien) ou de se salir les mains. Le résultat ne sera pas le même.

Nous avons les livres, nous avons l’organisation nécessaire. Ce qui manque…

(1) J’entends déjà les objections. La torture (ben oui, c’est de ça qu’on parle), ça ne marche pas. Désolé, mais la torture, ça fonctionne très bien. C’est horrible, il vaut mieux éviter, mais dans l’urgence, quand on est en guerre, c’est ce qu’on fait. Il ne faut pas raconter n’importe quoi non plus : la torture fonctionne quand il s’agit de recueillir un renseignement exploitable et vérifiable à court ou moyen terme. Pas convaincu ? Imaginez qu’un type vous séquestre et vous torture pour obtenir votre code de carte bancaire. Vous allez le lui donner, parce que si vous mentez et qu’il descend au distributeur, il va revenir furax pour un autre tour de manège, et c’est la dernière chose que vous voulez voir arriver. Si c’est pour obtenir des aveux, la torture est stupide, inutile et cruelle : n’importe qui avouera avoir personnellement mis le feu à Rome sous  Néron ou je ne sais quelle baliverne juste pour qu’on arrête de le faire souffrir. Invérifiable, « l’information » ne satisfait que les fantasmes du tortionnaire.
Bien sûr, on me fera remarquer à juste titre que malgré l’efficacité de l’armée française durant la bataille d’Alger, nous avons en définitive abandonné l’Algérie. En effet, et c’est logique : supprimer les terroristes ne suffisait pas, car le vrai problème était l’impossible cohabitation de deux populations hétérogènes qui ne souhaitaient pas vraiment vivre ensemble. Ici aussi, ça devrait vous rappeler quelque chose. Le deuxième volet du problème a été résolu également par la violence, et ce au profit de la population majoritaire, emmené par une fraction numériquement faible mais très déterminée.
Enfin, hypothèse personnelle, qui vaut ce qu’elle vaut : il est possible que les succès de l’armée française dans la lutte antiterroriste aient été au-delà de ce qu’espéraient les politiques. Peut-être les hommes politiques de l’époque tablaient-ils sur le fait que la répression serait suffisamment efficace pour rassurer temporairement la population européenne d’Algérie, mais que cette population comprendrait d’elle-même qu’il fallait mettre les voiles. Ça évitait aux politiques de prendre leurs responsabilités dans les drames inévitables que génèrent des déplacements de population de cette ampleur. La suite, on la connaît : louvoiements de de Gaulle qui finit par être franchement obligé de larguer l’Algérie après avoir fait croire aux européens que rester était possible. Massacres, horreurs etc…

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3 commentaires pour Leçon d’antiterrorisme

  1. Popeye dit :

    Un complément utile, quoi qu’un peu romancé : « le bouclage » de Volkoff.

    Ce qui manque? La volonté. Et la volonté depuis très très longtemps. Donc on risque aussi de manquer de bras formés et motivés.
    La bataille d’Alger a immobilisé deux divisions para complètes à l’époque.

    L’armée de terre, de nos jours, c’est tout compris à peine 100 000 hommes (moins que sous Louis XV….on est bien barré, hein?)

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  2. Louis XV… putain, n’allez pas en parler au gouvernement actuels, ils croient tous que c’est juste un style de meuble.

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    • kobus van cleef dit :

      ouais…..si on était gouverné par des gens d’un peu de culture, ça se saurait

      au lieu de ça , la ministre du chômage ignore le pluriel de journal, les greluses de la gouvernature emploient des expressions scatologiques et le gauleiter de la petite province émaille ses discours de « heu » , ne rendant ainsi pas justice à son éducation ( lorsque mes oncles étaient gosses, on apprenait AUSSI la rhétorique et l’art de la scansion ….mon père , lui , a été élevé à l’école sans dieu )

      ha , je me trompe

      ils ont retenu quelques trucs des études classiques

      la maîtrise de la plèbe
      par la manne publique….sauf que maintenant , la sportule arrive directement dans la boîte à lettres et les victuailles de l’annone sont virées directement sur les comptes en banque ( peut on imaginer la plèbe de l’empire romain finissant posséder des comptes en banque ? apparemment oui )

      mais sont ce réellement des résidus des études classiques ou bien un genre de tutoriel dispensé à l’issue des études de zienzes politrouks?
      sur le mode « élève macheprot ! tu as réussi ton concours de néarque ! voici donc ton ordre de mission, ta bagnole avec chauffeur et ton livret de management de la chiourme …..démerde toi pour pas faire de rouz ! bonne route et bon vent ! »

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