On se croirait dans les années 30 (comme d’hab)

Je romps mon silence un peu forcé de ces derniers temps, boulot oblige, pour vous livrer cet excellent passage de Sylvain Tesson, dans son livre « Un été avec Homère ». Jugez plutôt.

« On découvre les prétendants sûrs de leur droit, vulgaires, obscènes. Homère décrit souvent « l’insolent et ennuyeux vacarme ». Ce cénacle de marquis est familier à nos esprits, n’est-ce pas ? C’est l’image de l’ambition et de la médiocrité. Ils sont sûrs de leur bon droit. Le vacarme est l’écho de la vilenie et, 2500 ans plus tard, tous les peuples du monde se rendent compte qu’il y a un rapport proportionnel entre la nocivité d’une communauté et le niveau sonore atteint pour manifester ce qu’elle croit être son triomphe. »

Évidemment, Sylvain Tesson parle au départ des prétendants installés dans le palais d’Ulysse et cherchant tous à savoir lequel finira avec Pénélope et ramassera le royaume en prime. Cela nous est étrangement familier. Qu’elle soit en haut ou en bas de la société, l’usurpation arrogante de ceux qui voudrait baiser nos femmes et récupérer le pays a quelque chose d’étrangement familier. Quant au vacarme d’une communauté, inutile de vous faire un dessin – bien que deux ou même trois interprétations soient possibles, mais je laisse ici votre imagination faire le reste.

J’aime bien Sylvain Tesson, et je suis de plus en plus persuadé que sous ses dehors d’écrivain-voyageur un peu mondain, il est acquis au côté obscur de la force.

Quant à nous, nous attendons encore le retour d’Ulysse pour faire un peu de ménage parmi les prétendants. Comme disait la chanson « Ulysse revient » !