Suspect

Ceux qui me connaissent un peu savent que je ne porte pas la police dans mon cœur, loin de là, et que ma considération pour cette institution a définitivement disparue depuis que j’ai vu la flicaille à l’œuvre face aux Gilets Jaunes. En fait, je ne vois pas d’autre façon de la désigner que comme un mal nécessaire, formule dans laquelle le terme de mal a au moins autant de poids que celui de nécessaire.

Ma dernière rencontre avec la flicaille date d’il y moins de 24 heures. Bien que muni d’une attestation professionnelle en bonne et due forme, j’ai fait l’objet d’une fouille au corps, menée avec un amateurisme affligeant d’ailleurs, tant il semble que le flic français moyen sache mêler avec brio le zèle à l’incompétence.

Je pourrais comprendre que les flics m’aient arrêté de nuit pour savoir si je n’enfreignais pas ce couvre-feu profondément tyrannique, mais leur insistance à me considérer comme suspect et leur évidente envie de me faire sentir leur pouvoir sont impardonnables. Dans ce délire sécuritaire sous couvert de mesures sanitaires, le virus est l’argument parfait. La première chose que les flics ont faite quand ils ont frappé à la fenêtre de mon véhicule a été de m’ordonner fébrilement de mettre mon masque, comme si je pouvais effectivement leur transmettre un virus mortel (rappelons que le taux de mortalité du covid19 est de 0,05%). Avec le virus, tout le monde est suspect, puisque qu’il est indétectable à moins d’un test. Vous êtes en quelque sorte coupable jusqu’à ce qu’on ait reconnu votre innocence grâce à un test à la fiabilité douteuse. Renversement total de la présomption d’innocence. Plus besoin de transporter une arme, de la drogue ou que sais-je encore, votre simple présence peut cacher un virus. Autant dire que vous ne serez plus jamais tranquille : vous portez peut-être la mort et les flics seront là pour vous le rappeler.

Eux aussi portent des masques. Mais ils en ont pris l’habitude bien avant le covid, depuis les Gilets Jaunes. S’ils ne peuvent effectuer leur besogne à visage découvert, c’est évidemment parce qu’ils savent que ce qu’ils font est honteux. Mais tout comme pour les gilets pare-balle qu’ils arborent en permanence comme s’ils étaient en ex-Yougoslavie, je parie que le masque va devenir partie intégrante de leur uniforme.

Ils sont d’ailleurs en guerre. Contre nous. Diligentés par une caste étatique qui a décidé qu’il fallait nous mater. Mais ceci ne saurait les exonérer de leur responsabilité individuelle. Au moment où nous cesseront de demander à chaque homme de prendre sa part de responsabilité individuelle dans chacune de ses actions, nous aurons tout perdu.

Un peu de liberté

Je n’ai pas beaucoup de temps en ce moment pour me préoccuper de l’actualité. L’avantage, c’est que j’échappe partiellement à la covidémence généralisée. Partiellement car lorsqu’on est obligé de porter cette saloperie de masque pour travailler, on ne peut pas totalement en faire abstraction. L’inconvénient, c’est que lorsque je reconnecte pour prendre des nouvelles du monde, la situation de nos liberté a empiré au-delà de l’imaginable.

J’ai eu la chance de me trouver un soir avec des gens qui sont totalement hermétique à cette folie collective. Il m’a semblé presque incongru d’être réuni avec des gens sans masque, comme avant. C’est là que je me suis rendu compte que malgré tout, on a beau résister mentalement, cette folie réussit à faire son chemin dans notre cerveau. Malgré moi, j’ai intégré le fait que le masque était la norme sociale.

Mais la bonne nouvelle est qu’il y a encore des îlots de lucidité. Au stade où nous en sommes, il est du devoir de chacun de nous de préserver la flamme. En secret s’il le faut. Le plus dur est encore devant nous.

Tout cela finira un jour. Mais quand ?

Ave Cesar !

Le cinéma a tenu une grande place dans ma vie à une certaine époque, qui était celle de la jeunesse, quand on découvre une multitude de choses et qu’on prend conscience de l’étendue de la créativité humaine.  Peut-être que le cinéma est justement fait pour les âmes jeunes. Avec l’âge, la maturité, tout cela paraît un peu dérisoire, au point que je ne regarde plus que rarement des films, et quand cela m’arrive, c’est surtout pour revoir ceux qui m’ont marqués.

Évidemment, je ne me suis jamais intéressé à la pathétique cérémonie des Césars, mauvais décalque des Oscars américains. Les échos que j’ai eus de la dernière édition semblent indiquer que cette pantalonnade a touché le fond du grotesque cette année (bien qu’en terme de pire, on puisse toujours avoir des surprises), symptôme flagrant de la dégénérescence complète du cinéma français depuis quelques décennies. Il faudrait d’ailleurs être complètement fou ou abruti pour payer afin de voir un film français qui a moins de 20 ans.

Je ne vais pas perdre mon temps et gaspiller le votre en faisant la liste des reproches qu’on peut faire au cinéma français, le seul mot grotesque de « Danyboon » résumant à mon avis à peu près tout. Plus intéressante me semble l’idée que le cinéma, d’une manière générale, est peut-être arrivé au bout de ce qu’il pouvait donner, qu’il a tout dit, et qu’il ne peut plus qu’être une pâle copie de lui-même, dans le meilleur des cas. Après tout, le cinéma n’a qu’une centaine d’année d’existence, ce qui est très peu au regard des toutes les autres formes d’expression artistique, et pourrait bien disparaître avant toutes les autres, car il est lié par essence à des conditions techniques et à un moment industriel. À l’échelle de l’humanité, l’effet Lindy joue plutôt en sa défaveur.

D’autre part, la façon de consommer un film n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a encore une vingtaine d’années. Que ce soit dans une salle ou à la télévision, il fallait à une époque être présent à un certain créneau horaire et on ne pouvait pas arrêter de regarder pour reprendre plus tard, y compris des séries qu’on ne pouvait suivre qu’en étant fidèle au rendez-vous imposé par la grille horaire d’une chaîne télévisée. Les plus jeunes n’ont pas connu cela et ont probablement du mal à imaginer ce type de contrainte. Aujourd’hui, un film, une série, ou toute œuvre apparentée se consomme n’importe quand, n’importe où, au rythme qu’on choisit. Ce changement est d’origine purement technique – la capacité à envoyer des flux d’image et de son sur des appareils aussi petits et portatifs que les ordiphones – et induit un mode de consommation nouveau, et par ricochet une façon de créer et de produire différente, d’où l’avènement des séries débitées ad nauseam pour meubler les offres des plateformes.

Si je voulais être méchant, je dirais que le cinéma est un truc de boomer : des gens jeunes, insouciants et nombreux se réunissent dans des salles pour voir des films dont ils gardent des souvenirs impérissables des années plus tard (et il est vrai qu’il y avait de bons films à une époque). Le cinéma va disparaître avec eux, remplacé par une sorte de retour aux origines de ce qu’il était : un divertissement forain pour illettrés, dont on voit aisément la résurgence dans les blockbusters hollywoodiens dont le principal souci est d’en mettre plein la vue au spectateur d’un côté, et de l’autre la prolifération des micro-séquences façon tik-tok qui rappellent les lanternes magiques et autres appareils des débuts donnant à voir de courtes séquences insolites en boucle mais qui ne racontaient pas grand-chose. D’ailleurs, une remarque typique de boomer est qu’on profite mieux d’un film comique quand on le voit dans une salle, car le rire serait communicatif et social. C’est évidemment dépassé : la dimension collective du cinéma a vécu, l’image animée s’expérimentent désormais seul ou à quelques uns dans le confort – relatif- d’un appartement, pratique résumée par l’expression hideuse « Netflix and chill ».

Évidemment, la caste incestueuse qui domine le cinéma en France n’a rien compris et s’attache à son modèle vermoulu, exactement comme le fait la caste dirigeante en politique. Ce qui nous donne la calamiteuse cérémonie des Césars qui se vautre dans la bêtise, la vulgarité et le gauchisme indigéniste.

En attendant, vous pouvez toujours revoir Le voleur de bicyclette ou Rome ville ouverte.

Contrainte

J’ai été contraint de me faire tester covid. C’est douloureux, désagréable, humiliant. Légalement, aucun employeur ne peut vous y obliger. Mais dans les faits, il est impossible de s’y soustraire, surtout dans un métier où le télétravail est impossible et où l’on travaille par réseau sur des projets courts, dans un milieu qui ne connaît pas le CDI.  Il y a ce qui est légal, et ce qui est possible. Et souvent, la différence est suffisante pour que vous puissiez être contraint à vous soumettre malgré la protection que vous offre théoriquement la loi.

Je ne discuterai pas du bien-fondé des tests sur personnes asymptomatiques. Je pense que c’est une connerie mais je comprends que mon employeur cède à la paranoïa. Il a de bonnes raisons pour cela. Ce qui me gêne, c’est qu’une entreprise, surtout si elle emploie un grand nombre de personne, devient le lieu idéal pour l’application d’un programme étatique de contrôle total de la population. Parce que toute cette histoire de masques, de couvre-feu, de tests et de vaccin n’est pas autre chose. Le salarié est toujours soumis à une contrainte, plus fortement qu’un indépendant. Cela explique pourquoi l’État n’aime pas les indépendants. Un salarié est beaucoup plus facile à contrôler.

Je n’en veux pas à l’infirmier qui, prenant son travail un peu trop au sérieux, m’a tanné toute la journée pour que je n’oublie pas de me faire tester. Mais il est malgré lui un rouage de cette machine à asservir, exactement comme le flic qui chasse les promeneurs des quais de Seine à grand renfort de mégaphone.

J’ai bien moins peur du covid que de l’État, et tout citoyen pour qui la liberté est une valeur fondamentale devrait comprendre cela. Je sais que certains croient sincèrement que cette maladie est très dangereuse. Qu’ils n’aient pas peur. Je discute régulièrement avec  des médecins, dont l’un a un poste important dans un gros hôpital de la région parisienne. Le covid ne les inquiètent absolument pas. Ce qui les inquiètent, c’est plutôt le manque de fiabilité des tests

Résistance

Il n’est rien de plus commun que d’entendre ou de lire des gens qui sont persuadés qu’ils auraient été résistants. Je crois avoir entendu cela depuis que j’ai été en âge d’apprendre l’histoire de la seconde guerre mondiale. Reconnaissons-le : personne n’a envie de dire qu’il aurait été collabo. Les nostalgiques du IIIème Reich ou de l’Occupation se voient plutôt dans le camp de ceux qui avaient les plus beaux uniformes, jamais dans les costumes rayés de Laval ou dans la mine grisâtre de tout ceux qui demandaient bien gentiment à la Kommandantur s’ils pouvaient faire représenter leurs pièces de théâtre. Quitte à être du mauvais côté, encore faut-il que ce soit glorieux.

Pourtant, le fait est qu’il y a eu un noyau de collaborateurs actifs et une masse de gens qui se sont laissé faire, à la fois par désarroi et par peur, peut-être aussi par habitude. Pas de mauvaises personnes, juste des gens qui essayaient de surnager dans l’incertitude d’alors.

La réalité est que résister ne demande pas seulement du courage, mais surtout la capacité à discerner ce à quoi il faut résister. Avec le recul, il est facile de comprendre que les Allemands étaient les méchants. Mais à l’époque, il y avait certainement des gens qui avaient des dizaines de bonnes raisons d’expliquer qu’on ne pouvait faire autrement que de s’accommoder de la situation, et qui même étaient persuadés d’être dans le vrai en apportant leur concours à l’ennemi. Certains mêmes devaient éprouver un certain plaisir à exercer un pouvoir coercitif sur leurs concitoyens.

Vous voyez où je veux en venir avec ce long point Godwin. Les covidistes sont persuadés qu’il n’y a rien d’autre à faire que de s’accommoder du covid, si possible en prenant les mesures les plus autoritaires possibles. Parmi eux, certains sont probablement très heureux que les circonstances leur donnent l’occasion d’exercer un pouvoir sans limite sur les Français.

Peu nombreux sont ceux qui voient effectivement qu’il faut résister à tout prix, car nous sommes privés de nos libertés les plus fondamentales. La plupart des gens voient les inconvénients de l’occupation covidiste mais attendent que cela passe, faute de savoir quoi faire, quoi dire, ou tout simplement pour ne pas être embêté par la police, par leurs employeurs, par les autorités.

Avec le recul, dans bien des années, nous nous rendrons compte que tout cela est un délire, une folie, et tous diront qu’ils auraient certainement été contre les mesures coercitives et les abus de pouvoir de la secte covidiste. Pour l’heure, des imbéciles et des vendus nous expliquent doctement et avec morgue qu’on ne peut faire autrement, que tout cela est pour notre bien. Ils nous diraient presque qu’ils font don de leur personne à la France. Et ils en sont presque à qualifier de terroriste ceux qui refusent cette folie.

Il faut résister. Il ne faut pas laisser passer cette occasion. Après tout, le covid a quand même tué bien moins de Français que ne l’ont fait les Allemands. Il ne devrait pas nous faire aussi peur.

Le résistant est toujours du mauvais côté de la barrière sur le moment. Réfléchissez-bien à ce qui a pour vous la valeur la plus haute. Si c’est la liberté et la vie, il ne devrait pas vous être trop difficile de discerner le mauvais côté de la barrière.

Il neige

Je ne crois pas que le masque et toutes les mesures anticovid soient une exception, un accident, une marque de panique passagère de gouvernements dépassés. Je n’ignore pas qu’il s’agit, consciemment, d’une tentative toujours plus poussée de contrôle des populations par une caste tyrannique frappée d’hybris. Mais là n’est pas le plus important. Ce délire sanitaire, cette folie hygiéniste, n’est que la continuation naturelle de la peur dans laquelle nous vivons et que l’État maternel entretien parce que nous le voulons bien.

Il a neigé ces derniers jours près de chez moi et la première choses qu’ont fait les services municipaux a été de fermer par de la rubalise l’accès aux jeux pour enfant et à certains escaliers. Parce que nous sommes censés avoir peur de tout, et qu’il faut nous protéger de tout. Cette tendance paralysante face au moindre risque n’existait pas il y a encore quelques décennies. Dans mon enfance, j’ai fait du vélo sans casque ni protection d’aucune sorte, j’ai bu directement au tuyau d’arrosage du jardin et j’ai même joué dans des squares sous la neige. J’ai survécu, comme tant d’autres. Mais les mentalités ont changé, et sous prétexte de sécurité, tout ce qui a un tant soit peu d’autorité refuse à toute force le risque. S’il le pouvait, notre État maternel nous ferait vivre toute notre vie dans des bulles stériles, comme des bébés prématurés, pour être sûr qu’il ne nous arrive rien.

C’est le symptôme d’un monde qui veut que plus rien ne lui arrive. Un monde qui refuse absolument le risque, l’imprévu, le mouvement. La vie. Et la folie covidiste n’est jamais qu’un prolongement de cet état d’esprit. Dans l’idéal des covidistes, il faudrait un monde dans lequel ne circule strictement aucun virus, aucune bactérie, aucun germe. Rien.

Heureusement, dans le parc où je me promenais, les enfants et certains parents ont fait fi la rubalise qui entourait les jeux. Les gamins jouent, tombent, se relèvent, pleurent et rient. Comme le font les enfants.  Ils ont préféré la vie. Tout n’est pas perdu. La neige ne les a pas tué. Surprenant, non ?

L’ancien monde est toujours là

Comme beaucoup d’autres, je suis pris dans la bulle internet. J’ai jeté ma télévision il y a bien longtemps et je ne comprends même plus comment on peut trouver le temps de la regarder. Tout ce qui s’y passe m’est étranger. Je suis incapable de citer une émission, un animateur connu ou un programme – à part peut-être le nom de l’affligeant Hanouna. Je m’informe grâce à internet, et je reconnais que bien souvent je vois passer des extraits de journaux (que je n’achète plus depuis bien longtemps, sinon une fois de temps en temps afin d’avoir du papier pour nettoyer mes vitres, je vous conseille d’essayer, c’est très efficace) ou d’émissions, et c’est ainsi que je garde le lien avec le monde des gens ordinaires.

Pendant un certain temps, j’ai été persuadé que le monde d’internet allait peu à peu prendre le pas sur les médias classiques, et je pense que les journalistes professionnels l’ont cru aussi pendant un moment. Mais je dois reconnaître que leur désarroi a été de courte durée, tout autant que mon espérance. Les médias ont réussi le tour de force d’installer une présence sur internet (ce qui a été facile) tout en décrédibilisant systématiquement tout information, toute parole qui ne venait pas d’eux. Bien évidemment, l’influence des réseaux sociaux et de des courants d’opinions qui s’y développent existe, mais la crise du coronavirus nous aura prouvé une chose : les médias classiques ont conservé intacte toute leur puissance d’influence.

J’avoue que je ne pensais pas qu’ils étaient encore aussi puissants. Pas à ce point. Mais les faits sont là : si le monde entier croit dur comme fer qu’il y a une terrible pandémie qui sévit en ce moment, c’est uniquement grâce au matraquage permanent que les médias nous font subir depuis un an.

L’ancien monde des médias est toujours bien présent, et même plus fort que jamais, puisque tout ce qui exprime une opinion dissonante est désormais qualifiée de complotiste, et partant, discréditée. En un sens, les médias classiques n’ont jamais été aussi puissants que depuis l’avènement d’internet : ils ont purgé jusqu’à la possibilité même de désaccord en leur sein.

Nous n’avons jamais eu autant de sources d’information à notre disposition, et pourtant jamais le mensonge n’a été aussi total et aussi efficace.

L’information est désormais totalement imperméable aux faits. Et la grande majorité des gens le sont devenus aussi. Je me demande même s’ils arriveront à ouvrir les yeux le jours où les puissants viendront nous présenter l’addition – ce qui arrivera fatalement.

Inévitable

La crise covid à laquelle il est quasiment impossible de ne pas penser dès qu’on essaye de s’informer sur l’état du monde, est évidemment une formidable opportunité pour justifier toujours plus de contrôle social sur les populations par les États. Les obligations ubuesques et les restrictions colossales de libertés publiques me semblent assez parlantes à ce sujet.

Il y a pourtant plus perfide. Les pires éléments de contrôle social ne seront pas obligatoires, mais il deviendra impossible de vivre sans. Tout sera fait pour qu’on ne puisse avoir une vie normale sans se soumettre à une série de petites brimades et obligations. Prenez le QR code que notre gouvernement, si soucieux de notre santé, rêve d’installer à l’entrée de tous les restaurants. Il suffirait de le scanner pour que vous soyez répertorié comme client et, par pure bienveillance, vous pourriez être prévenu si par malheur il y avait des personnes covidées dans l’établissement. Pour votre bien, on vous dit. Accessoirement, cela permettrait de savoir ce que vous faites et où vous allez. Un peu comme avec votre portable, mais en mieux. Il va sans dire que la police ne pourrait pas utiliser ces données, promis, juré… mais en cas de circonstances exceptionnelles, voyez vous, peut-être que… En tous cas, en Chine le système fonctionne très bien.

Bien sûr, on ne peut pas vous obliger à posséder un ordiphone capable de scanner un QR code. Donc on ne peut pas rendre obligatoire cette pratique, mais si tous les établissements « recevant du public » vous refusent l’entrée poliment parce que vous n’êtes pas équipés, un peu comme on peut vous refuser l’entrée à peu près partout parce que vous êtes pieds-nus, vous commencerez à réfléchir.

C’est exactement comme le téléphone portable. Il n’y a aucune obligation légale à en posséder un. Mais vivre sans vous coupe de presque tout, socialement et professionnellement. Alors vous finissez par en avoir un, parce que la vie est plus simple avec que sans.

C’est comme ça qu’ils nous auront. Le seul moyen d’y échapper est de dire non maintenant, demain, toujours. Et massivement. J’avoue que cela me semble très, très difficile. La masse finit toujours par suivre la ligne de plus forte pente. Malheureusement.

L’homme qui n’aimait pas les hommes

La personnalité d’Emmanuel Macron m’intrigue car il semble qu’aucun président n’a été plus explicable par sa psychologie qu’aucun autre auparavant. Les autres, voyez-vous, pouvaient être suspectés d’ambition personnelles et d’intérêts matériels triviaux, parfois même d’aveuglement idéologique ou de lâcheté face au qu’en-dira-t-on journalistique. Macron, lui ne semble être mu par rien de tout cela en priorité. Oh, bien sûr, l’ambition est là, et il en faut pour devenir président, mais le narcissisme impitoyable du personnage va bien au-delà.

Songez comme cet homme a fait preuve de dureté. Il a été inflexible face à la grève des transports – ce qui d’ailleurs n’aura pas que de mauvais effets puisqu’il paraît assuré qu’il a cassé les reins des syndicats pour un bon bout de temps. Il fallait de la ténacité en la matière, mais il s’est avéré par la suite qu’elle ne relevait pas d’un courage hors-norme ou d’une vision politique assurée, mais bien plutôt de l’application d’un programme qui au fond ne dépendait pas de lui mais pour lequel sa rigidité et son absence totale d’empathie en faisait le candidat idéal. On pourrait même dire que c’est justement pour cela qu’il a été choisi : cet homme obéira à ceux qui l’ont fait sans se poser de question, et avec toute la brutalité nécessaire.

Il l’a d’ailleurs amplement prouvé par la suite : la seule réponse qu’il a trouvé face aux gilets jaunes a été celles de la violence policière exacerbée et de l’autoritarisme, autoritarisme qui donne sa pleine mesure depuis les débuts de la crise du covid et qui s’appuie sur un appareil policier prêt à exécuter avec un zèle inquiétant toutes les basses besognes qu’on lui confiera.

Macron n’est absolument pas un homme politique. C’est un gestionnaire inflexible, sourd à tout ce qui fait l’humain. Par ses déclarations autant que par ses actes, il montre chaque jour qu’il ne comprend pas ce qui peut agiter le cœur des hommes. Toutes ses interventions sonnent creux et porte la marque de l’insincérité la plus totale. Non content de prendre systématiquement de mauvaises décisions, il semble incapable de les assumer. C’est toujours la faute de quelqu’un d’autre : les Français, bien sûr, qu’il n’aime pas, mais aussi le fameux conseil scientifique derrière lequel il s’abrite, comme s’il n’avait pas la décision finale entre ses mains. Ses ministres et subordonnés, qui n’appliquent rien assez vite ou assez bien, et auquels il préfère les conseils d’un cabinet anglo-saxon qui facture fort cher et sur lequel il pourra porter le blâme. Non seulement il semble incapable d’assumer le moindre reproche et ne semble pas se rendre compte que celui qui est au pouvoir porte in fine des responsabilités, mais il est apparemment persuadé d’être dans le vrai, d’être le seul à être dans le vrai.

Je ne dirai rien de la bizarrerie de son choix conjugal : il me semble que la situation parle d’elle-même. Elle est suffisamment inédite pour qu’on s’en défie instinctivement.

Cet homme ira jusqu’au bout avec une bonne conscience totale. Et nous expliquera jusqu’à son dernier souffle que c’est lui qui avait raison, et que nous somme les imbéciles qui n’ont rien compris. Le seul problème, c’est qu’il n’y a rien à comprendre, et que lui-même ne le sait pas.

Je crois pourtant comprendre une chose à propos de lui. Il est de la génération X. Celle qui a été mal aimée, mal éduquée, laissée à elle-même. C’est le premier de cette génération à accéder au pouvoir, et il montre tout ce qu’elle recèle d’impitoyable.

On a négligé de lui apprendre l’humanité.

Propagande

La révélation a eu lieu un jour de février à 6h00 du matin dans la salle à manger d’un hôtel de province sous la forme d’un homme qui prenait son petit-déjeuner les yeux fixés sur un écran de télévision qui diffusait le journal continu d’une célèbre chaîne d’information dont le nom commence par BFM et finit par TV. Cet homme enfournait dans sa bouche une nourriture dont il n’était pas même conscient, absorbé qu’il était par l’écran qui proclamait la terreur covidienne. J’ai compris qu’il serait presque impossible de lutter face à une hypnose si évidente et si brutale. Si facile.

Une propagande efficace est d’une simplicité désarmante. Il n’y a qu’une seule chose à faire : répéter. Sans cesse. Inlassablement. Partout.

Même la thèse la plus délirante finit par être crue du plus grand nombre. C’est tout ce qui importe. Le petit nombre d’indécis ou de sceptiques ne compte pas. Leurs arguments n’auront aucun poids  sur la masse des convaincus qui raisonneront toujours de la façon la plus simple : si tout le monde, ou presque tout le monde, le dit c’est que ça doit être vrai. Celui dont l’opinion est dissonante sera perçu au mieux comme un original, au pire comme un élément dangereux. La raison en est fort simple : l’homme est un animal social et ne craint rien tant que l’exclusion du groupe. Il se conforme à l’opinion dominante et se méfie de celui qui apporte la contradiction et dérange ses certitudes.

La propagande, quel que soit le sujet, doit juste délivrer un message simple et propre à provoquer une émotion fondamentale : peur, joie, tristesse, colère. Éventuellement, elle cherchera à gagner la confiance ou déclencher la répulsion. Puis il suffit d’occuper le terrain. Partout, tout le temps, sans laisser aucune place à une opinion contraire.

C’est atrocement simple. Point n’est besoin de longs développements, de techniques publicitaires et psychologiques compliquées, de stratégie de référencement ou de positionnement. Tout cela vaut pour les petits, ceux qui essayent de vendre un produit hasardeux dans un monde qui n’en a pas besoin. Pour les grandes choses, la répétition.

La peur du covid est un exemple quasiment parfait. Depuis février 2020, les médias nous délivrent en boucle un seul message, tous les jours, sur tous les supports : il y a une maladie grave et mortelle qui sévit dans le monde. Cela suffit. Je vois ici et là des esprits lucides se plaindre de l’absence de débat, des exagérations, de l’incompréhension par le public des subtilités chiffrées. Tout cela est vain. Le seul moyen de lutter contre cette propagande serait de dire le contraire, de façon simple, dans tous les médias, tous les jours. C’est tout. Et c’est évidemment impossible.

Les arguments rationnels portent en petit comité. Entre gens prêts à réfléchir. Mais pour influencer massivement, une seule chose à faire. Répéter. Inlassablement. À force, le doute s’installe, puis la conviction. Juste parce qu’il est trop fatigant de réfléchir.

Alors répétez. Tout le temps. Partout où vous le pouvez : le covid n’est qu’un prétexte pour nous priver de liberté.