Cas particulier

Les cas particuliers sont presque toujours sympathiques. C’est bien là que réside leur dangerosité. Le bon vieux chantage à l’émotion fonctionne toujours. L’affaire de l’Aquarius n’est rien d’autre que cela. Six cent migrants, ce n’est rien. Toujours les mêmes grosses ficelles. La politique, c’est justement tout le contraire. C’est avoir le courage de regarder les choses dans leur ensemble, et dans toute leur dimension temporelle. C’est le courage de prendre des décisions qui vont être dures aux cas particuliers. Il n’y a que les vieilles gauchistes ménopausées retraitées de l’éduc naze qui peuplent les associations d’aides aux migrants pour croire sincèrement que n’importe quel bled de Bretagne peut accueillir sans conséquence des flots de cas particuliers.

Nous sommes égoïstes, nous dit-on, quand nous refusons les migrants. C’est vrai. Nous tenons à notre mode de vie et nous sentons sourdement que tous ces cas particuliers, à la longue, viendront immanquablement l’éroder. Mais ces migrants eux-mêmes ne sont pas moins égoïstes. Ils ne cherchent que leur intérêt personnel, sans se demander si nous avons besoin ou envie d’eux. Égoïsme contre égoïsme, je préfère encore le mien.

Demain, ils seront 2,5 milliards de cas particuliers en Afrique, dont une bonne partie rêvera de venir s’installer dans une Europe qui commencera sérieusement à s’essouffler. Qui peut croire sérieusement qu’ils pourront tous s’entasser dans la jungle de Calais ou sous le périphérique à la porte de la Chapelle à Paris ?

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Fatigue

J’ai eu quelques commentaires, sympathiques au demeurant, de lecteurs sur mon dernier post qui reproduisait le mail que j’ai envoyé il y a quelques jours au Bataclan. En substance, on me dit : c’est bien, mais c’est un peu trop retenu et en plus les gens du Bataclan s’en fichent. Merci, je suis au courant. Évidemment que les gens du Bataclan se fichent de mon opinion sur le concert de Médine. Bien sûr que ce mail a dû finir à la corbeille. Vous croyez vraiment que j’imagine être suffisamment influent pour imposer ma volonté juste en envoyant une lettre ? Ce que certains n’ont pas compris, c’est qu’une lettre ne sert à rien, mais que 10 000 commencent à peser. Je souhaitais inciter les gens à faire de même. Si vous n’êtes pas capables de faire un putain de copier-coller pour envoyer un mail, je vois mal comment vous allez faire reculer nos ennemis ne serait-ce que d’un quart de millimètre. Le prétexte du « ça ne sert à rien », c’est toujours l’argument des attentistes. Si quelque chose a de l’importance, il faut y consacrer de l’énergie, même minime. Un mail ou un coup de téléphone, ce n’est rien. C’est quelques secondes de vie, et en plus, c’est absolument sans risque. L’ennemi nous provoque. L’ennemi avance tous les jours un peu plus. N’attendez pas le grand soir pour agir, c’est un truc de communiste qui n’arrive jamais. Le grand soir, la révolution, l’événement providentiel, tout cela n’est que mensonge pour rêveur. Le combat, c’est tous les jours, pas à pas. À force de ténacité.

 

Bataclan

Comme vous le savez probablement, un rappeur connu sous le nom de Médine, dont l’attitude vis-à-vis de l’islam djihadiste est pour le moins ambigüe, va se produire au Bataclan en octobre prochain. Le symbole est trop évident pour qu’on puisse l’ignorer, et c’est pourquoi j’ai envoyé le message suivant au Bataclan via leur site.

« Madame, Monsieur,

Vous êtes mieux placé que quiconque pour comprendre le symbole que constitue le Bataclan depuis qu’il a été ensanglanté par un attentat islamiste le 13 novembre 2015, attentat revendiqué par l’organisation terroriste islamique connue sous le non de Daesh.

Le rappeur connu sous le nom de « Médine » est programmé au Bataclan pour les 19 et 20 octobre prochains. Cet individu, qui n’hésite pas à s’afficher avec un t-shirt portant l’inscription « jihad » au milieu duquel figure un sabre islamique, se réfère explicitement à Daesh dans l’un de ses morceaux lorsqu’il déclare « J’arrive sur tous les sites comme un djihadiste de Daesh ». Il fait ainsi directement référence à l’organisation terroriste qui s’est rendue coupable de crimes horribles aussi bien en Europe qu’au Levant.

Le concert de cet individu dans un lieu aussi symbolique que le Bataclan constitue une provocation ouverte et un manque de respect intolérable à l’égard des victimes de l’attentat du 13 novembre 2015, dont certaines ont été éviscérées, énuclées ou ont subi des mutilations génitales, comme le mentionne l’audition d’un policier ayant pris part aux événements devant une commission d’enquête parlementaire.

Le sujet est plus sensible que vous ne semblez le croire et une grande partie de la population française serait probablement très choquée qu’un tel concert puisse avoir lieu.

Je vous demande donc de reconsidérer la programmation de ce concert et, dans un esprit d’apaisement et de concorde, de l’annuler.

Si cependant ce concert devait être maintenu, il est bien évident qu’à titre personnel, je ne remettrai jamais les pieds au Bataclan et que j’inciterai mon entourage et relations à faire de même. De plus, je ne manquerai pas d’écrire aux artistes susceptibles de se produire au Bataclan afin de les informer de la situation.

J’en appelle à votre sens des responsabilités, et je suis persuadé que vous comprendrez la gravité du symbole.

Je vous remercie de m’avoir lu. »