Tocqueville et la démocratie

« Ainsi non seulement la démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux, mais elle lui cache ses descendants et le sépare de ses contemporains ; elle le ramène sans cesse vers lui seul et menace de le renfermer enfin tout entier dans la solitude de son propre coeur. »

Tocqueville, De la Démocratie en Amérique II – 2ème partie ch. 2

On y est arrivé. Effrayant.

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Encore la guerre d’Algérie

Je suis tombé sur un article très intéressant du colonel Michel Goya sur les différentes approches de l’armée française durant la guerre d’Algérie. Selon lui, il semblerait que la méthode « dure » qui a permis de gagner la bataille d’Alger ne soit pas efficace à long terme. Il pointe aussi l’erreur d’analyse de certains officiers qui ne voyait dans le FLN qu’une sorte d’avatar du communisme.

À mon humble avis, le point aveugle de toute analyse sur le conflit algérien comme sur la situation française contemporaine tient à ce qu’on reste dans une perspective universaliste républicaine, que seul le général de Gaulle avait su dépasser. Je ne nie pas qu’il ait géré la guerre d’Algérie de façon critiquable, mais il avait compris que le problème n’était pas de savoir comment vaincre le FLN, mais si nous voulions ou non que Colombey-les-deux-églises devienne Colombey-les-deux-mosquées.

Au fond, les problèmes tactiques et stratégiques importent peu si on ne sait pas ce qu’on veut, ou si ce qu’on veut est impossible. À l’époque de la guerre d’Algérie, la situation était déjà perdue parce qu’on ne pouvait pas envisager de continuer à faire cohabiter les « européens » et les « musulmans », comme on disait à l’époque, sur un pied d’égalité pas plus qu’on ne pouvait maintenir le statut quo. Deux peuples ne peuvent pas vivre ensemble sur un même territoire, hier comme aujourd’hui, et c’est bien la seule leçon que nous devrions retenir.