Le Mans 1

Magnifique. C’est le premier mot qui s’est imposé à mon esprit pour décrire ce que je vois. Les motos passe à fond en hurlant à la fin de la ligne droite des stands et s’engagent dans la courbe Dunlop presque sans ralentir. Il y a quelque chose de mystique dans la vitesse, dans la précision de la trajectoire, dans l’angle d’attaque. L’homme porté par la machine offre un spectacle saisissant, celui du dépassement des capacités réflexes du mortel ordinaire. On se croirait presque dans un laboratoire à observer des particules lancées à la vitesse de la lumière, insaisissables, toujours déjà plus loin que là où on croit les voir. Voici de la poésie en mouvement. Soudain, on ne veut plus rien d’autre que d’être à la place de ces pilotes qui sont littéralement dans un autre espace-temps.

Pendant 24 heures les pilotes vont se relayer pour tourner et tourner encore, enchaîner les virages et les lignes droites. Le bruit est incessant, les moteurs sifflent et déchirent l’air à chaque passage de vitesse. Ce son fait partie de la course, sans lequel elle ne serait rien. Le moteur à explosion 4 temps est la plus pure merveille d’ingénierie jamais conçue par l’homme. C’est la perfection à 12000 tours/minutes. Rien n’égale cette invention, et la preuve se joue devant moi, 24 heures durant. Le meilleur équipage réussira plus de 800 tours alors que le plus malchanceux n’en fera que 7 avant de devoir abandonner.

Le sport mécanique, et tout particulièrement l’endurance moto, réunit dans le superflu tout ce qui fait la supériorité de l’occident, en met les valeurs au pinacle. Génie technique, esprit sportif, courage, ténacité, individualisme du pilote soutenu cependant par son écurie, enthousiasme de la foule pour qui tout cela n’est pas qu’un spectacle mais une inspiration, et réussite esthétique de la courbe parfaite. Tout cela est d’une inutilité magnifique et inspirante. Dépassement individuel pour le plaisir de la performance. Rendu possible par les 2500 ans d’abnégation et de génie en haut desquels nous nous tenons parfois maladroitement. Et aussi un peu, il faut le dire, grâce au machines japonaises.

Four wheels move the body, two wheels move the soul.

 

Publicités
Cet article, publié dans Non classé, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s