Une page de psychologie collectiviste

Un de mes collègue que je surnomme Germinal pour sa propension à arborer une casquette d’ouvrier m’a raconté l’autre jour qu’il avait surpris trois jeunes dans son boxe, là où il entrepose du matériel. Les trois importuns avaient fracturé la porte et s’étaient installé pour fumer quelques bragines tranquillement. Le collègue en question les a aussitôt virés et a ressoudé sur le champ les éléments abîmés pour pouvoir refermer la porte. Cette anecdote serait sans intérêt si le boxe en question ne se trouvait pas dans un squat. Lorsque je fis remarquer que, en tant que squatteur, il ne pouvait pas vraiment se plaindre d’être à son tour squatté, il me répondit sans l’ombre d’une hésitation « une porte fermée, on ne l’ouvre pas, c’est une question de principe ». En effet. La conversation s’est évidemment arrêtée là. Le collectiviste considère que la propriété privée ne vaut rien, à moins que ce ne soit la sienne. Il est alors le plus intransigeant des individus. Sous couvert d’altruisme, le collectiviste ne souhaite rien d’autre que de prendre la propriété d’autrui pour en jouir égoïstement, tout en se dispensant de l’effort nécessaire à l’acquisition.

Pour parler comme Marx, le collectiviste veut se dispenser de passer par la période d’accumulation primitive du capital, qu’il considère comme immorale. Il ne souhaite que profiter du bien d’autrui et se sent parfaitement légitime pour le faire. Le collectiviste n’est au fond qu’un enfant égoïste qui n’a jamais grandi. L’envie est son moteur principal, et d’autant plus fort qu’elle se déploie sans honte ni mauvaise conscience.

C’est le plus terrifiant : le collectiviste est persuadé de son bon droit.

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5 commentaires pour Une page de psychologie collectiviste

  1. Popeye dit :

    Il y a une citation de Churchill, peut-être apocryphe, qui parle du socialisme comme le credo de l’envie, la philosophie de l’échec et je ne sais plus quoi d’autre.
    On est en plein dedans ce me semble.

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  2. Popeye dit :

    « Le socialisme est une philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie. »

    Je l’ai trouvé, et bien attribué à Chrchill

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    • Je connaissais. L’évangile de l’envie, assurément. Pour le reste, disons qu’il y a les intellectuels inemployables décrits par Lebon et Schumpeter qui entraînent dans leur rage destructrice des prolos pas bien malins mais qui sont un peu fatigués de trimer. Ceci dit, le rêve du prolo n’est absolument pas de posséder les fameux « moyens de production », il veut juste un peu plus de fric pour s’acheter une plus grosse bagnole. On n’a jamais vu un soviet d’ouvrier prendre la responsabilité de gérer une entreprise, ils ne sont pas fous.

      Tout cela me fait penser à un cadre du parti travailliste qui reconnaissait que face à des prolos anglais qui pouvaient aller en vacances à Ibiza, il n’avait plus rien à offrir. Je n’ai jamais retrouvé la citation, mais c’était assez édifiant.

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      • kobus van cleef dit :

        ici , c’est un peu différent

        nos prolos nazionaux sont déjà allé en vacances à Ibizza ( ou ailleurs , pourvu que ce soit bon marché ) ,ils en sont revenu

        leurs gamins pas encore prolos mais déjà assez bien prolétarisés , devront se contenter d’eurodysneyland

        la question pendante est celle ci « puisqu’on ne peut plus proposer aux prolos souchards des vacances à Ibizza , comment assurer notre recrutement? »

        réponse simple, que je vous livre , telle qu’elle aurait pu sortir du cerveau d’un néarque promis aux plus hautes fonctions de notre république bananière ; « importons des misérables à qui nous promettrons la prolétarisation européenne et les avantages y afférents »

        figurez vous que ça marche

        et même très fort

        exemple 1) ce matin, passage à micro supérette pour deux trois conneries ( mais bon, ça appartient aussi au grand kapital , à la société anonyme comme chantait eddy mitchel) , qui était installé derrière les caisses? un splendide n’haîgre , crâne tondu , barbiche au menton, le tirailleur sénégalais tel que dépeint dans les bédées pour puceaux de 12 ans , et , effectivement , la compétence d’un gosse de douze ans ( 10 minutes pour recompter les sachets de bouffe pour le chat et encore , sa collègue qui venait de fermer sa caisse a dû refaire le truc )

        exemple 2) rue bouchée par camion avec nacelle et manar dedans en train de câbler….la fibre? je m’enquiert du pourquoi de la chose , du permis , enfin de ce qu’un citoyen averti est en droit d’exiger , réponse « pas parlèch françé , pas du toute » , européens quand même , hein, bolkenstein en force ! ha , c’est pas comme si on avait pas six myons de chômistes….

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      • Effectivement, c’est le but. Typique de la génération Macron : de jeunes cadres hautement dynamiques qui espèrent que les divers seront suffisamment intelligent pour tenir des caisses de supérette ou tirer un câble internet (sans envoyer de sms après en mode « mamoizelle vous êtes trop bonne en vrai ») mais pas assez malin pour réclamer leur part du gâteau. Problème : où recruter des flics dociles quand le prolo souchien aura disparu et qu’il ne fera pas forcément bon armer des hordes de divers pour maintenir l’ordre.

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