Baston et diversité

J’ai été témoin d’une petite baston entre automobilistes à la porte d’Aubervilliers. Deux divers bien gras avaient décidé d’en venir aux mains pour une raison inconnue de moi. Le plus gros qui, pour autant que j’ai pu en voir, a eu très vite le dessus, s’est permis quelques coups de pieds sur son ennemi du moment qui était à terre.

Une bagarre est un rituel social de règlement des conflits. Ce rituel peut laisser des marques et basculer de façon dramatique, mais il est cependant codifié même si ni nous ni les protagonistes ne nous en rendons compte. Il s’agit de violence sociale, c’est à dire de violence intervenant entre les membres d’un même groupe qui se reconnaissent comme tels et tranchent une situation de rivalité. C’est pour cela que la plupart des bagarres se finissent après quelques coups de poings bien sentis et que chacune repart de son côté, l’un parfois moins glorieusement que l’autre car il a été soumis.

J’ai été témoin d’un nombre conséquent de bagarres et j’ai la drôle d’impression que de plus en plus, la bagarre de rivalité tourne à l’affrontement de prédation. On entre alors dans le champ de la violence asociale : il ne s’agit plus de soumettre un rival mais de détruire un ennemi. D’où la violence accrue et les lynchages et autres coups de pieds sur un antagonistes déjà recroquevillé au sol. Ce type de violence ne considère pas que la soumission suffit, il faut à tout prix faire du mal à l’autre – et les conséquences sont potentiellement beaucoup plus dramatiques. Ce glissement tient à mon sens à ce que des opposants dans une rixe ne se considèrent plus comme faisant partie d’un même groupe.  C’est une conséquence fatale de la diversité : une société multiraciale et multiculturelle n’a plus le liant social nécessaire pour que les membres se considèrent comme faisant partie d’un même groupe. Dès lors, tout est permis lors de la moindre altercation avec un individu d’un groupe différent, puisqu’il n’est, en définitive, rien d’autre qu’un ennemi à détruire.

La société multiracaille est la guerre de tous contre tous.

Publicités
Cet article, publié dans Société, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Baston et diversité

  1. Emmanuel dit :

    Je peux vous dire qu’en Afrique du Nord en général, on frappe sans états d’âme un homme à terre, on s’y met à plusieurs contre un ; ce sont des scènes de rue que j’ai vu cent fois, et sans diversité aucune… Je crois qu’il y a un autre facteur : une certaine éducation, certaines « valeurs » morales et sociales…

    J'aime

  2. kobus van cleef dit :

    vous auriez de quoi faire si vous ouvriez une rubrique « diversité »

    même sans « baston » accolé à l’autre terme

    J'aime

  3. Pangloss dit :

    Finement observé!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s