Se soumettre, c’est un peu comme faire de l’exercice : ça marche beaucoup mieux si on le fait un peu chaque jour, sur le long terme. Les dernières déclarations de Nicole Belloubet concernant le fait qu’insulter une religion serait une atteinte à la liberté de conscience font très bien dans le tableau. Cela ne semble qu’une stupidité de plus, doublée d’une interprétation assez particulière du droit. En réalité, c’est une réhabilitation du délit de blasphème, et toujours au profit de qui vous savez. C’est donc la plus haute responsable de la justice qui nous explique qu’il faut se soumettre, ne surtout pas avoir le moindre propos qui pourrait être mal interprété. Et nous savons combien certains croyants tendent à avoir une susceptibilité à fleur de peau.
Le résultat, c’est que la jeune Mila, qui avait déjà suffisamment d’ennuis comme cela, fait l’objet d’une enquête pour savoir si elle n’a pas eu des propos incitant à la haine – formule bien pratique qui permet de mettre tout et n’importe quoi, depuis la critique argumentée jusqu’à l’insulte la plus brute. D’ailleurs, il est fort possible que si on vous exposait en détails, avec calme et pondération, tout ce dont est fait l’islam (ah, oui, c’est de cette religion qu’il s’agit, j’avais oublié de le préciser), vous pourriez commencer à avoir un sentiment qui pourrait être teinté d’une certaine hostilité.
Pour dire les choses simplement, le pouvoir valide le « elle l’a bien cherché, qu’elle assume ». Cette caste au pouvoir sont décidément nos pires ennemis. Si les musulmans veulent prendre le pouvoir, ils n’auront pas à se fatiguer beaucoup : nos élites sont prêtes à le leur donner, un renoncement après l’autre.