Menace métaphysique

Je vais vous épargner des développements snobs et érudits sur la fonction du masque dans le théâtre tragique grec, le nô japonais ou le wayagn topeng javanais. Le masque que nous connaissons actuellement est tout autre chose.

Il est tout d’abord arrivé sous la forme du niqab. Millitant, étranger, méprisant, menaçant. Cette première occurrence amenait une hostilité plus ou moins déclarée, l’installation d’un état d’esprit et de mœurs qui nous semblaient à juste titre dérangeants et hostiles à tout ce que nous sommes. Ce masque était une intimidation, une revendication. Et une menace, diffuse, mais parfaitement réelle. Quand bien même nous aurions cherché à y rester indifférents, ou même à éprouver à son égard une certaine bienveillance, il impliquait toujours cette dimension hostile que tout un chacun, baigné dans la culture occidentale, ne pouvait s’empêcher de percevoir.

Le deuxième avatar du masque s’est rapproché de nous. Il n’émanait plus d’un peuple et d’une tradition étrangers mais de l’État même qui était censé veiller sur nous. Pour veiller, il veillait, et plus scrupuleusement que ce que nous étions en droit d’attendre. Le masque est devenu synonyme de menace, d’intimidation et de brutalité. Ce masque, c’est celui du flic qui cachait son visage pour exécuter les basses besognes durant la répression des Gilets Jaunes. Ce masque-là, illégal, nous faisait bien comprendre que les hommes de mains de la caste au pouvoir pouvaient tout se permettre, tout en témoignant en même temps de leur honte à obéir. Ne leur pardonnons pas, en cachant systématiquement leurs visages avant de frapper, les flics savaient parfaitement ce qu’ils faisaient. Reconnaissons-leur l’hommage du vice à la vertu. Ces flics masqués dont l’absence de visage disait clairement qu’ils n’avaient plus rien à voir avec ceux qu’ils visaient ont été à l’avant-garde de la séparation hostile et menaçante qui se creuse tous les jours entre le peuple et son État.

Puis vint le troisième avatar, celui de la menace universelle. Ce ne sont plus les sbires d’un régime toujours plus hostile qui portent le masque mais tous les citoyens, qui se vivent comme une menace réciproque de chacun pour tous les autres. Le masque fait de nous des étrangers, des contaminants potentiels, des individus qui ne doivent surtout pas entrer en contact. Le masque est la marque de la menace. De la défiance. De l’hostilité.

Le masque est venu pour nous diviser. Le masque est venu pour nous isoler. Nous intimider. Nous effrayer à jamais. Le masque instaure l’état de menace permanente, de menace tapie en chacun de nous. Une menace contre laquelle rien ni personne ne peut quoi que ce soit.

Il y a presque une dimension métaphysique dans tout cela. Le masque prétend nous protéger contre la part de mal qui réside en chacun de nous et en chaque autre, et paradoxalement il crée cette situation insoluble, cette mise en avant du mal dont il proclame ainsi la victoire.

Le maque ne fait pas confiance à l’humain. Le masque, c’est la défiance. C’est le règne de la menace permanente. C’est le règne de la peur.

Oui, il y a du mal et de la maladie en chacun de nous. Mais nous n’avons jamais eu besoin d’aucun masque pour l’affronter. Le masque prétend nous dispenser de l’effort à faire le bien. C’est en cela qu’il est une manifestation particulièrement évidente du mal.

Bouc-émissaire

Ils ont lancé la machine. Désormais, le problème n’est plus tel ou tel variant, ni même le covid ou le manque de lits d’hôpitaux. Le problème, ce sont les non-vaccinés. C’est à cause d’eux que tout va mal et que nos dirigeants vont être obligés de prendre des mesures restrictives de liberté dès l’automne, et probablement même dès la fin du mois de juillet si j’en crois les dernières déclaration du covidément en chef qui nous sert de ministre de la santé.

La charge a été lancée de concert par plusieurs de ces parasites médiatiques qu’on appelle « éditorialistes » et qui ne sont que de pontifiants imbéciles chargés de nous prêcher la bonne parole. Le très gros et très gras Lechypre s’est particulièrement illustré dans l’exercice en appelant tout simplement à la répression policière des rétifs au vaccin magique qui va tous nous sauver. Lui et quelques autres, aussi ignorants de la médecine que dépourvus de déontologie, appellent à la fermeté et désignent les non-vaccinés à la vindicte des vaccinés. Le ministre dont le nom m’échappe, mais dont le visage lâche d’enfant gâté me hérisse à chaque fois que je le vois, tente de nous intimider en menaçant de rendre le vaccin obligatoire. Il nous laisse le choix, mais si nous ne choisissons pas bien, il nous contraindra.

Tous savent bien qu’il sera difficile de rendre obligatoire un vaccin qui est pour l’instant expérimental et dont les assureurs refusent de prendre en charge les effets indésirables, si graves fussent-ils. Alors ils y vont en recourant à la technique vieille comme le monde de désigner un bouc-émissaire. En l’occurrence, les non-vaccinés contre lesquels le système commence dangereusement à monter les vaccinés. Le but est de rendre la vie tellement insupportable aux non-vaccinés pour qu’ils finissent par craquer sous la pression sociale.  C’est un jeu très dangereux que de monter sciemment une partie de la population contre une autre, et qui peut finir extrêmement mal. Nos dirigeants étant de petits pervers manquant d’envergure, ils sont malins à élaborer des stratagèmes mais ne voient pas à long terme les conséquences de ce genre de politique.

Il faudrait arrêter net cette folie, qui de jours en jours devient plus inquiétante. Je ne sais comment cela est possible, sinon à la faveur d’une crise économique tellement violente que rien ni personne ni pourra résister, ou d’une violence sociale telle que même ses instigateurs en seraient dégoûtés. Ou alors un miracle. Je me refuse à croire que ces gens puissent gagner et imposer la dictature dont ils rêvent. Et je n’ai pas envie d’être désigné comme faisant partie de cette frange coupable de tous les maux de la société. Les précédents historiques ne laissent pas de m’inquiéter.

En attendant, nous pouvons imaginer un version presque plus vivable, dans laquelle les vaccinés de centre-ville se retrouveront comme avant dans des bar à vins et des restaurants réservés aux vaccinés, et ils y retrouveront leurs soirées chiantes à parler d’immobilier, de job et de vacances à Barcelone. Nous autres pendant ce temps seront poussés vers une vie plus clandestine mais plus vivante, et nous y croiserons fatalement les freaks, les désaxés, les complotistes et tous les inadaptés de la société, bref, tous les cinglés qui viendront se mêler à ceux qui viendront par simple amour de la liberté. Les soirées y seront plus joyeuses et plus risquées. Nous pourrons enfin nous sentir vivre.

En tous cas, nous ne partirons pas sans nous battre une dernière fois.

Habitude

Un an. Cela fait un an, et même un peu plus, qu’on nous impose ces masques stupides et ces restrictions inutiles. J’ai du mal à croire que le délire covidiste s’arrêtera un jour. Je suis prêt à parier que nos dirigeants vont essayer de nous enfermer à nouveau à l’automne. Ils vont lâcher un peu la pression l’été, exactement comme il y a un an, puis nous inventer une enième vague. Le procédé commence à être rodé.

Ceux qui croient que le vaccin va nous libérer s’illusionnent. Désormais, déclarer une urgence sanitaire sera facile. Les gens sont habitués et ils réagiront comme on le leur demande. Tout ceci est la plus grand expérience d’ingénierie sociale jamais tentée, et elle fonctionne plutôt bien. Cela me rappelle les ordres en apparence absurdes que je devais exécuter pendant mes classes durant mon service militaire. Ces ordres avaient un but précis : nous dresser. Nous habituer à obéir, quelle que soit la situation, quelle que soit l’absurdité du commandement. Et par la même occasion, cela flattait l’ego de nos petits chefs. J’ai d’ailleurs eu maintes fois par la suite l’occasion de rencontrer le profil du petit chef. En général, c’est quelqu’un qui aime donner des ordres pour le plaisir, même, et surtout, quand c’est inutile. Ce genre de personne ne supporte pas de voir quelqu’un qui n’est pas en train d’exécuter un ordre. Alors il en donne, pour avoir la satisfaction d’en contempler l’exécution.

Vous comprenez aisément que le covid est à la fois l’occasion de nous dresser et d’assouvir le désir de puissance de gens qui n’ont pas de vrai contrôle sur les événements mais qui peuvent se lâcher sur notre dos pour compenser.

Reste le vaccin et les vaccinés. Je suis très étonné de voir le nombre de gens qui sont très contents d’aller se faire vacciner et qui s’en vantent. Pire encore, il s’agit souvent de gens relativement éduqués. Je dirais même que nous en sommes arrivés à un point où un bon niveau d’éducation est la garantie d’une soumission aux injonctions du pouvoir, pour peu qu’elles soient enrobées d’un discours pseudo-rationnel et accompagnées d’une offensive médiatique continue. Il fut une époque où l’on imaginait, et parfois à raison, que l’éducation d’un peuple pouvait le faire accéder à l’exercice raisonné de la démocratie. Il est vrai qu’il est facile de régner sur une masse de paysans illettrés et superstitieux, pourvu qu’on ait le concours d’hommes d’armes sans scrupules et d’un clergé complice. Mais personnes n’avait imaginé que passé un certain niveau d’éducation,  une partie significative de la population se rallierait avec enthousiasme au pouvoir, même dans ses tentatives les plus liberticides.

J’espère un sursaut mais je dois avouer que je doute. La partie de la population qui a intérêt à se soumettre me semble plus nombreuse et plus influente que celle qui a intérêt à résister.

Ce qui m’inquiète le plus est la possibilité qu’un jour, le vaccin devienne une obligation. Pas forcément légale, mais sociale. Qu’on ne puisse presque plus rien faire sans être vacciné. J’en ai déjà parlé : c’est comme le smartphone. Il n’est pas obligatoire, et on peut s’en passer, mais tout est beaucoup plus simple si on en possède un. Plus il y aura de vaccinés, plus il sera difficile de refuser.

Notez bien que je ne suis pas contre le principe du vaccin en général. Je suis juste contre un vaccin qu’on nous annonce comme innovant et sur lequel nous n’avons pour l’instant aucun recul. Le fameux « principe de précaution » a totalement disparu au seul et unique moment où il aurait mérité d’entrer en jeu.

En bref, je crains que cela ne tourne au scandale sanitaire massif, dont l’issue sera inévitablement « responsable mais pas coupable ».

Puissé-je me tromper.

1347

Il y a les covicroyants et les covisceptiques. Les covisceptiques sont probablement les plus nombreux, mais ce sont des gens qui par définition ne s’affolent pas pour rien. Tous ceux que je rencontre se disent que tout ça finira par retomber car il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Les covicroyants sont par nature des gens qui s’effraient de tout et prennent tout très au sérieux, surtout ce que leur racontent les autorités. Ils sont donc beaucoup plus militants, beaucoup plus intraitables dans leurs opinions et leur vision du monde. Pour eux, il y a le covid et c’est très grave. Et si vous ne partagez pas leur vision, vous n’êtes pas simplement en désaccord avec eux, vous êtes un danger public. Un criminel en puissance. Une menace mortelle pour l’humanité. Littéralement. Alors fatalement, les covicroyants ont plus d’influence que les covisceptiques.

Le covicroyant a évidemment toujours la même excuse, celle de l’exécutant de tout régime tyrannique : il applique les textes. C’est mot pour mot la réponse que m’a fait un infirmier que j’interrogeais à ce sujet. Il trouvait légitime et acceptable d’avoir le droit de briser le secret médical pour prévenir publiquement des gens que tel de leur collègue était covipositif. Mais lorsque je lui demandais si sa conscience ne le pousserait pas à prévenir une personne sur le point d’avoir des relations sexuelles avec quelqu’un dont il saurait qu’il est séropositif, il m’objecta que c’était interdit par le secret médical et que le danger ne concernait qu’une seule personne, alors que le covidé pouvait infecter un grand nombre. Manifestement, il n’avait pas compris que dans certains milieux, des personnes peuvent avoir plusieurs centaines de partenaires par an.

Tout cela est évidemment une saloperie de grande envergure, activement alimentée par tous ceux qui « appliquent les textes » ou qui se fient aux recommandations officielles.

En attendant, si nous avions à faire à une véritable pandémie catastrophique, du genre peste noire à 30% de morts, croyez-vous vraiment que les privilégiés, les super-riches et les médecins en cheville avec le pouvoir passeraient leur temps à la télévison à nous expliquer ce que nous devons faire ? Ces gens seraient tous planqués chez eux, enfermés à double tour dans des bunkers et nous laisseraient nous débrouiller tout seuls. Et, petit détail sans importance, si vous faisiez partie des survivants, vous vous rendriez compte qu’une personne sur trois que vous connaissez serait morte.

Autant dire que vous n’auriez pas vraiment l’esprit à vous demander s’il faut ou non mettre un masque.

En sortir ?

J’ai dîné chez un couple de médecins il y a peu. Ce sont des vaccinistes militants et d’après eux, des usines Pfizer seraient en train de monter en puissance pour sortir des millions de doses de vaccin d’ici trois semaines en France.

La seule question qui vaille maintenant est : comment allons-nous sortir de tout ce délire ? Plus le temps passe et plus l’anormalité s’ancre dans nos vies comme une normalité. Les gens s’habituent. La machine est lancée, et plus encore que son dynamisme morbide  des débuts, c’est sa routine tranquille et inexorable qui est maintenant à craindre. Si le vaccin vient à se révéler nocif, ils nous feront gentiment le coup du sinistre Fabius : « responsable mais pas coupable ». Ce qui revient à dire : j’y suis pour rien. Ce ne serait pas la première fois

Le seul espoir que nous ayons à court terme est l’inévitable dissension au sein des élites. Macron serait plutôt anti-confinement alors que le ministère de la santé essaierait de pousser au maximum dans le sens de mesures sanitaires toujours plus dures. C’est ce qui se passe quand le politique refuse ses responsabilités et passe la main à des techniciens dégagés de toute responsabilité. Ici, les médecins. Je ne sais ce que vaut cette information, mais après tout, nos politiques sont tellement pris dans des forces contraires de conflits d’intérêt, de délire idéologique et d’incompétence que tout est possible.

Ce même couple de médecins se félicitait de la prochaine réouverture des restaurants promise pour la mi-mai et admettait d’ailleurs que le gros de l’épidémie était derrière nous (no shit, Sherlock ? Comme la grippe en hiver quoi…). Ces gens émettaient aussi l’hypothèse convenue et assez évidente que le covid pourrait bien devenir saisonnier. Un peu comme la grippe, ai-je fait remarquer, tout en suggérant que le pouvoir trouverait un nouveau prétexte pour nous ré-enfermer une fois l’automne venu, et ce au moins jusqu’à la tentative de réélection de Macron. J’ai senti un léger malaise et une grande incrédulité. Je n’ai pas insisté.

Pour un homme qui a un marteau, tout problème est un clou. J’ai enfin compris exactement la signification de cet adage. Pour un médecin, il n’y a pas de problème politique. Ils ne comprennent pas ces choses-là. Reste nos dirigeants, à propos desquels nous auront toujours à hésiter entre les blâmer pour leur incompétence ou leur malignité. Il y a un peu des deux, probablement.

Suspect

Ceux qui me connaissent un peu savent que je ne porte pas la police dans mon cœur, loin de là, et que ma considération pour cette institution a définitivement disparue depuis que j’ai vu la flicaille à l’œuvre face aux Gilets Jaunes. En fait, je ne vois pas d’autre façon de la désigner que comme un mal nécessaire, formule dans laquelle le terme de mal a au moins autant de poids que celui de nécessaire.

Ma dernière rencontre avec la flicaille date d’il y moins de 24 heures. Bien que muni d’une attestation professionnelle en bonne et due forme, j’ai fait l’objet d’une fouille au corps, menée avec un amateurisme affligeant d’ailleurs, tant il semble que le flic français moyen sache mêler avec brio le zèle à l’incompétence.

Je pourrais comprendre que les flics m’aient arrêté de nuit pour savoir si je n’enfreignais pas ce couvre-feu profondément tyrannique, mais leur insistance à me considérer comme suspect et leur évidente envie de me faire sentir leur pouvoir sont impardonnables. Dans ce délire sécuritaire sous couvert de mesures sanitaires, le virus est l’argument parfait. La première chose que les flics ont faite quand ils ont frappé à la fenêtre de mon véhicule a été de m’ordonner fébrilement de mettre mon masque, comme si je pouvais effectivement leur transmettre un virus mortel (rappelons que le taux de mortalité du covid19 est de 0,05%). Avec le virus, tout le monde est suspect, puisque qu’il est indétectable à moins d’un test. Vous êtes en quelque sorte coupable jusqu’à ce qu’on ait reconnu votre innocence grâce à un test à la fiabilité douteuse. Renversement total de la présomption d’innocence. Plus besoin de transporter une arme, de la drogue ou que sais-je encore, votre simple présence peut cacher un virus. Autant dire que vous ne serez plus jamais tranquille : vous portez peut-être la mort et les flics seront là pour vous le rappeler.

Eux aussi portent des masques. Mais ils en ont pris l’habitude bien avant le covid, depuis les Gilets Jaunes. S’ils ne peuvent effectuer leur besogne à visage découvert, c’est évidemment parce qu’ils savent que ce qu’ils font est honteux. Mais tout comme pour les gilets pare-balle qu’ils arborent en permanence comme s’ils étaient en ex-Yougoslavie, je parie que le masque va devenir partie intégrante de leur uniforme.

Ils sont d’ailleurs en guerre. Contre nous. Diligentés par une caste étatique qui a décidé qu’il fallait nous mater. Mais ceci ne saurait les exonérer de leur responsabilité individuelle. Au moment où nous cesseront de demander à chaque homme de prendre sa part de responsabilité individuelle dans chacune de ses actions, nous aurons tout perdu.

Un peu de liberté

Je n’ai pas beaucoup de temps en ce moment pour me préoccuper de l’actualité. L’avantage, c’est que j’échappe partiellement à la covidémence généralisée. Partiellement car lorsqu’on est obligé de porter cette saloperie de masque pour travailler, on ne peut pas totalement en faire abstraction. L’inconvénient, c’est que lorsque je reconnecte pour prendre des nouvelles du monde, la situation de nos liberté a empiré au-delà de l’imaginable.

J’ai eu la chance de me trouver un soir avec des gens qui sont totalement hermétique à cette folie collective. Il m’a semblé presque incongru d’être réuni avec des gens sans masque, comme avant. C’est là que je me suis rendu compte que malgré tout, on a beau résister mentalement, cette folie réussit à faire son chemin dans notre cerveau. Malgré moi, j’ai intégré le fait que le masque était la norme sociale.

Mais la bonne nouvelle est qu’il y a encore des îlots de lucidité. Au stade où nous en sommes, il est du devoir de chacun de nous de préserver la flamme. En secret s’il le faut. Le plus dur est encore devant nous.

Tout cela finira un jour. Mais quand ?

Résistance

Il n’est rien de plus commun que d’entendre ou de lire des gens qui sont persuadés qu’ils auraient été résistants. Je crois avoir entendu cela depuis que j’ai été en âge d’apprendre l’histoire de la seconde guerre mondiale. Reconnaissons-le : personne n’a envie de dire qu’il aurait été collabo. Les nostalgiques du IIIème Reich ou de l’Occupation se voient plutôt dans le camp de ceux qui avaient les plus beaux uniformes, jamais dans les costumes rayés de Laval ou dans la mine grisâtre de tout ceux qui demandaient bien gentiment à la Kommandantur s’ils pouvaient faire représenter leurs pièces de théâtre. Quitte à être du mauvais côté, encore faut-il que ce soit glorieux.

Pourtant, le fait est qu’il y a eu un noyau de collaborateurs actifs et une masse de gens qui se sont laissé faire, à la fois par désarroi et par peur, peut-être aussi par habitude. Pas de mauvaises personnes, juste des gens qui essayaient de surnager dans l’incertitude d’alors.

La réalité est que résister ne demande pas seulement du courage, mais surtout la capacité à discerner ce à quoi il faut résister. Avec le recul, il est facile de comprendre que les Allemands étaient les méchants. Mais à l’époque, il y avait certainement des gens qui avaient des dizaines de bonnes raisons d’expliquer qu’on ne pouvait faire autrement que de s’accommoder de la situation, et qui même étaient persuadés d’être dans le vrai en apportant leur concours à l’ennemi. Certains mêmes devaient éprouver un certain plaisir à exercer un pouvoir coercitif sur leurs concitoyens.

Vous voyez où je veux en venir avec ce long point Godwin. Les covidistes sont persuadés qu’il n’y a rien d’autre à faire que de s’accommoder du covid, si possible en prenant les mesures les plus autoritaires possibles. Parmi eux, certains sont probablement très heureux que les circonstances leur donnent l’occasion d’exercer un pouvoir sans limite sur les Français.

Peu nombreux sont ceux qui voient effectivement qu’il faut résister à tout prix, car nous sommes privés de nos libertés les plus fondamentales. La plupart des gens voient les inconvénients de l’occupation covidiste mais attendent que cela passe, faute de savoir quoi faire, quoi dire, ou tout simplement pour ne pas être embêté par la police, par leurs employeurs, par les autorités.

Avec le recul, dans bien des années, nous nous rendrons compte que tout cela est un délire, une folie, et tous diront qu’ils auraient certainement été contre les mesures coercitives et les abus de pouvoir de la secte covidiste. Pour l’heure, des imbéciles et des vendus nous expliquent doctement et avec morgue qu’on ne peut faire autrement, que tout cela est pour notre bien. Ils nous diraient presque qu’ils font don de leur personne à la France. Et ils en sont presque à qualifier de terroriste ceux qui refusent cette folie.

Il faut résister. Il ne faut pas laisser passer cette occasion. Après tout, le covid a quand même tué bien moins de Français que ne l’ont fait les Allemands. Il ne devrait pas nous faire aussi peur.

Le résistant est toujours du mauvais côté de la barrière sur le moment. Réfléchissez-bien à ce qui a pour vous la valeur la plus haute. Si c’est la liberté et la vie, il ne devrait pas vous être trop difficile de discerner le mauvais côté de la barrière.

Inévitable

La crise covid à laquelle il est quasiment impossible de ne pas penser dès qu’on essaye de s’informer sur l’état du monde, est évidemment une formidable opportunité pour justifier toujours plus de contrôle social sur les populations par les États. Les obligations ubuesques et les restrictions colossales de libertés publiques me semblent assez parlantes à ce sujet.

Il y a pourtant plus perfide. Les pires éléments de contrôle social ne seront pas obligatoires, mais il deviendra impossible de vivre sans. Tout sera fait pour qu’on ne puisse avoir une vie normale sans se soumettre à une série de petites brimades et obligations. Prenez le QR code que notre gouvernement, si soucieux de notre santé, rêve d’installer à l’entrée de tous les restaurants. Il suffirait de le scanner pour que vous soyez répertorié comme client et, par pure bienveillance, vous pourriez être prévenu si par malheur il y avait des personnes covidées dans l’établissement. Pour votre bien, on vous dit. Accessoirement, cela permettrait de savoir ce que vous faites et où vous allez. Un peu comme avec votre portable, mais en mieux. Il va sans dire que la police ne pourrait pas utiliser ces données, promis, juré… mais en cas de circonstances exceptionnelles, voyez vous, peut-être que… En tous cas, en Chine le système fonctionne très bien.

Bien sûr, on ne peut pas vous obliger à posséder un ordiphone capable de scanner un QR code. Donc on ne peut pas rendre obligatoire cette pratique, mais si tous les établissements « recevant du public » vous refusent l’entrée poliment parce que vous n’êtes pas équipés, un peu comme on peut vous refuser l’entrée à peu près partout parce que vous êtes pieds-nus, vous commencerez à réfléchir.

C’est exactement comme le téléphone portable. Il n’y a aucune obligation légale à en posséder un. Mais vivre sans vous coupe de presque tout, socialement et professionnellement. Alors vous finissez par en avoir un, parce que la vie est plus simple avec que sans.

C’est comme ça qu’ils nous auront. Le seul moyen d’y échapper est de dire non maintenant, demain, toujours. Et massivement. J’avoue que cela me semble très, très difficile. La masse finit toujours par suivre la ligne de plus forte pente. Malheureusement.

Propagande

La révélation a eu lieu un jour de février à 6h00 du matin dans la salle à manger d’un hôtel de province sous la forme d’un homme qui prenait son petit-déjeuner les yeux fixés sur un écran de télévision qui diffusait le journal continu d’une célèbre chaîne d’information dont le nom commence par BFM et finit par TV. Cet homme enfournait dans sa bouche une nourriture dont il n’était pas même conscient, absorbé qu’il était par l’écran qui proclamait la terreur covidienne. J’ai compris qu’il serait presque impossible de lutter face à une hypnose si évidente et si brutale. Si facile.

Une propagande efficace est d’une simplicité désarmante. Il n’y a qu’une seule chose à faire : répéter. Sans cesse. Inlassablement. Partout.

Même la thèse la plus délirante finit par être crue du plus grand nombre. C’est tout ce qui importe. Le petit nombre d’indécis ou de sceptiques ne compte pas. Leurs arguments n’auront aucun poids  sur la masse des convaincus qui raisonneront toujours de la façon la plus simple : si tout le monde, ou presque tout le monde, le dit c’est que ça doit être vrai. Celui dont l’opinion est dissonante sera perçu au mieux comme un original, au pire comme un élément dangereux. La raison en est fort simple : l’homme est un animal social et ne craint rien tant que l’exclusion du groupe. Il se conforme à l’opinion dominante et se méfie de celui qui apporte la contradiction et dérange ses certitudes.

La propagande, quel que soit le sujet, doit juste délivrer un message simple et propre à provoquer une émotion fondamentale : peur, joie, tristesse, colère. Éventuellement, elle cherchera à gagner la confiance ou déclencher la répulsion. Puis il suffit d’occuper le terrain. Partout, tout le temps, sans laisser aucune place à une opinion contraire.

C’est atrocement simple. Point n’est besoin de longs développements, de techniques publicitaires et psychologiques compliquées, de stratégie de référencement ou de positionnement. Tout cela vaut pour les petits, ceux qui essayent de vendre un produit hasardeux dans un monde qui n’en a pas besoin. Pour les grandes choses, la répétition.

La peur du covid est un exemple quasiment parfait. Depuis février 2020, les médias nous délivrent en boucle un seul message, tous les jours, sur tous les supports : il y a une maladie grave et mortelle qui sévit dans le monde. Cela suffit. Je vois ici et là des esprits lucides se plaindre de l’absence de débat, des exagérations, de l’incompréhension par le public des subtilités chiffrées. Tout cela est vain. Le seul moyen de lutter contre cette propagande serait de dire le contraire, de façon simple, dans tous les médias, tous les jours. C’est tout. Et c’est évidemment impossible.

Les arguments rationnels portent en petit comité. Entre gens prêts à réfléchir. Mais pour influencer massivement, une seule chose à faire. Répéter. Inlassablement. À force, le doute s’installe, puis la conviction. Juste parce qu’il est trop fatigant de réfléchir.

Alors répétez. Tout le temps. Partout où vous le pouvez : le covid n’est qu’un prétexte pour nous priver de liberté.