Suspect

Ceux qui me connaissent un peu savent que je ne porte pas la police dans mon cœur, loin de là, et que ma considération pour cette institution a définitivement disparue depuis que j’ai vu la flicaille à l’œuvre face aux Gilets Jaunes. En fait, je ne vois pas d’autre façon de la désigner que comme un mal nécessaire, formule dans laquelle le terme de mal a au moins autant de poids que celui de nécessaire.

Ma dernière rencontre avec la flicaille date d’il y moins de 24 heures. Bien que muni d’une attestation professionnelle en bonne et due forme, j’ai fait l’objet d’une fouille au corps, menée avec un amateurisme affligeant d’ailleurs, tant il semble que le flic français moyen sache mêler avec brio le zèle à l’incompétence.

Je pourrais comprendre que les flics m’aient arrêté de nuit pour savoir si je n’enfreignais pas ce couvre-feu profondément tyrannique, mais leur insistance à me considérer comme suspect et leur évidente envie de me faire sentir leur pouvoir sont impardonnables. Dans ce délire sécuritaire sous couvert de mesures sanitaires, le virus est l’argument parfait. La première chose que les flics ont faite quand ils ont frappé à la fenêtre de mon véhicule a été de m’ordonner fébrilement de mettre mon masque, comme si je pouvais effectivement leur transmettre un virus mortel (rappelons que le taux de mortalité du covid19 est de 0,05%). Avec le virus, tout le monde est suspect, puisque qu’il est indétectable à moins d’un test. Vous êtes en quelque sorte coupable jusqu’à ce qu’on ait reconnu votre innocence grâce à un test à la fiabilité douteuse. Renversement total de la présomption d’innocence. Plus besoin de transporter une arme, de la drogue ou que sais-je encore, votre simple présence peut cacher un virus. Autant dire que vous ne serez plus jamais tranquille : vous portez peut-être la mort et les flics seront là pour vous le rappeler.

Eux aussi portent des masques. Mais ils en ont pris l’habitude bien avant le covid, depuis les Gilets Jaunes. S’ils ne peuvent effectuer leur besogne à visage découvert, c’est évidemment parce qu’ils savent que ce qu’ils font est honteux. Mais tout comme pour les gilets pare-balle qu’ils arborent en permanence comme s’ils étaient en ex-Yougoslavie, je parie que le masque va devenir partie intégrante de leur uniforme.

Ils sont d’ailleurs en guerre. Contre nous. Diligentés par une caste étatique qui a décidé qu’il fallait nous mater. Mais ceci ne saurait les exonérer de leur responsabilité individuelle. Au moment où nous cesseront de demander à chaque homme de prendre sa part de responsabilité individuelle dans chacune de ses actions, nous aurons tout perdu.