Après-coup

J’avais eu envie de réagir lorsque le lieutenant-colonel Beltrame a été assassiné par un islamiste en prenant la place d’une otage, mais quelque chose m’a retenu. Je me voyais déjà répéter ce qu’on pouvait lire partout : que Beltrame était un héros et que les islamistes étaient des pourris. Aucun intérêt. Et surtout, j’avais comme un doute sur le sens à donner à ce sacrifice. Avec le recul, j’ai compris le malaise diffus qu’avait provoqué en moi cet acte. Un militaire n’est pas là pour se sacrifier, il est là pour résoudre, par la violence si nécessaire, une situation conflictuelle. Je ne veux en aucun cas minimiser le courage et l’abnégation dont cet officier a fait preuve, mais le symbole me paraît trouble. Un combattant qui se met volontairement à la merci d’un ennemi, même pour sauver un innocent, me semble faire preuve d’un esprit de sacrifice dévoyé. S’il faut perdre un officier à chaque fois qu’un islamiste prend un otage, la guerre risque fort de tourner en la faveur de nos ennemis, car ils sont plus nombreux que nos officiers. J’aimerais savoir ce que les Israéliens auraient fait dans une telles situation. Je ne les apprécie pas particulièrement, mais il faut bien reconnaître que face à l’ennemi, ils n’ont pas toujours nos pudeurs.

Certains avanceront qu’il y a un certain panache à se sacrifier comme l’a fait Beltrame. En effet. Mais le panache ne gagne jamais les guerres, il est souvent l’excuse de ceux qui perdent en se vantant d’avoir été moralement impeccables. Gagner suppose la plus grande duplicité qui soit.

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Une soirée ordinaire dans la France d’après

C’est une jeune femme blonde tout frêle qui passe devant une épicerie. Vous savez, de ce genre d’épicerie ouvert tard le soir. Et justement, nous sommes le soir et la nuit vient de tomber. Devant cette épicerie, il y a deux types qui traînent. Ils ressemblent à ce que vous pouvez imaginer, car vous aussi vous les avez vus mille fois. De loin, je vois que l’un d’eux fait un geste ample en direction de la fille qui passe. Elle se retourne, leur crie dessus et puis s’en va. Il vient de la tripoter, tranquillement, sans aucun remord. Comme au pays, quoi. Le temps que j’arrive sur la situation, la fille est déjà à plusieurs dizaines de mètres. Je la rattrappe. Elle pleure. Je lui dis d’aller voir les flics. Elle ne veut pas, elle pense que ça ne sert à rien. De toute façon, ces choses arrivent tout le temps. Ce soir, c’est la deuxième fois. Elle se remet à pleurer tout en marchant. Je la convainc d’aller au moins prévenir les plantons qui sont devant le commissariat, juste à quelques rues de là. Je lui dis que c’est juste histoire de ne pas garder ça pour elle, parce que de toute façon, ces mecs ne risquent rien. Elle me dit qu’elle sait, elle est avocate.

Je l’ai accompagné jusqu’au commissariat. Deux braves jeunes flics blancs ont écouté. Ils étaient sympas. Compréhensifs. Je suis reparti vers chez moi. J’avais un peu honte, j’aurais peut-être dû frapper comme la foudre sur ces deux divers. Je n’ai rien fait. Seul contre deux. On ne sait jamais. Plus les mecs de l’épicerie. On ne sait jamais. Je passe devant les restaurants animés, devant les terrasses pleines. Il fait doux ce soir. Toutes ces filles et tous ces gars sont insouciants. Alors qu’à deux cent mètres à peine, la racaille prend ses aises.

Mais je sais que jamais je n’accepterai la présence des divers. Toujours avoir à l’esprit qu’un jour, nous les chasserons, et que ce jour-là, il ne faudra pas avoir de pitié. Même si tout semble indiquer qu’ils ne partiront pas. Il n’y a pas de vivre-ensemble qui tienne. Nous devons chasser ceux qui font pleurer nos femmes.

Test en grandeur réelle

Plus ça va, plus il est difficile de se prononcer sur ce qui se passe en Syrie, d’autant plus que la seule chose dont on puisse être certain, c’est que nous, les quidams du bon peuple, n’avons pas d’informations fiables. J’avoue cependant que l’analyse d’un site que je ne vous recommande évidemment pas tant il est politiquement incorrect, et dont le nom commence par démocratie et finit par participative, semble recevable : Trump aurait juste lâché du lest pour mieux pouvoir se retirer de Syrie. PouRquoi pas. Concernant la France, une des raisons du suivisme de Macron tient probablement au fait qu’il y avait là une bonne occasion d’essayer en conditions réelles une partie de notre armement. Ben oui, c’est aussi con que ça, mais il faut bien tester nos missiles et autres jouets en vrai. Soit dit en passant, les bombardements de Hiroshima et Nagasaki répondaient aussi, en partie, à cette exigence de voir ce que ça faisait « en vrai ».

Pour le reste, tout et son contraire sont possibles. Par ailleurs, je suis fort navré d’avoir atrocement ralenti mon rythme de publication, mais j’avais des préoccupations urgentes ces dernirs temps. Je vais essayer de m’y remettre un peu plus sérieusement.