Vision

Il paraît de plus en plus évident que nous ne sortirons qu’à grand-peine de la covidémence, qui pour l’instant s’accentue bien plus qu’elle ne s’apaise, et ce en dépit de toute logique. J’ai depuis longtemps cessé d’argumenter avec les covicroyants. Je me contente d’instiller ici ou là le doute chez les semi-croyants et de renforcer la conviction des non-croyants. Mais tout ceci ne m’empêche malheureusement pas d’éprouver un profond désarroi, qui est à mon avis le sentiment dominant qui décrit le mieux l’époque, le zeitgeist.

La crise de covidémence est par ailleurs un symptôme du dysfonctionnement complet des sociétés développées. Nous sommes arrivés à une situation démographique et techno-scientifique tel que le système ancien ne pourra bientôt plus subsister, et je vois dans cette crise la réponse paniquée des tenants de ce système. Cependant, il ne faudrait pas ignorer le fait que les décisions de nos gouvernants tiennent tout autant de la volonté de n’engager à aucun prix leur responsabilité que de satisfaire une soif de contrôle total sur la société.

D’un côté, ils se couvrent le plus possible pour qu’on ne puisse jamais les accuser de « n’avoir rien fait », et de ce point de vue, on peut les comprendre, car la tendance à tenir les  autorités pour responsables de tout ce qui se produit dans nos vies individuelles se développe dans l’exacte mesure de la propension de l’État à s’immiscer dans nos vies. Il y a là une sorte de relation sado-masochiste dont les deux parties sont demandeuses. Cette tendance se concrétise parfois en poursuites juridiques, mode funeste venue une fois de plus des Etats-Unis qui semblent vouloir empoisonner toute la planète avec leurs procédures et leurs délires pseudo-intellectuels.

D’un autre côté, nos dirigeants peuvent réaliser le fantasme absolu de tout homme de pouvoir : le contrôle total de chaque instant de la vie de chaque citoyen. À défaut de prendre des décisions réellement politiques et de donner un cap, l’homme de pouvoir qui cherche à se défausser de toute responsabilité ne peut que se rabattre sur le contrôle des individus, et il faut bien reconnaître que la situation technique contemporaine lui donne des moyens dont même les dirigeants soviétiques n’auraient pu rêver – mais il faut cependant admettre que les moyens employés en ce moment en France pour tenir en respect la population sont relativement rustiques : des flics, des masques, des amendes. Nous n’avons pas encore complètement basculé dans un monde de drones et de puces sous-cutanées, même si tout cela est techniquement déjà prêt.

Je veux croire que cette situation est la marque d’un monde et d’un système à l’agonie, et aucun des dirigeants actuels de la France, pour relativement jeunes qu’ils soient, ne me semblent incarner quoi que ce soit de réellement nouveau – mais le cynisme absolu d’un Macron pourrait me faire mentir. Ce qui manque toutefois pour faire basculer le monde ancien est un corpus théorique, une ou plusieurs idées nouvelles qui pourraient nous faire entrer politiquement dans le monde dont la matière bouillonne sous nos yeux. Pour définir et inspirer ce que pourrait être le monde d’après, les seuls qui me semblent proposer quelque chose sont les sinistres prophètes du transhumanisme, et j’espère qu’ils ne sont que le délire finissant de fantasmes issus des années boomers plutôt que l’annonce de ce qui vient.

Tous les bouleversements politiques ont été précédés de changements concrets, qu’ils soient techniques, démographiques ou sociaux, mais ils ont eu besoin pour prendre forme d’un socle théorique. On pouvait lire Rousseau, Montesquieu ou Voltaire bien avant 1789, et Marx 50 ans avant la révolution russe. Les délires de gens comme Attali, Bill Gates ou Harari (ou encore des illustres inconnus de Gougueule) qui au fond se limitent à une organisation désincarnée des individus en atomes dépersonnalisées ne me semblent pas être une vision politique réelle.

J’avoue pourtant ne voir nulle part de proposition alternative viable, et en l’absence de ce type de vision, la volonté des puissants de ce monde de nous asservir est en roue libre. Et cela peut durer encore un certain temps – c’est à dire tant que nous serons suffisamment jeunes pour travailler mais un peu trop vieux pour secouer le joug.

L’état d’urgence vise-t-il à empêcher une révolution ?

Une révolution, c’est le nom que donne les outsiders à une guerre civile qu’ils ont provoqué et fini par gagner.

Pour lancer et éventuellement réussir une révolution, il faut un peu plus que du mécontentement populaire, même massif et généralisé. Une révolution suppose qu’il y ait un groupe peu nombreux mais organisé, avec une vision claire et structurée de la société qui doit s’établir une fois l’ordre ancien renversé. Ce petit groupe de gens ne doit pas se contenter de posséder une doctrine et des principes, mais doit aussi être déterminé à agir – ce qui signifier prêt à verser autant de sang qu’il faudra pour arriver à ses fins. Il n’y a que les naïfs ou les menteurs comme Raphaël Glucksmann qui font semblant de croire qu’une révolution peut avoir lieu parce que des jeunes progressistes s’échangent des messages sur facebook et twitter. Il faut que ce groupe de personnes soit armé et financé, sans quoi leur révolution est vouée à être étouffée dans l’oeuf. Enfin, il faut que ce groupe puisse s’appuyer sur un nombre important, mais pas forcément majoritaire, de gens mécontents et réceptif à leur discours de changement simple et brutal. C’est dans cette masse de mécontents que les révolutionnaires vont recruter les troupes grâce auxquelles ils vont déchaîner le chaos.

C’est un peu ce qui s’est passé pour la révolution bolchévique, dont les instigateurs étaient au départ ultra-minoritaires. Mais ils avaient un plan, des soutiens financiers, ils étaient cruels et impitoyables, et pouvaient s’appuyer sur des masses mécontentes. La question est évidemment : qui aujourd’hui en France possède un authentique profil révolutionnaire ? La réponse est évidente : les musulmans. Réfléchissez bien à cela : la doctrine est prête, et ce depuis plus de 1000 ans. Le noyau dur est fanatique et sans pitié. Les armes sont là, les réseaux de financement sont riches. La masse des musulmans de France, qui représente au moins 8 millions d’individus, pour la plupart jeunes, fournit un terreau de mécontentement idéal, et dont les membres sont naturellement réceptifs aux discours frustes et aux appels à l’action de la frange la plus radicale, car celle-ci leur parle de ce qu’ils connaissent. S’il y a bien des mécontents prêts à déchaîner un processus révolutionnaire, ce sont les musulmans. Et il faut ajouter à cela les fameux migrants, dont le flux ne va pas se tarir de sitôt, et parmi lesquels peuvent se recruter non seulement des soldats mais aussi et surtout des cadres entraînés. C’est très, très inquiétant. D’autant plus que la population française n’est pas suffisamment armée, bien au contraire.

Certes, il n’est pas dit que ce processus s’enclenche, et c’est peut-être une évolution de type houellebecquien qui va se produire. Mais je risque une hypothèse. Si un clampin comme moi peut imaginer ce genre de scénario, des gens en haut lieu y ont certainement déjà pensé. Les socialistes ont toujours essayé de manipuler les musulmans, mais ils doivent forcément se rendre compte que c’est un jeu dangereux qui commence à tourner en leur défaveur – voyez par exemple le comportement des racailles récupérées en politique, comme à Mantes-la-Jolie. Les politiciens n’aiment pas perdre le pouvoir, et ils sont prêts à tout pour le conserver. Mon hypothèse est donc la suivante : Valls a compris que le danger de guerre civile, qu’il s’amuse à agiter pour discréditer le FN, vient en fait des musulmans qui sont plus difficiles à contrôler que ce qu’il pensait. Il lui faut donc maintenir l’état d’urgence, qui est bien pratique pour lutter rapidement et efficacement contre des révolutionnaires. Que ces révolutionnaires ne ressemblent pas au Che mais portent des barbes et des dejellabas ne change rien à l’affaire.

Nos forces armées, notre police, sont déjà débordées, et la situation est plutôt calme dans l’ensemble : les émeutes et autres troubles restent sporadiques, même si Calais donne un avant-goût plutôt inquiétant de ce que pourrait être une situation d’insurrection permanente.

Tout ceci n’est qu’une simple hypothèse, et je ne suis pas certain que la prolongation de l’état d’urgence soit la bonne réponse. Valls et le PS croient jouer aux plus fins, mais ça ne fonctionnera pas. Les révolutionnaires sont trop nombreux, le noyau dur se renouvellera toujours plus vite que les arrestations. Au mieux, on gagnera un peu de temps.

Enfin, je pense qu’on devrait faire confiance aux Français avant que de vouloir séduire ou manipuler les allogènes musulmans. Ce serait un meilleur pari. Mais la république se défie des Français, car elle a cessé de les défendre il y a bien longtemps et ne travaille qu’à sa propre survie sous forme d’une caste médiatico-politique soumise à l’UE.  Et soit dit en passant, quelle marque de confiance plus forte y a-t-il que d’autoriser les gens à s’armer ?

Catastrophe révolutionnaire

À n’en pas douter nous vivons une révolution. Mais nous n’en sommes pas les acteurs. Nous en sommes les victimes plus ou moins silencieuses. Le problème de la révolution, c’est qu’elle bénéficie d’un capital de sympathie particulièrement élevé en France, dont le peuple est endoctriné dès la plus tendre enfance à la mystique de la Révolution Française – révolution qu’il est censé avoir faite pour son bien. Las !

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Orwell n’avait rien vu

Lorsque j’étais collégien, nous avions étudié en classe Le meilleur des mondes de Aldous Huxley, livre qui décrit une sorte de futur dans lequel les hommes sont fabriqués in vitro et réparties selon un système de castes très strictes, au sein desquelles la liberté sexuelle est d’autant plus totale qu’elle est affranchie de toute procréation. Ce livre était un des deux piliers sensés nous prévenir contre les dangers du monde à venir, l’autre étant l’incontournable 1984 de George Orwell.

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