Encore un auteur qui me laisse perplexe

Je suis en train de lire Masse et Puissance, ouvrage considéré comme l’oeuvre majeure de Elias Canetti. J’avoue ne pas bien comprendre où il veut en venir. Je ne connaissais rien de lui sinon son nom, et je crois qu’il mérite bien le qualificatif d’intellectuel, au pire sens du mot. Son livre est celui d’un touche-à-tout sans véritable rigueur, qui n’est pas sans rappeler le cabotinage érudit d’un Umberto Ecco. Il est d’ailleurs amusant de voir que l’oeuvre la plus volumineuse de Canetti est son autobiographie. Je ne crois pas savoir qu’il ait marqué l’Histoire à ce point.

J’ai pour habitude de lire les livres jusqu’au bout, par respect pour le travail qu’ils ont coûté à leurs auteurs. Encore une fois, je vais tenter l’effort jusqu’au bout. Il est cependant probable que Canetti rejoigne Kafka, Zweig et Arendt au rayon des auteurs surfaits dont je revends les livres le plus vite possible.

Si quelqu’un peut m’expliquer ce qu’il y a de si génial chez Canetti, je suis tout ouïe.

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5 commentaires pour Encore un auteur qui me laisse perplexe

  1. Dictus/Victus dit :

    Je suis globalement d’accord avec votre chronique. Beaucoup d’auteurs surfaits dans la grande littérature européenne. Umberto Eco, trop divers, trop bibliothécaire dans l’âme. Les essais d’Arendt sont un peu datées et lourds. Quant à Kafka, je n’ai, comme vous, jamais réussi à comprendre la fascination pour son univers.

    Je mettrais à part dans votre billet Stefan Zweig, dont je vous conseille surtout les essais historiques et littéraires, notamment l’incroyable essai sur Kleist, Hölderlin et Nietzsche ainsi que « Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski ».
    Zweig est un grand Européen, capable de passionner autant les Latins que les Nordiques par sa plume, et un des continuateurs autrichiens de Nietzsche, avec Karl Kraus (la même capacité à percevoir la psychologie des grands hommes), doté en outre d’un talent de conteur que ne possédait pas à ce point le philosophe de Sils-Maria, illustré notamment dans ses biographies historiques (Fouché, Magellan, Montaigne).

    Je conçois par contre son oeuvre littéraire comme plus faible, un peu grand public, et plus réservé à un lectorat féminin, amateur de sentiments et de conflits familiaux ou psychologiques. C’est peut-être ce côté-là de l’oeuvre de Zweig qui vous a déçu.

    Cordialement,

    Bonnes fêtes !

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  2. Sarah dit :

    Très cher Paul,

    Tous mes compliments pour ces articles tant honnêtes que brillants.
    Le Procès de Kafka c’est pourtant pas mal
    Eco, Zweig, Arendt & co c’est halalisé à mort (pour reprendre l’expression de Richard Millet)
    Pardon, Arendt c’est immonde. J’ai de très mauvais souvenirs impliquant une prof de philo sionarde et un documentaire long comme un jour sans pain avec ce putride cadavre d’Hannah Arendt qui clopait et faisait l’intéressante dans son balcon à New York.
    Robert Musil devrait te plaire !

    Excellent blog au passage.

    Amitiés.

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    • Certains indices donnent à penser que Kafka considérait son oeuvre comme un canular, il en lisait des passages en rigolant à ses amis. Évidemment, vous avez perçu le lien entre tous ces auteur « danubiens ». Arendt est très, très vide. Ça a été ma première grosse déception « philosophique » : on m’avait conseillé son livre sur le totalitarisme, j’étais effrayé n’y rien trouver que de verbeux, pensant que c’était moi l’idiot. La fréquentation d’autres auteurs m’a plus tard donné l’assurance nécessaire pour repousser ces auteurs que je considérais comme des idoles de carton. Zweig est un bon écrivain, mais il est précieux et, au fond, n’a pas grand-chose à dire.
      Arendt doit une partie de sa notoriété au fait qu’elle s’était faite tringler par Heidegger. Probablement le seul cas de drague efficace en parlant du Dasein !

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      • kobus van cleef dit :

        Harendt, elle m’est tombée des mains….un paveton, indigeste , lourdaud , gonflé…un vrai étouffe chrétien… ( oups….corrigeons…..un vrai étouffe kouffar )
        Zweig est rigolo,mais par l’érotisme pervers qu’il dégage ( vous allez me trouver tordu , d’accord , mais y a une nouvelle où le vieux maître se rapproche dangereusement de son disciple qui finit par tringler sa femme…à domicile peut-on dire …)
        Kafka est effectivement désopilant , et le plus drôle , c’est d’entendre les gens sérieux en causer !
        pour ne citer que cet exemple , Raphaël N’Thowen , sur vronze kul , en causait il y a une bonne dizaine d’année et tentait d’en tirer la substantifique moëlle sur l’air archiconnu du « on a beaucoup souffert vous savez » ( plus connu sous le nom de « honte blanche » popularisé par Stag )….mais ça mordait pas , il a fallu attendre qu’il en arrive à « et il mourut comme un chien » pour mettre un peu de viande sur les os de son raisonnement boiteux…la dernière phrase du livre , voyez?

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