Thanks, but no thanks

Homme de peu de foi que je fais ! J’avoue que je n’y croyais pas vraiment, mais les Britanniques sont des gens plus coriaces que ce que j’imaginais. Ils ont osé dire à l’UE que, thanks, but no thanks, ils préféraient finalement se débrouiller tout seul. Cela s’est joué à peu de choses, mais le résultat est là, et rien que pour voir toute la caste politico-médiatique faire une tronche de six pieds de long, ça valait le coup.

Passé cette joie mesquine, il faut bien reconnaître que la sortie de l’UE n’est pas une baguette magique : tous les problèmes du Royaume-Uni ne seront pas résolus du jour au lendemain. C’est même parce que le Royaume-Uni est confronté à moins de difficultés économiques que d’autres pays de l’UE qu’il peut se permettre de sortir, malgré les inévitables manoeuvres revanchardes qui ne manqueront pas de suivre, et qui sont d’ailleurs appelées à grands cris par la caste dominante, notamment en France, afin de « faire un exemple ». Un peu comme quand des proxénètes albanais tabassent copieusement une pute qui a essayé de se faire la belle pour que les autres comprennent bien qu’elles sont là pour turbiner sans broncher.

Nos proxénètes bruxellois et leurs affidés de la caste médiatico-politique essaient eux de nous faire croire que le Royaume-Uni est bien mal parti et qu’il va droit au naufrage à cause d’une bande d’abrutis et de ploucs qui n’ont rien compris à la grande, la magnifique UE. Manière de cacher leur trouille derrière le mépris. Comme si une construction technocratique âgée d’à peine 50 ans et qui n’a fait ses preuves dans strictement aucun domaine pouvait en remontrer à une nation vieille de plus de mille ans qui a conquis le monde et imposé sa langue à la quasi-totalité de la planète après avoir été le pilier de la révolution industrielle. Il faudrait rappeler aux Allemands que leurs récentes tentatives d’établir un empire ont foiré de façon colossale, et justement parce qu’ils se sont cassé les dents sur l’Angleterre. Je serais à la place de Merkel, j’ouvrirais un livre d’histoire et je commencerais à me poser des questions.

Merkel, d’ailleurs, a probablement été la meilleure propagandiste du brexit en faisant entrer des flots de migrants hostiles et non-vaccinés. Les Anglais ont dû se dire que tôt ou tard, ils finiraient par avoir leur part de cette invasion et qu’il valait mieux tout arrêter le plus rapidement possible – la situation migratoire n’étant déjà pas franchement idyllique chez eux. Étonnant d’ailleurs de voir que le « oui » à l’UE l’a emporté uniquement en Écosse et à Londres. Londres, ville dont 50% des habitants sont nés hors du Royaume-Uni, et pour qui l’Angleterre ne signifie rien d’autre qu’une opportunité économique. L’Écosse, elle, se voit déjà probablement libre, indépendante et riche du pétrole de la mer du nord. Je n’ai rien contre eux, mais les Écossais risquent de déchanter, l’UE et le pétrole n’étant en rien des garanties de bonne santé économique. Voyez la Grèce et le Vénézuela, par exemple…

Le fossé entre Londres et le reste de l’Angleterre est tout de même frappant. On aurait voulu faire un symbole qu’on n’aurait pas trouver mieux. C’en est presque caricatural. D’un côté, la ville mondialisée des traders, des bobos et de leurs soutiers venus de l’Europe de l’est faire les jobs de services basiques, le tout sur la planche à clous des extra-européens islamisés jusqu’à la moelle. De l’autre, les campagnes et les villes qui n’en finissent pas d’être des friches industrielles. Deux mondes qui n’ont presque plus rien à se dire. Une fois de plus, l’Angleterre est en avance sur le reste de l’Europe, mais ce qu’elle annonce n’est pas de très bon augure.

Il faut cependant se réjouir de cette victoire psychologique. L’UE, le plus froid des monstres froids qui se puissent imaginer, cette chose lointaine et nébuleuse à laquelle il semblait pourtant impossible d’échapper, l’UE a été mise en échec. Certes, le moloch va tout faire pour reprendre sa proie, et il se peut même qu’il y arrive. Mais les Anglais nous aurons une fois de plus montré qu’avec un peu de courage et un colonne vertébrale, on peut mettre en déroute le monstre. En juin 40, l’Allemagne semblait impossible à arrêter. La ténacité des Anglais a prouvé le contraire. Tout ne s’est pas fait en un jour, mais le monstre a plié. Face à l’UE, ce sera la même chose. Mais cela ne se fera pas sans mal, bien au contraire. Sans le Royaume-Uni, l’UE devient ce vers quoi elle tendait depuis un moment déjà : une chose allemande dans laquelle le rôle de la France sera surtout celui d’un paillasson. Le poids de l’Allemagne est mécaniquement alourdi par le brexit, et à terme, ses clients d’Europe centrale lui fournissent la base d’un empire dans lequel les pays marins seront toujours regardés avec suspicion. La géopolitique ne change pas du jour au lendemain. Déjà depuis Rome, les hordes continentales germaniques menaçaient les pays côtiers.

Il faut saluer l’esprit démocratique de l’Angleterre, et le fair-play de Cameron qui a assumé sa défaite. Il faut avoir confiance dans l’esprit de liberté qui anime les Anglais. Ils ont bien des défauts, mais ils ont ouvert la voie une fois encore. Et une fois encore, ce ne sont pas nos élites dirigeantes sur lesquelles il faudra compter, toutes inféodées qu’elles sont à la puissance dominante. Nous avons pourtant vu qu’une autre solution est possible. C’est un bel espoir de liberté. Ils vont tout faire pour nous empêcher d’y croire. Nous devons tenir bon. Européisme et remplacisme marchent main dans la main, Merkel nous l’a prouvé au-delà de toute mesure. Si l’UE tombe, le « déremplacement » devient possible. Grâce aux Anglais, nous pouvons entrevoir un autre futur.

Et honnêtement, vous faites plutôt confiance à la patrie des Rolling Stones et de Mr Bean ou à celle de Scorpions et de l’inspecteur Derrick ?

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4 commentaires pour Thanks, but no thanks

  1. kobus van cleef dit :

    derrick?
    un mot irlandais qui signifie « gibet » ( l’équivalent anglais étant « gallows » )
    mais dont l’acteur est Horst Tappert
    et lorsqu’on le prononce trop rapidement , ça donne « grosse tapette »…..ha ha ha …..je reste très infantile dans mes limericks….

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    • Ouais, mais attention, ne soyons pas trop dur avec Horst Tappert non plus, en 43, il envahissait la Russie à bord d’un char de la SS Totenkopf. À côté, le CV de Roger Hanin, ça fait un peu inspecteur narvallo.

      Aimé par 1 personne

      • Arnaud D dit :

        Il a d’ailleurs été blessé durant la bataille de Kharkov.
        «Harry, hol schon mal den panzer. Ach, nein, den wagen.»

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      • kobus van cleef dit :

        c’est vrai que le gros Roger, dit monsieur beau frère , ça fait un peu petit bras…..

        grosse tapette a aussi joué dans « le jour le plus long », c’est lui qui donne ses traits au pilote Hallemand qui survole les plages en monsieur-smith ( messerschmidt) en éructant de désespoir « c’est la plus belle action de guerre de cette journée! » , lorsqu’il se rend compte que les carottes sont cuites pour le Reich de mille ans

        à propos de Reich de mille ans, ça sent aussi la fin des haricots pour l’impérium continental….
        surtout pour ses sbires d’ailleurs

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