Dignité en kit

Métro le dimanche soir tard. Je tombe sur un affiche qui demande de faire un don de 7 euros afin d’offrir à « tous les réfugiés » un « kit dignité ». Pour que le chaland comprenne bien de quoi il s’agit, il y a une serviette, du savon, une brosse à dent, une serviette hygiénique et je ne sais quoi d’autre sur l’affiche. Je ne savais pas que la dignité se vendait en kit, et je me suis demandé si c’était vraiment utile d’offrir un nécessaire de toilette à des gens qui semblent avoir une propension à chier dans les douches – sans parler du fait que leur idée de bien se tenir inclue apparemment le viol des femmes et des enfants qui passent à leur portée.

Juste à côté, il y avait un type endormi en chien de fusil autour d’une bouteille de vin entamée. Il était habillé tout en noir et ses chevilles grêles qui flottaient dans les jambes de son pantalon lui donnait une impression de fragilité extrême. Quelques cheveux gris filasses s’échappaient d’un chapeau mou et encadrait un visage rougi par l’alcool. Un peu plus loin, un de ses camarades d’infortune dormait complètement enveloppé dans un sac de couchage informe, la tête posé sur un sac de sport usé presque vide. Par temps froid la RATP laisse les clochards s’abriter dans le métro. C’est déjà ça. Eux avait l’air d’en avoir un besoin urgent, de dignité. Et encore, ceux qui feraient bien de s’acheter un peu de dignité en kit, ce sont ceux qui s’apitoient sur le sort du migrant au destin somme toute volontaire en oubliant ces pauvres hères qui crèvent lentement dans le métro parisien.

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Un peu de lecture

L’actualité est tellement déprimante que je me lasse de la commenter. Par contre, je suis tombé par hasard sur une réédition en poche des fameux manuels d’histoire Malet et Isaac. J’ai acheté le premier tome sur l’antiquité et le moyen-âge, ça se lit très bien. Très clair, simple, ces livres donnaient assurément de bonnes bases – malgré quelques inévitables clichés, mais il faut bien comprendre que tout cela date du début du XXème siècle. Le plus étonnant est que le manuel en question était destiné à des élèves de 5ème et de 4ème. Au vu du niveau de langue avec lequel est écrit ce livre, je ne peut m’empêcher de me demander si des élèves de « niveau bac » d’aujourd’hui, comme on dit, seraient capable de le lire, sans parler d’en retenir le contenu.