Le grand tabou se fissure

Si les primaires ont eu une utilité, à part celle de nous débarrasser de Juppé dont je n’ai jamais cru une seule seconde qu’il réussirait, c’est de mettre en évidence la tension identitaire sous-jacente à toute la politique française.

Juppé a perdu car il était tout simplement trop vieux et faisait trop figure d’énarque technocrate, mais il est flagrant qu’il était le candidat de choix d’un courant islamo-socialiste qui ne se cache plus. Les mosquées ont appelé à voter pour lui, tout comme l’ont fait certaines figures de gauche. Le plus inquiétant est que cette gauche n’est pas celle de clowns marginaux à la Besancenot, mais bien celle de l’establishment journalistique mainstream. Pour ceux qui en doutait, il y a une alliance objective entre les musulmans et la gauche, alliance incarnée par l’improbable ministre Najat Belkacem qui applique les fantasmes égalitarismes destructeurs du socialisme tout autant qu’elle fait activement le lit de l’islam dans les écoles.

Face à cette hydre bicéphale, la victoire de Fillon montre clairement qu’une partie des électeurs est sensible à l’argument anti-islam et désire un retour à une droite portant haut des valeurs sinon traditionnelles, du moins classiques. Fillon possède la figure rassurante de l’homme de droite raisonnable qui a le beau rôle à côté d’un FN toujours vu comme brutal sur les questions d’immigration et d’islam. Fillon cependant est bien loin d’être le Trump français. Il n’est pas un outsider milliardaire volontiers provocateur mais un homme du système, un politicien professionnel qui ne peut qu’être pétri de l’esprit de sa caste. Entre les aspirations qu’il incarne et ce qu’il est vraiment, il y a peut-être plus qu’un fossé. L’avenir nous le dira. Nous ne sommes jamais à l’abri d’un surprise et il se peut qu’un apparatchik de second ordre se révèle en définitive un grand homme d’État, mais j’avoue avoir de gros doutes. Et ne perdons pas de vu qu’il n’est pas encore élu, loin de là.

Reste cette ligne de fracture que les Français commencent à assumer sur la question de l’islam, et qui va être déterminante pour la suite des événements. Il n’y a au fond que deux partis possible : celui des remplacistes et celui des remigrateurs. Mais ça, les Français ne le savent pas encore clairement.

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Sarkoxit

Le Sarkoxit, c’est maintenant. J’ai presque eu de la peine pour lui. Son discours de sortie était bon. Très bon même. Comme quoi, certains déploient leurs ailes dans la défaite. À croire qu’ils sont fait  pour ça. Et le Juppéxit s’annonce pour bientôt, sauf facétie du destin. Deux conceptions de la politique qui ont fait leur temps : le chiraquisme intrinsèquement malhonnête et l’histrionisme à main de velours dans un gant de fer blanc. La fausse modernité agitée du bocal et la politique à la pépé. On jette le jouet clinquant qui est vite passé de mode, mais on n’ira pas chercher le cheval à bascule de grand-papa à la cave. Reste Fillon. Pas franchement du neuf. Un peu pourri sous le harnois de la politique politicienne, mais sa relative virginité médiatique en a fait un outsider crédible. C’est l’effet Trump : les électeurs ont choisi le candidat que ne nous vendait pas le système. Bien sûr, le véritable outsider, c’était Poisson. Mais il avait contre lui le handicap insurmontable d’être inconnu. Les gens ne votent pas pour un type qui sort de nulle part. C’est un peu triste, mais on ne prête qu’aux riches.

Espérons au moins que la carrière politique de Juppé arrive à son terme dimanche prochain, ce sera toujours ça de pris. Il pourra retourner avec son tapis de prière sous le bras construire des mosquées à Bordeaux. Quant à Fillon, ce n’est pas franchement le sauveur que nous commençons à nous fatiguer d’attendre. Loin de là. Mais il sera toujours « moins pire » que les autres en cas de victoire en mai prochain.

Reste le problème Marine. Certains pensent qu’elle est déjà cuite, que sa seule vraie chance s’appelait Sarkozy. Rien n’est moins sûr. Fillon a un petit côté « beaux quartier » qui ne plaira pas à tous. La campagne à venir va être assez sportive. Sauf si la gauche réussit à lâcher ses gros bataillons de profs envieux, de bobos prétentieux et de musulmans fanatiques pour faire passer Juppé. Putain, ça nous ferait regretter Sarko !

Antiprimairisme primaire

Je n’ai jamais bien compris l’idée des primaires lorsqu’elles ne concernent pas uniquement les militants du parti qui les organisent. Après tout, désigner un candidat est une affaire de tambouille interne. Là, on se trouve plutôt face à une tentative de sondage à balles réelles dans laquelle les ennemis du parti en question peuvent aussi se mobiliser et voter pour le déstabiliser – est c’est bien ce que je compte faire en définitive.

Je n’ai pas regardé le débat d’hier soir jeudi 17 novembre car je n’ai pas la télé et car au fond, je m’en fous, mais j’ai néanmoins ma petite idée sur le profil des différents candidats qui s’affronte pour la possibilité de se retrouver au seconde tour des présidentielles face à Marine Le Pen.

Juppé : le pire d’entre tous. Technocrate assumé, vieux routier de la politique politicienne, éternel loser, candidat des médias, c’est le candidat idéal du PS dont il peut massivement récupérer les suffrages. Il est très dangereux car c’est un islamo-soumis intégral et son grand âge fait de lui un individu nécessairement étranger à la société actuelle – ce mec a eu 20 ans en 65, autant dire dans le monde d’avant. C’est une sorte de maréchal Pétain qui n’aurait même pas pour lui la crédibilité de Verdun. Il nous conduira au désastre.

Sarkozy : c’est un menteur. Il fait la même campagne populiste qu’en 2007 et fera le même quinquennat qu’alors. Il est là par ambition personnelle. Nous n’avons pas les moyens de perdre 5 ans de plus à rejouer une pièce déjà connue et décevante. De plus, je ne crois pas qu’avoir un président à qui Trump pourrait dire « j’ai baisé ta femme » serait à notre avantage.

Fillon : le moins pire, le moins à gauche, mais c’est un homme du système. C’est encore le mieux placé pour battre les deux précédents. Je ne lui fait pas plus confiance qu’aux autres, mais c’est le choix le moins absurde pour empêcher la catastrophe Juppé ou la double-peine Sarkozy.

Poisson : le seul ayant des convictions de droite authentique. Son début de crédibilité est cependant trop faible : personne ne le connaissait il y a encore trois mois, il manque de « profondeur stratégique ». Et son petit caprice sur France 3 montre surtout qu’il n’a pas l’envergure d’un chef. La télé, on y va ou on n’y va pas, et quand on y est, on lâche les chevaux pour faire du buzz. Bref, un brave gars qui n’a aucune chance.

Le Maire : c’est qui ?

NKM : Fait un bon sujet de reportage pour « ELLE ». À part ça, aucun intérêt.

Copé : Laisse tomber.

En conclusion, si vraiment on voulait torpiller ces primaires, il faudrait réussir à voter massivement pour NKM ou Le Maire, deux gros nuls qui n’ont aucune chance et qui exploseraient magistralement en vol aux présidentielles. Les choses étant ce qu’elles sont, tout se joue entre Juppé, Sarkozy et Fillon. Il est donc logique de favoriser Fillon au moins pour éviter les deux autres.

 

Le gestionnaire

J’avais de gros doutes sur Juppé, mais finalement, peut-être bien qu’il a ses chances. Il paraît inoffensif, ne ressemble à rien. À peine détourne-t-on le regard de son visage qu’on a déjà oublié à quoi il ressemble, et le seul adjectif qui vient pour le décrire est « chauve ». Il n’est ni sympathique ni antipathique, c’est l’homme sans qualité. Intelligent et cultivé, mais insipide. Le technocrate parfait, le gestionnaire sans vision d’avenir autre que l’économie à cinq ans, sans conscience du passé autre que ce sur quoi il a disserté devant un jury au temps de ses études. En bon gestionnaire, il sait que les musulmans représentent 20% de la population et il leur donnera donc des gages et des mosquées, pourvu que les livres de comptes ne soient pas trop mauvais. Il sera probablement meilleur que Hollande car il ne possède pas le fanatisme idéologique des socialistes, et il n’est probablement pas travaillé par l’envie et rongé par la jalousie comme la plupart des gens de gauche. Il se peut même qu’il réussisse à redresser un peu l’économie du pays. Malheureusement, le fond du problème, c’est comme le dit Renaud Camus de savoir si un candidat est remplaciste ou antiremplaciste.

Juppé, sérieusement…

Depuis quelques mois, un ectoplasme revenu d’entre les morts hante la politique française. On croyait Juppé coulé corps et biens dans le sillage du calamiteux Chirac, on s’imaginait qu’il allait finir sa carrière momifié à la mairie de Bordeaux et qu’on n’entendrait plus parler de lui. Mais non, le voila de retour, et il y a même, à ce qu’il paraît, des gens qui le trouvent crédible. Pourtant, le cv du bonhomme est éloquent : impossible de se rappeler ce qu’il a fait, probablement parce que son action politique est aussi fade que son physique. Ne surnage ici ou là que quelques condamnations en justice, qui ne l’ont pas empêché de continuer sa carrière, ce qui en dit long sur l’importance donnée à la probité par l’électeur bordelais moyen. Les âmes charitables font remarquer qu’il a probablement pris pour que Chirac, en parrain modèle, n’aille pas en prison. Si c’est le cas, c’est encore pire, car il a été bien mal récompensé de sa peine et mérite notre mépris.

Le plus comique dans tout cela, c’est la ferveur qu’ont mis Les Inrockuptibles à nous le vendre comme un type hype : soutenant Juppé comme la corde soutient le pendu, ils nous ont montré en beauté ce que pouvait être l’équivalent journalistique d’un dîner de con. Et le pire, c’est que Juppé y croit probablement dur comme fer.

Juppé n’est en fait ni vraiment de droite, ni vraiment de gauche : c’est tout simplement un énarque, un technocrate sans charisme ni conviction, prêt à tourner dans le sens du vent, surtout s’il s’agit d’un vent socialo-islamiste. Tout son blabla sur « l’État fort » ne vaut guère plus qu’un discours de François Hollande, et est évidemment inspiré par les circonstances. Juppé, c’est un peu comme le Modem : un truc qui devrait être de centre-droite mais qui en a honte sans pour autant avoir le courage d’aller prendre sa carte au PS. Bref, un loser. Sans compter que le bonhomme était déjà aux affaires en 1995 ! Il avait d’ailleurs déjà la tête de vieux qu’il a aujourd’hui, probablement parce qu’il était aussi jeune d’esprit à 40 ans qu’à 70 ans. 70 ans, c’est sûr, il incarne le renouveau. Pourquoi ne pas recycler aussi Jacques Toubon pendant qu’on y est ? (ah, vous l’aviez oublié celui-là, hein !!)

Tout ce qu’incarne Juppé, c’est le naufrage définitif de la « droite », qui doit vraiment être dans une détresse totale pour faire ainsi les fonds de tiroir. C’est comme quand on retrouve un paquet de riz périmé depuis 3 ans au fond d’un placard, et qu’on décide de le faire cuire quand même, parce qu’il a l’air encore bon : ça a un goût de carton et on balance le tout à la poubelle après la première bouchée. Il faut dire qu’à côté, un Sarkozy carbonisé comme une tartine qu’on aurait oubliée dans le grille-pain en position 10 ne fait guère plus envie.

Il semble, ô horreur, que Hollande ne soit pas si mal placé pour se faire réélire par défaut en 2017. Un peu de science-fiction : premier tour : Marine à 41%, Hollande à 23%. Deuxième tour : Hollande 62 %, Marine 38%. La seule chose qui pourrait nous sauver de Hollande, ce serait Marine à 51% au premier tour.

Au fond, de Juppé à Hollande en passant par Valls, Sarkozy et même Fillon, c’est vert bonnet et bonnet vert : ils ont tous un jour ou l’autre donné des gages à l’islam et à l’Europe, et soyez-en sûrs, ils feront toujours et encore la même politique catastrophique, soumise à l’UE, à l’Otan et accueillant à bras ouverts toute la lie terroriste de la terre.

L’âge d’or s’en va peu à peu

Lemmy Kilmister n’est plus. Une légende du rocknroll nous quitte, après 40 années de concerts à guichets fermés, et une tripotée d’albums, pas franchement tous de première bourre, mais avec un style qui a traversé le temps. Motörhead, un groupe bien bourrin, emblème de l’âge d’or du rock bien lourd, des tournées monstrueuses et des excès en tous genre. C’est tout une époque qui s’en va, ma brave dame. Et quand on pense que ce mec de 70 piges drainait des milliers de jeunes à ses concerts avec le minimum de promo, ça force le respect. Faut bien reconnaître que sur la fin, il manquait un peu de pêche. Il aura eu une belle carrière. Quand on pense qu’il a le même âge que Juppé… Rocknroll !